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couverture du livre Fan de carottes écrit par Champougny Corinne

Champougny Corinne

Fan de carottes

10.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

92 pages
11 x 18 cm
Style litteraire : Jeunesse
Numéro ISBN : 978-2-35682-500-1

Présentation de Fan de carottes


Devenir une star de cinéma...Peut-être que certains d'entre vous en ont rêvé. Paulo, Emile, Léa et leurs copains vous entraînent sur un curieux tournage au coeur de Brive.

Du cinéma, d'accord, mais que viennent donc faire les carottes dans cette histoire ?


Extrait du livre écrit par Champougny Corinne


Les romans pour la jeunesse, ça me saoule. Pas de chance. Non, vraiment pas de chance. Parce que des romans pour enfants, pour jeunes, pour pré-ados et mouflets en tous genres, on en mange à toutes les sauces, chez moi. Une vraie malédiction. Un mauvais sort, lancé sans doute par une méchante sorcière boutonneuse et aigrie, qui a trébuché juste avant de se pencher sur notre berceau, en se cognant le petit orteil. Ceci explique cela. En attendant, les livres s’empilent à côté de mon lit, à même le plancher -la bibliothèque est pleine-et je me demande à quel moment ma mère va enfin se décourager. Tous les vendredis, et personne ne sait pourquoi elle a choisi ce jour, elle rapporte un roman, persuadée que la Culture, dans toute sa majesté et son infinie bienveillance va pénétrer dans notre chambre pour nous ouvrir l’esprit et développer notre intelligence plutôt balbutiante. Depuis des années. Depuis toujours, en fait. Alors mon frère et moi avons pris l’habitude de naviguer entre les piles de livres, avec une certaine habileté et une franche hypocrisie, parce qu’il n’est pas question de modifier l’agencement de la Littérature censée nous rendre intelligents et vifs et posés et gentils et forts en maths et doués en lecture et altruistes et calés en tout. Une fois j’ai essayé. Une fois.

C’était un jour d’ennui, un de ces dimanches après-midis où il pleut et où, sans doute, on nous avait supprimé notre tablette, pour une obscure raison, une dispute, un objet cassé, des gros mots trop vite sortis, des mauvaises notes, que sais-je, les parents inventent tellement de prétextes pour supprimer les jeux vidéos. Émile, mon frère, passait le temps en dévorant un paquet de BN. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle « l'aspiro » ! Toute denrée comestible qui passe à un mètre de lui… Il tient de Maman sa gourmandise, sa silhouette ronde et ses yeux bleus ! Moi je suis brun et longiligne comme Mama. Bref, à défaut de biscuits, j’ai pris, par pur ennui, un livre entre les mains. Celui du dessus,
apporté le vendredi précédent. Non, bien sûr, je ne l’ai pas lu, n’exagérons pas, mais je l’ai tourné, retourné, cherchant à deviner ce qui avait pu justifier son achat. Puis j’ai découvert le prix : 8 euros. Mon regard allait de la somme imprimée aux piles de romans, dans un va-et-vient interloqué. Puis j’ai pris ma calculatrice, et j’ai compté. Rien que sur le sol, il y en avait pour 400 euros ! Ni une ni deux, j’en ai parlé à Emile qui passait son temps à découper les pages de son agenda et on a mis au point un système de revente. Ces romans, c’était de l’argent perdu, non? En cinq minutes, l’annonce était en ligne, sur Lecoindesparticuliers.

- C’est de la bombe ! m’assurait Emile, très excité. On les met à moitié prix et ça va nous faire un max de fric. J’ai repéré le dernier Starmax, sur le site, pour 89 euros et la console…

- Stop ! On n’a encore rien vendu. Tiens, je vais mettre ton numéro de portable et on va voir ce que ça donne.

- Mon portable? Pourquoi mon portable? a commencé à hurler mon petit frère.

- Parce que le mien est dans la table de nuit de maman, je te rappelle. L’histoire de la cabane en papier toilette…

- Ah oui, c’est vrai. Pourtant, c’était une bonne idée. Surtout que pour une fois que Mama faisait les courses, elle avait acheté du papier super résistant, on pouvait relier nos deux lits sans que ça se déchire. J’avais même réussi à faire une porte qui s’ouvrait et se fermait.