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couverture du livre 18 rue du parc écrit par Koskas Jacques

Koskas Jacques

18 rue du parc

15.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

204 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Littéraire
Numéro ISBN : 978-2-35682-327-4

Présentation de Koskas Jacques


Jacques KOSKAS, auteur intermittent de l’écriture, vit à Lorgues, dans le Var.

Psychomotricien, psychanalyste, il dirige l’Institut de Relaxation Thérapeutique à Paris (formation des personnels soignants).

Il a déjà publié Les mères qui meurent sont-elles des mères comme les autres ? (lauréat du prix littéraire de Flayosc), Le coq de Chlomo et Dieu aime-t-il les petits cochons ? (Editions du Lau)

Présentation de 18 rue du parc


Les résidants de la 18 rue du Parc stopperont-ils la destruction de leur habitat ?

Parmi eux, une faune hétéroclite avec des personnages surprenants.

Différents destins confrontés à la perte et ses conséquences.


Extrait du livre écrit par Koskas Jacques


Alice se redresse et toise son fils :

‒ Elle se cache, c’est sûr !

‒ Elle ?

‒ Elle attend que tu partes pour se montrer à nouveau !

« Hallucinations ! » avait diagnostiqué le Dr Noiraud. « Une sorte de court-circuit qui fait fondre en un tout le réel et l’imaginaire. »

Le visage tourmenté, la vieille femme insiste.

‒ Elle va recommencer !

‒ Recommencer quoi, maman ?

‒ Elle va m’observer, me suivre, faire tout ce que je fais !

Simon s’assoit à son côté :

‒ Tu la connais ?

‒ Je crois, je ne suis pas sûre.

‒ Tu sais ce qu’elle veut ? Elle te parle ?

‒ Non, elle sort de l’armoire et me fixe en silence.

‒ L’armoire, bien sûr !

Ce meuble imposant faisait déjà partie de la famille avant la naissance de Simon.
Construite par son père, elle déborde d’objets, de vêtements et de papiers que sa mère conserve, plus par habitude que par besoin.

Après le décès de son mari, Alice Léchiquier, qui vivait dans un village où les repères de lieux et de personnes paraissaient aussi évidents qu’un nez au milieu de la figure, avait quitté sa maison et son jardin pour un petit deux-pièces dans un logement inconnu, dans une ville inconnue.

La tête haute et le regard lointain sous sa voilette de veuve, elle avait exigé que l’armoire la suive. Simon ignorait alors que ce quartier tranquille serait détruit.

Le Dr Noiraud lui avait exposé sa théorie, autour d’une tasse de thé, dans le salon de Mme Moineau :

‒ Après avoir perdu son mari, sa maison et son environnement rassurant, votre mère, en perdant la mémoire, a effacé les pertes qu’elle a subies en oubliant ce qu’elle avait perdu.

‒ Et en oubliant que je suis son fils !

‒Une mère n'oublie pas son enfant. Elle ne vous reconnaît pas. C'est différent. Lui avez-vous demandé son âge, comme je vous l’ai suggéré ?

‒ Vingt ans, vingt-deux ans, elle hésite. Alors qu’elle en a soixante-dix-huit ! C’est insensé !

‒ Quel âge avait-elle lorsque vous êtes né ?

‒ Vingt-huit ans, je crois.

‒ Vous comprenez, maintenant ? Elle se vit comme une jeune femme d'à peine plus de vingt ans. Vous n’êtes donc pas encore né. La maladie

‒ L’enfance reste un pays toujours prêt à nous recevoir. Y retourner, sans en avoir conscience, n’est-ce pas une façon astucieuse de faire la nique à la mort ?

Troublé par les paroles du médecin, Simon voyait le corps de sa mère rapetisser à mesure que sa mémoire s’effilochait.

‒ Elle sort de l’armoire ? reprend-il en écho.

Le regard d’Alice est lourd de reproches.

‒ Je parie que tu n’as pas fouillé l’armoire.

‒ J’avoue que…

‒ Ça ne m’étonne pas ! Je ne peux jamais compter sur toi.

Simon lève les yeux au ciel.

‒ Veux-tu que nous allions voir ensemble ?

La chambre, tapissée d’un papier peint fleuri aux couleurs fanées, garde le charme des vieilles cartes postales. Du couvre-lit brodé aux photographies posées sur la table de nuit, des coussins recouverts de satin bleu à l’abat-jour garni de perles, tout concourt à entretenir la mémoire défaillante de la vieille femme. Sans oublier la vénérable armoire, siège des apparitions en tous genres.

Alice étouffe un cri en serrant le bras de son fils.

‒ Regarde, elle est là !

Simon sursaute, le cœur battant, les yeux écarquillés.

‒ Là ?

‒ Oui, là ! Tu la vois !

‒ Là ? C’est elle ?

‒ Oui, c’est elle. Tu me crois maintenant ?

Comment ne pas la croire ?

Il passe son bras autour des épaules de sa mère

agitées d’un léger tremblement. Que faire ?

‒ Je t’en prie, chasse-la, gémit Alice en serrant contre elle sa boîte à secrets.

‒ Je m’en occupe, promet Simon.

Puis, sur le ton de la confidence, il ajoute : « regarde, elle n’est pas seule. »

Alice ouvre tout grand ses yeux apeurés.

‒ Tu as raison. Il y a quelqu’un avec elle.

Simon hésite. L’hallucination serait-elle une maladie contagieuse ?

‒ On va s’approcher.

‒ Tu crois que c’est prudent ?

Simon sourit avec la tendresse d’un fils aimant ou d’un mari affectueux, à moins que ne soit celle d’un père protecteur. Il prend un ton enjoué.

‒ Tu reconnais la personne à côté d'elle ?

Alice tend le cou.

‒ On dirait un homme. C’est curieux… il te ressemble.

‒ Tout à fait. Sais-tu pourquoi ?

‒ Non…

‒ Il me ressemble parce que c’est moi.


Témoignage sur l'autoédition de Koskas Jacques


Merci à toute l'équipe d'Autres Talents et à Karim en particulier.
Beau travail, conseils judicieux, délais respectés.

Au final, un bel objet, mon livre, conforme à mes attentes.

Jacques KOSKAS