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couverture du livre Cambremer raconte son histoire écrit par Cambremer Evénements

Cambremer Evénements

Cambremer raconte son histoire

15.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

70 pages
A5 : 14.5 x 20.5 cm sur papier 90 g offset
Style litteraire : Littéraire
Numéro ISBN : 978-2-9540000-0-8

Présentation de Cambremer raconte son histoire


Ce livre pour sa première édition raconte la vie de tous les jours à Cambremer au XXe siècle, à travers les témoignages de ses habitants. Il est construit de façon thématique, sur des thèmes universels qui rassembleront toutes les consciences. Une mémoire collective à transmettre aux jeunes générations pour qu’elles puissent mieux comprendre leurs racines et en être fières.


Extrait du livre écrit par Cambremer Evénements


1. Grandir à Cambremer

La génération d’avant-guerre est une population plutôt sédentaire. Les personnes rencontrées ont des attaches solides à Cambremer. Elles sont souvent nées au domicile familial, grâce aux soins du docteur de la région. Filles comme garçons ont beaucoup aidé leurs parents dans les tâches ménagères et agricoles et ont plus fréquenté les écoles de Cambremer que celles des grosses villes avoisinantes. Dans de nombreux cas, ces jeunes ont repris l’entreprise familiale. Aucun n’a cherché à s’évader de la région (ou du canton) qui les a vus naître.

Durant cette période, Cambremer fonctionne ainsi en vase clos. Tout le monde se connaît et les grands déplacements sont peu fréquents. La structure familiale domine et la tradition perdure en s’adaptant intelligemment aux innovations du siècle. Ces générations, contrairement à celles d’après-guerre, sont encore garantes du patrimoine transmis par les parents, souvent fait de règles morales et de saines habitudes de vie.

a. Les écoles publique et libre

À partir de 1932 existent deux écoles à Cambremer : l’école communale et l’école libre.

« L’école libre a été créée en 1932 sous l’impulsion de dix familles qui ont chacune donné dix mille francs, car il fallait cent mille francs à l’époque pour ouvrir une congrégation.

C’est une école de filles qui s’est installée à l’actuelle salle paroissiale. Les gens étaient furieux parce que l’instituteur laïque faisait apprendre La Carmagnole aux enfants. Il était aussi question de la mixité… »

L’école communale comportait encore deux bâtiments séparés par un mur pour que garçons et filles ne se côtoient pas. L’école des filles se trouvait alors à l’endroit de la bibliothèque actuelle.

« L’école des garçons étant trop petite, les cours du cours moyen avaient lieu dans la salle du secrétariat de mairie actuelle.

Classe de M. Pujol en 1937

À cette époque dans cette salle, s’effectuaient aussi les séances de justice de paix. Elles avaient lieu le jeudi, jour de repos des enfants. »

C’est en 1955 que les écoles communales ont été agrandies.

De fait, le mur séparant la cour de l’école des filles de celle des garçons a été abattu, mais il était encore matérialisé par une ligne blanche. La mixité n’a été instaurée qu’en 1962, date à laquelle l’instituteur garant de cette convention a pris sa retraite. Les époux Rault ont ainsi dirigé l’école communale du début des années 1930 jusqu’au début des années 1960. La « sévérité » de M. Rault a laissé quelques souvenirs à ceux qui l’ont côtoyé…

« Il avait une réputation d’homme sévère, avec ses badines. Ceux qui en avaient touché un peu trop souvent n’en gardent pas forcément un bon souvenir. Il en avait deux, il leur avait
donné des noms : la « caressante » et la « flagellante ». »

« Le jour de congé c’était le jeudi. Ce jour-là, si on croisait M. Rault, y avait intérêt à le saluer, sinon le nom de ceux qui l’avaient pas fait était inscrit au tableau le lendemain. Et c’était grave. Y avait une punition. »

« Ma grand-mère, dans ce temps-là, n’aimait pas beaucoup qu’on traîne dans le bourg. Et il ne fallait pas non plus que M. Rault nous voit… Il était sévère, mais juste. Tout le monde l’aimait. Vous n’entendiez pas un gamin de Cambremer crier après M. Rault. »

Il a également laissé d’autres traces, plus érudites, à ceux qui ont eu la chance de l’avoir comme maître.
« À l’école, il avait fait un cabinet avec des haches préhistoriques et tout, dans des vitrines. Ses élèves appelaient ça le « musée ». Il en a fait cadeau, je crois, au musée de Lisieux. »

« C’est quand même quelqu’un qui a fait partie de la Société Historique du Vieux Lisieux. Il a écrit des préfaces et peut-être même des livres. Il avait des références et un langage très châtié. C’était un instituteur à l’ancienne, quelqu’un qui avait des connaissances. »

Sa femme a aussi laissé son empreinte sur les élèves de cette période, notamment à la faveur de son ouverture au monde – elle créa un cours d’Esperanto et anima de nombreux voyages -et de sa gentillesse naturelle – elle aidait de nombreux indigents à conserver leur dignité vestimentaire.
En effet, à cette époque les élèves portaient tous le même habit : une blouse de couleur sombre. Pour une parfaite égalité, ils possédaient également tous le même matériel : cahiers, porte-plume et encrier. Cela donnait une certaine austérité à la tenue des cours qui se déroulaient toujours plus ou moins de la même façon.

« On avait toujours des blouses noires. C’était l’uniforme. On allait en blouse à l’école. Tous les matins, on commençait l’école par la morale. Et s’il n’y avait pas de morale, c’était deux demi-journées par semaine d’Instruction Civique. »

« On avait la grande table en longueur, « combien qu’y avait d’élèves là-dessus ? » Sept, huit. Chaque place avait son encrier. Z’étaient assez serrées ces tables. Après la morale, on faisait du calcul, toujours. En début d’après-midi, la dictée. Un p’tit peu de sport. C’était le samedi. On faisait du saut, un peu de course, des gestes de gymnastique et on montait à la corde, ah ça ! Un peu de travaux manuels, mais pas grand-chose. »