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couverture du livre Dans le jardin de mon espoir écrit par Mohammad Zaman Hossein Khel

Mohammad Zaman Hossein Khel

Dans le jardin de mon espoir

13.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

144 pages
Poche : 11 x 18 cm sur papier 90 g offset
Style litteraire : Littéraire
Numéro ISBN : 978-2-35682-417-2

Présentation de Mohammad Zaman Hossein Khel


Je m'appelle Mohammad Zaman, j'ai 26 ans, je suis afghan.

Mon métier de journaliste m'a contraint à quitter mon pays en 2009 car j'étais menacé par les talibans. Je suis arrivé en France en septembre 2009, quelques jours avant la destruction de la jungle de Calais.

Depuis, je vis à Nîmes, j'ai retrouvé petit à petit, une vie normale. J'ai appris le français, j'ai trouvé un travail et exerce de temps en temps mon métier de journaliste.

Présentation de Dans le jardin de mon espoir


Ce projet d'écriture remonte à 2 ans : je voulais trouver une manière de faire revivre les souvenirs et d'être proche des miens et de mon pays. Dans ce livre je raconte mon enfance en Afghanistan, mon parcours scolaire chaotique dans un pays en guerre, mon difficile voyage à travers l'Europe et je livre une traduction française de certains de mes poèmes sur la guerre, sur l'amour, de Dieu, des femmes, de l'éducation et de la liberté.


Extrait du livre écrit par Mohammad Zaman Hossein Khel


Dans mon pays, lorsque les enfants ont l’âge de sept ans, ils commencent leurs premières années d’études. Le maître leur apprend l’alphabet, les chiffres et l’écriture. Comme en France, il y a un professeur pour chaque classe d’élève. Pendant toute la scolarité, de l’école primaire jusqu’à la sortie de l’université, les élèves passent chaque année un examen pour pouvoir aller dans la classe supérieure. C’est à partir de la quatrième classe que l’école devient plus difficile. Les élèves y apprennent de nouvelles matières : la chimie, l’histoire, les mathématiques et la géographie. À la fin de la sixième année d’école, environ 25 % des enfants ne réussissent pas l’examen d’entrée au collège. Ainsi, soit ils font une année supplémentaire, soit ils apprennent un métier pour gagner leur vie.

    Le collège dure trois ans. On y enseigne les mathématiques, la physique et la chimie, l’histoire et la géographie, la biologie, les langues (pashto, anglais, dari), le sport et la religion islamique. Le lycée dure également trois ans. On n’y choisit pas de spécialité, l’enseignement est général. On y étudie les mêmes matières qu’au collège.

    Pour entrer à l’université, il faut passer un test. Il s’agit d’un QCM de deux cents questions portant sur toutes les matières. En fonction de son classement, on choisit son futur métier. L’université et le métier « attribués » dépendent du nombre de points obtenus à l’examen, en commençant par les meilleurs élèves. On a le choix entre : l’école de médecine, l’école d’ingénieur, l’économie, l’agronomie ou le droit. La formation de professeur est réservée aux plus mauvais étudiants et constitue le dernier choix. Aberration.

    Dans mon pays, malgré la guerre et les difficultés économiques, l’école est gratuite pour tout le monde de la première année jusqu’à la fin de l’université. Le gouvernement fournit les cahiers, les livres, les stylos et la cantine gratuitement. Mais l’état manque de moyens. L’Unesco classait encore, en 2011, l’Afghanistan en cent quatre-vingtième position avec un taux d’alphabétisation de seulement 28 %.

    J’avais sept ans quand mon grand frère m’a emmené pour la première fois m’inscrire à l’école. Je crois qu’il était, à cette époque, dans sa quatrième année. Il était bon élève. Beaucoup de professeurs le connaissaient. Quand il m’emmena au bureau pour me présenter, il dit : « C’est mon petit frère, je voudrais qu’il fasse, lui aussi, des études ». Le directeur me souhaita la bienvenue, mit ses mains sur ma tête et, après les formalités, m’envoya tout de suite dans une classe. Mon frère m’accompagna.
Le professeur, qui le connaissait bien, discuta avec lui et fut très gentil avec moi. Ils rigolèrent ensemble. Quand l’heure d’aller en classe arriva pour mon frère, il m’embrassa et me dit de ne pas m’inquiéter, que sa classe était en face de la mienne. Je me sentais bien, du moins tant que mon frère était là ! Mais dès qu’il fut parti, ma gorge se serra et ma salive ne passa plus. Cinq minutes n’étaient pas écoulées que je commençai à pleurer, caché. Mon voisin me voyant interpella le professeur qui s’approcha et me demanda pourquoi. Je me mis à crier. Mon cœur, enfin écouté, s’ouvrit pour ne plus s’arrêter.
On essaya de me consoler mais rien n’y fit. On envoya finalement chercher mon frère qui vint avec l’un de mes cousins : « Pourquoi pleures-tu ?

- Maman me manque, je voudrais rentrer. » Mon frère m’amena dehors pour ne pas déranger les autres élèves et devant l’école il m’acheta des chewing-gums et des biscuits à l’épicerie. Il m’expliqua l’école, les amis, l’absence de risque, mais je n’arrivais pas à me calmer, j’avais honte mais je répétais : « Je veux rentrer à la maison, je veux voir maman. » Mon frère me demanda une dernière fois de me calmer, me disant que des plus petits que moi ne pleuraient pas : « Il te reste deux heures de classe, nous devons rester là, maman sera là à notre retour, elle ne va pas partir ! » J’avais très mal à la gorge, je voulais rentrer mais il me ramena en classe. Au bout de 10 minutes, je recommençai à crier et à pleurer. Le professeur rechercha mon frère qui revint fâché mais demanda finalement l’autorisation à son professeur de me ramener à la maison. J’étais très content, comme si je sortais d’une prison. Mais j’avais déjà des soucis en tête en pensant au lendemain. Je me rappelle très bien qu’à ce moment-là j’ai échafaudé un plan : comment rester à la maison et ne pas retourner à l’école ? La nuit, je ne trouvai pas le sommeil. Elle passa très vite. « Demain matin, je dois faire croire que je suis malade ! »

    Au matin, tout le monde se leva et moi je fis semblant de dormir. Ma mère eut pitié de moi et, au vu des frayeurs de la veille, dit à mon frère de me laisser à la maison. Elle ne voulait pas me forcer pour ne pas que je déteste l’école toute ma vie.

« On va l’encourager doucement pour qu’il finisse par y aller tout seul » dit-elle. J’écoutais tout ça de dessous ma couverture. Dès que mon frère fut sorti de la maison pour aller à l’école, quand j’en fus totalement sûr, je me levai. À partir de ce jour quand quelqu’un me parlait de l’école, j’avais honte. Ma frayeur, comme pour beaucoup d’enfants, était due à l’éloignement de ma mère.

    Mais la principale raison de cette peur, je le sais aujourd’hui, était en réalité la guerre qui nous avait toujours empêchés de jouer dehors, qui nous avait gardés enfermés dans les maisons. Je ne savais même pas comment avançaient les voitures. Je pensais qu’elles se dressaient sur leurs roues avant, retombaient sur le toit, se redressait sur leurs roues arrières, retombaient sur leurs quatre roues et ainsi de suite. Je m’inquiétais pour les occupants de la voiture qui risquaient d’être blessés dans le mouvement. Nos parents ne nous ont jamais laissés jouer dehors, nous allions juste chez nos cousins, et réciproquement. Mes parents m’encouragèrent beaucoup pour que je retourne à l’école, mais j’avais peur. Notre école était vieille. Il y avait peu de matériel, les enfants étaient assis par terre. Il y avait des trous dans le mur et le toit, et je ne connaissais personne dans la classe. Au bout de quelques semaines, je n’avais toujours aucune envie d’aller à l’école. Ma famille prit alors une décision : « Soit tu vas à l’école, soit tu vas à la mosquée pour apprendre le Coran ». J’ai préféré la mosquée car j’y connaissais tous ceux qui y venaient le matin. De plus, ce n’était pas très loin de chez moi. Chaque matin je suis parti pour lire le Coran et d’autres livres religieux. J’étais content. J’étais un bon élève. J’ai commencé à apprendre à lire et à écrire comme ça. J’ai donc laissé l’école pendant un an.

    Mon meilleur ami s’appelait alors Mirza. Il me dit un jour qu’il voulait aller à l’école avec moi, faire le chemin ensemble, rigoler ensemble. Je me sentais bien avec lui et, grâce à l’encouragement de mes parents, je décidai enfin de retourner à l’école. Cette fois nous sommes allés nous inscrire ensemble, Mirza et moi, et j’ai véritablement commencé ma scolarité. Les encouragements de ma chère maman m’ont beaucoup touché, j’avais une réelle motivation. Elle n’était jamais allée à l’école, mais elle avait une grande intelligence, je suis très fier d’elle. Elle m’a toujours dit que faire des études me permettrait un jour, d’être un grand médecin ou un architecte, un gouverneur ou un ministre, et qu’ils
seraient tous fiers de moi : « Les gens diront de toi, c’est le fils de Mohammad Youssef, tu honoreras le nom de ta famille ». Ces paroles et l’amitié de Mirza m’ont donné envie de faire des études. Cette fois-ci, j’étais une autre personne à l’école. À la fin de cette première année, à l’examen de passage, je fus le premier de la classe. Ma famille était très fière et je fus très gâté.

    L’année suivante je fus encore premier. J’avais décidé de rattraper mon année perdue. En troisième année, je lisais des livres de quatrième année. J’ai alors passé un double examen pour aller en cinquième classe directement. J’ai réussi et j’ai laissé mon ami Mirza dans la classe inférieure. Il n’était pas content mais nous étions toujours dans la même école et nous faisions le chemin ensemble. Lorsque j’étais en retard et que je finissais mon petit-déjeuner, il m’attendait devant la maison. Quand c’était lui, c’est moi qui l’attendais. Ensemble en classe, nous avons fait, comme tous les gamins, beaucoup de bêtises.


Témoignage sur l'autoédition de Mohammad Zaman Hossein Khel


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