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couverture du livre Grenoble une ville d'histoire et de passion écrit par Mavridis Alexandre

Mavridis Alexandre

Grenoble une ville d'histoire et de passion

20.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

214 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-069-3

Présentation de Mavridis Alexandre


Alexandre MAVRIDIS, historien de formation apprécie la ville de Grenoble où il est né, tant pour son cadre de vie que pour son patrimoine historique, si riche, si méconnu…

Toujours attaché à faire connaître les différentes facettes de Grenoble, il a également publié un livre sur la communauté grecque de Grenoble (Les Grecs à Grenoble, des pionniers à nos jours, Harmattan 2009), et en prépare un autre sur la présence américaine pour fin 2012.

La capitale des Alpes se mérite, il faut aller à sa rencontre pour la découvrir et la redécouvrir, c'est ce que se propose de faire l'auteur.

Présentation de Grenoble une ville d'histoire et de passion


Grenoble est comme un oignon que l'on épluche, sous chaque couche, on en découvre un autre plus secrèt, plus intime, plus mystérieuse parfois…

La ville jouit d'une longue histoire et parfois mouvementée, elle est en perpétuelle mutation, souvent frondeuse, toujours innovante. Grenoble a été le théâtre d'avancées considérables, berceau de la Révolution, pionnière de la Houille Blanche et dans la nanotechnologie ou de l'habitat durable, le Sport alpin et le tourisme.

Le présent ouvrage fait découvrir différents aspects, à travers l'histoire, la littérature, l'industrie, l'économie, et les projets urbains aussi nombreux qu'ambitieux pour les années à venir.


Extrait du livre écrit par Mavridis Alexandre


Son successeur Humbert Ier d’Albon constate l’état de délabrement des édifices rive droite, autour de l’oratoire St Oyand, délaissés depuis le IXe siècle et faute de moyens financiers suffisants, il s’adresse à l’abbé de St Chaffre en Velay (son neveu !) pour faire refleurir la vie religieuse, les moines de cette riche maison remettent en état St Oyandpour en faire la chapelle provisoire du nouveau prieuré. Une nouvelle église dédiée à St Laurent est bâtie sur les ruines des anciennes. Les moines se regroupent autour de ce prieuré dans des habitations sur la rive droite, créant ainsi un véritable faubourg. La nef est construite courant XIe et le chœur au XIIe. L’évêque Humbert (990-1025) et ses successeurs consentent de nombreux avantages à la famille d’Albonqui restaurera la puissance et la dignité comtales. Cette famille vivaroise se distingue entre autres par Guigues d’Albon, frère de l’évêque, par un acte de 1016 le mentionnant comme avoué de la cathédrale. A la mort d’Humbert, ses successeurs se souciaient beaucoup moins de poursuivre son oeuvre. Avec le temps la famille d’Albon a su agrandir son domaine et son influence à Grenoble, au détriment de l’évêque qui ne possède plus un seul manse intact à lui
tout seul, en effet, les d’Albon ont accaparé les éléments sur lesquels reposait la seigneurie épiscopale. Malgré tout St Hugues et Hugues II tentent de résister à la progression de ce pouvoir laïque, tant pour défendre le pouvoir spirituel de l’évêché que les intérêts temporels de sa seigneurie menacée. Leur volonté est de restaurer la puissance financière de l’Eglise afin de pouvoir lutter efficacement contre la famille comtale, pour cela, le patrimoine devra être disputé « morceau par morceau ». La lutte est ardue, d’autant que les d’Albon ne sont pas seuls, d’autres familles moins illustres en ont profité pour s’enrichir au détriment de l’évêché. Une sorte de statu quo est trouvée en 1184 par un accord reconnaissant la suzeraineté des d’Albon contre le respect des « bonnes coutumes » des Grenoblois.

Sans parler de co-seigneurie à Grenoble, on ne peut que constater des pouvoirs concurrents, un des meilleurs exemples demeure la reconstruction du pont sur l’Isère à l’initiative de l’évêque Hugues, afin de dynamiser l’économie, Guigues III contraint alors l’évêque à partager avec lui les revenus du péage établi sur ce pont. Si les échanges ne sont pas importants, les jardins intra muros suffisaient aux besoins de la ville, le pont permet désormais d’augmenter les échanges en particulier les foires, Guigues III l’avait bien compris, lui qui avait déjà entrepris la dérivation du Drac à Pont de-Claix. La compétition entre l’évêque et les Guigues continuait, chacun recherchant un avantage sur l’autre. Guigues V fit hommage à l’Empereur Barberousse qui tenait le royaume de Bourgogne (et par conséquent le Viennois) ce qui lui valut le titre de Comte de Grenoble, la famille devint par la suite delphinale. L’évêque Geoffroy prêta lui aussi hommage à l’Empereur contre les regalia, qui furent confirmés à jean de Sassenage en 1178, ce privilège consistait en la seigneurie de la cathédrale sur le sol, divers châteaux et les places publiques (donc les marchés et les foires), les péages, les monnaies, les mines d’argent, les fours et moulins, la chasse et la pêche, et par-dessus tout, la justice.

Ces droits furent même reconnus par une bulle papale. Une détente s’amorça lorsque les deux seigneurs s’entendirent entre 1184 et 1192 pour fonder et exploiter un atelier monétaire, celui-ci émit des deniers et ce, jusqu’au XIVe siècle.

Un nouvel accord sur la construction de nouveaux fours renforça les liens entre les deux seigneurs, de même l’aménagement des fortifications pour intégrer le bourg de l’Ile au nord vers 1219, ce qui permit la construction de la porte Viennoise. De nouvelles extensions donnèrent l'occasion de construire une nouvelle porte sur le faubourg Très-Cloître et une autre porte encore à l’entrée du pont. Cette partie de la ville se trouvait sous une juridiction commune et comprenait déjà un péage, un marché et un entrepôt. 1126-1244 voit l’octroi aux habitants de la première charte de libertés et le transport du Dauphiné à la France de 1349, permet une extension de la ville.

Celle-ci s’accroît lorsque les cordeliers franciscains s’installent sur le site de l’actuel musée des Beaux-Arts vers 1220, les dominicains suivent vers 1288 près de la place de Breuil (future place Grenette). La présence d’ordres mendiants au XIIIe est un signe évident de développement urbain, au milieu du XIVe siècle la ville a doublé couvrant près de 20 hectares. De 1381 à 1418 la tour Carrée de la Citadelle est édifiée, elle servira d’Hôtel de ville au XVe et XVIe.

En 1219 une terrible crue s’abattit sur Grenoble et détruisit le pont en pleine foire. Les victimes furent très nombreuses et les survivants le plus souvent ruinés. L’économie grenobloise déjà fragile souffrit énormément de cette catastrophe, l’évêque Jean en appela à la solidarité des diocésains. Les deux seigneurs souffrirent aussi dans leurs propres deniers, lorsque le Dauphin renonça au droit de dépouille qu’il exerçait à la mort de l’évêque. Tous deux mirent leurs efforts en communs pour repeupler la zone dévastée, et attirèrent de nouveaux immigrants, le pont fut reconstruit en dix ans. Tout cela amorçait la mise en place d’une réelle co-seigneurie à Grenoble, en1238 un accord fut même passé pour construire une halle à frais communs ainsi que des ateliers de draps avec un partage des droits perçus sur la boucherie des halles et sur les draps, en 1244 un accord précis de pariage fut conclu. L’entente alla plus loin avec des accords juridiques, un tribunal verra même leurs officiers juger côte à côte.

Cette cour possède un sceau, exerce la haute et basse justice et l’appel ne relève que des deux seigneurs de Grenoble.