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couverture du livre L'exode d'une petite fille écrit par Barrat Yvonne

Barrat Yvonne

L'exode d'une petite fille

17.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

108 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 90 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-118-8

Présentation de L'exode d'une petite fille


Vovonne, une petite fille très sensible traverse les nombreuses épreuves de la vie sans jamais baisser les bras et avec une force de caractère étonnante. Elle offre ici un témoignage poignant, un récit sans concession, mais traité avec beaucoup de pudeur.

La perte d’êtres très chers à son cœur, l’exode, la guerre et une dure vie de labeur, n’auront pas raison d’elle et de sa gentillesse. Elle surmontera ses chagrins, ses douleurs, bien souvent passés sous silence, et tous les tourments que la vie lui inflige pour composer à sa façon la recette de l’amour et du bonheur.


Extrait du livre écrit par Barrat Yvonne


Pour vous conter cette histoire, faite de bonheurs et de malheurs, je dois remonter assez loin dans le temps, dans les années 1800. Une époque où la vie était bien différente. Elle était difficile, les gens avaient plus d’enfants et malheureusement mouraient plus jeunes, mais elle était aussi plus à l’échelle de l’humain. Cela compliquait tout de même beaucoup la descendance des familles. Les remariages étaient nombreux et les familles comptaient plus d’enfants.

Déjà, ma famille était installée dans la région. Les guerres, sur cette période, n’ont rien arrangé à l’affaire. Il faut traverser la guerre franco prussienne de 1870 et la 1re guerre mondiale avant d’en arriver à ma naissance. Puis il faudra en passer par une deuxième guerre mondiale.

Ma grand-mère maternelle, Julienne, qui est née à Mayrinhac le Francal, a eu seulement deux sœurs, l’une s’est mariée et a vécu à Montvalent, elle n’a pas eu d’enfants, l’autre s’est mariée et a résidé à Alvignac, elle n’a pas eu d’enfants non plus.

Mon grand-père maternel, Julien, est né à Montvalent. Il a eu quatre frères tous restés célibataires, j’ignore pourquoi, les raisons n’en sont pas arrivées jusqu’à moi. Il était agriculteur et partait louer ses services, travailler dans les fermes ou tailler la vigne dans le midi. Il s’est trouvé veuf assez jeune et s’est remarié quelques années plus tard. Il a vécu à Mayrinhac le Francal avec Marguerite.

Catherine, ma grand-mère paternelle, a été veuve assez jeune également, ayant perdu son mari durant la première guerre mondiale, elle avait eu dix enfants de son premier mariage. Après son veuvage, elle s’est remariée et a conçu deux enfants de plus, mon père et son frère Henri. Ils habitaient à Gramat. Elle eut un de ses enfants au bord du lavoir alors qu’elle lavait le linge et le mit dans son tablier avant de remonter à la maison. C’était une autre époque.

Roger, mon papa, est né à Marcillac sur Célé et n’a pas connu son père, décédé à la guerre alors qu’il était tout jeune, personne n’a pu me dire dans quelles circonstances. Sa maman, Catherine, est décédée alors qu’il faisait son service militaire, il ne tarissait pas d’éloges à son sujet, elle avait dû être une femme admirable, mais bien peu de souvenirs subsistent de son histoire.

Mon père m’a raconté une anecdote qui est arrivée alors qu’il devait avoir douze ans. Un jour sa mère a donné un Louis d’or à papa et à son frère Henri pour qu’ils aillent acheter du pain. En chemin, ils ont fait tomber le Louis d’or dans le caniveau, malheureusement il avait plu et avec l’eau qui s’écoulait fortement, il est passé dans un trou. Ils l’ont cherché durant un très long moment sans pouvoir le retrouver. Ils ont fini par abandonner leurs recherches et rentrer à la maison, bien penauds.
L’argent était dur à gagner et ils ne le savaient que trop bien. Quand papa me racontait cet épisode, je sentais que cela représentait quelque chose de très important. Pendant longtemps, lui et son frère ont observé le trou lorsqu’ils passaient devant.

Au même âge, papa était loué dans une ferme. Il n’avait pas la vie facile, juste le gîte, le couvert et beaucoup de travail. Il arrivait qu’il n’ait pas assez à manger, alors il allait trouver un nid-de-poule et gobait un œuf. Un jour, en fin de repas, le fermier lui a demandé s’il voulait du gâteau, il n’a pas eu le temps de répondre, la femme du fermier a répondu qu’il l’avait déjà mangé. Pas de rab à cette époque, et du travail sans salaire, la nourriture était souvent le
salaire lui-même. Il logeait dans la paille à la grange, ce qui était le cas de la plupart des employés de fermes. Seule la tenue vestimentaire était renouvelée. La vie était dure et sévère.

Marie-Louise ma mère est née à Mayrinhac le Francal. Elle a perdu sa maman à l’âge de douze ans et a été louée dans des domaines ou bien chez des bourgeois. Dans un domaine, il y avait un monsieur âgé qui l’aimait bien, c’était un berger. Il lui a proposé une boîte pleine de Louis d’or en disant qu’il n’avait pas de famille. Maman très timide a refusé de peur que l’on profite de sa fragilité.