Groupe CCEE L'autoédition au service de votre talent 0 Contact 04 42 36 94 06
serviceclient@autres-talents.fr
Lundi au vendredi : 9 H / 12 H - 14 H / 19 H
Vous êtes ici : > > > L'ivre des merveilles
couverture du livre L'ivre des merveilles écrit par Berteaux Hervé

Berteaux Hervé

L'ivre des merveilles

11.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

120 pages
Poche : 11 x 18 cm sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-9556501-0-3
Visitez le site de l'auteur

Présentation de Berteaux Hervé


Écrivain, raconteur et musicien médiéviste, Hervé Berteaux ne cesse de fouiner dans les manuscrits, grimoires et toutes sources d'antan en quête de récits et de légendes qu'il reprend et adapte pour mieux en partager et diffuser la saveur sur scène* ou dans ses livres.

Pour le présent ouvrage, il rencontre Gervais de Tilbury, un vaillant précurseur dont l'œuvre conséquente a de quoi rendre ivre… de merveilles !


*Hervé Berteaux est également le directeur artistique de La Compagnie Médiévale, laquelle propose notamment des spectacles, causeries et animations dans le but de promouvoir la culture musicale et littéraire du Moyen Âge.

Présentation de L'ivre des merveilles


L’ivre des merveilles - roman Le contexte historique L’art de raconter commence par l’écoute de ceux qui détiennent sagesses et savoirs. C’est en ce sens que Gervais de Tilbury, clerc anglais présent à la cour du Royaume d’Arles, collecte au début du XIIIe siècle, miracles et merveilles, légendes et histoires de pays qu’il immortalise au sein d’un “Livre des Merveilles”, écrit pour Othon IV, l’empereur du Saint-Empire romain germanique.

La fiction Quelques années plus tard, en 1214, suite à la défaite de l'empereur à Bouvines, face à Philippe Auguste, Gervais de Tilbury est contraint de quitter Arles. Avant de partir, il revisite les histoires qu'il a précédemment recueillies pour les rendre accessibles au plus grand nombre dans un nouvel ouvrage qu'il appelle malicieusement l'Ivre des merveilles.


Extrait du livre écrit par Berteaux Hervé


Pendant qu’à Beaucaire…

L’aurait-elle su qu’elle se serait montrée plus prudente.

Elle, c’est une lavandière comme il y en a tant. Elle s’appelle Aélis, Alazaïs ou Alcima. Selon qui raconte, elle n’a même plus de petit nom. Moi-même, je n’en sais rien. Mais va pour Aélis qui sonne à mon ouïe avec douceur et limpidité.

Comme chaque jour que Dieu crée, Aélis porte au fleuve le linge que sa maîtresse lui a confié afin qu’il soit lavé à pleines eaux et rincé à fort courant.

Laver ? Elle aurait dû ne penser qu’à ça, au lieu de se laisser distraire par la forme singulière d’une branche qui flottait devant elle, juste devant elle.

Aélis connaît le rivage. Elle sait où arrêter le pied avant de prendre le risque d’être prise aux pièges d’un fleuve de nature capricieuse.

Aélis connaît le rivage. Mais aujourd’hui, la curiosité l’emporte sur la prudence. Après deux ou trois pas plus hasardeux que les précédents, elle se sent soudaine happée.

Elle tente de résister. Elle crie. Elle hurle. Elle affole les autres bugadières qui travaillent non loin d’elle. Elles accourent. Mais interdites par ce à quoi elles assistent, elles ne font rien d’autre que d’ouvrir de grands yeux effarés. Elles ne font rien de plus que de la regarder disparaître dans les eaux profondes et mystérieuses du fleuve.

Les langues se délient.

Pour une fois, ce n’est pas pour cancaner.

Car c’est une femme de plus que le Rhône réclame pour son tribut.

À moins qu’il ne faille encore se remettre en tête cette histoire qui circule de mémoires en mémoires, depuis la nuit des temps.

Cette histoire ? C’est une légende qui prétend que le fleuve est habité par des dracs dont les antres seraient les gouffres et les galeries souterraines du Rhône.

Je dis bien “seraient”, car nulles victimes, femmes ou enfants, n’en sont jamais revenues.

Aélis n’est donc pas la première femme qui est ainsi entraînée par le fond.

Vient enfin la question. « Était-elle mère depuis peu ?
— Elle a eu son second petitou, il y a deux mois. Quand elle rentre de la rivière, elle lui donne le sein avant même de préparer le repas de son mari. Le soir également, elle offre ses services à sa maîtresse pour la tétée du soir. Elle aussi vient de donner le jour à un enfant.
— C’est sûr. Sans Aélis et avec deux drôles à s’occuper, la vie du mari sera dorénavant bien compliquée. Quant à la maîtresse, elle n’a plus qu’à trouver une autre nourrice. »

Puis les lavandières se remettent à l’ouvrage. Car bavarder en lieu et place de nettoyer, ça ne remplit pas l’escarcelle. Les conversations s’assombrissent quelques temps, celui qu’il faut pour oublier.

Aélis n’est pourtant pas morte.

Elle s’en revient même à Beaucaire, après sept années de disparition.

Elle a tellement changé. Elle est si amaigrie que les siens ont peine à la reconnaître.

En outre, son récit est édifiant, à peine croyable.

Elle est cependant si sincère, si émouvante quand elle décrit ce qu’elle a vécu que tous concluent que la légende dit vrai.

Aélis a réellement été capturée par un drac après avoir été piégée par un bout de bois. Elle raconte aussi que le monstre utilise parfois un anneau d’or, lequel attire l’œil quand le soleil pose un de ses rayons sur lui.

Le reste n’est qu’imprudence de la proie. Car une fois que cette dernière est engagée sur un sol plus incertain, le drac se retrouve en position de force. Il attrape son gibier et l’entraîne au plus profond, dans un gouffre noir, improbable et sombre qu’atteignent à peine les rares lumières qui réussissent à percer l’épaisseur des flots.

S’il s’agit d’un enfant ou d’un homme, il se fait dévorer. Ceci permet au drac de prendre apparence humaine et de se promener les jours de marché ou d’affluence à Beaucaire, jours funestes pendant lesquels il repère ses prochaines victimes.

Elle-même, Aélis, a été aperçue au seuil de sa modeste maison. De bon matin, assise avec son enfant sur un banc de pierre, elle partageait la douceur des premiers rayons du soleil. Le nourrisson somnolait encore, attrapant de temps à autre le sein gonflé de sa mère pour y chercher autant l’affection de celle-ci que sa propre pitance.

Elle même, Aélis…

Les femmes qui allaitent sont très recherchées par les dracs. Car elles seules ont le pouvoir de nourrir les enfants du monstre. Une fois attrapées, elles sont enfermées mais traitées avec égard pour les sept années que dure l’allaitement des petits dracs.

Elle même, Aélis, a eu de la chance. Le drac qui l’a attrapée avait quelque humanité en lui. Considérant qu’elle avait bien fait son travail de nourrice, il ne l’a point dévorée. Il l’a simplement remerciée et l’a laissée s’en retourner chez elle, à Beaucaire.

Aélis raconte aussi qu’un jour, le drac lui servit un pâté d’anguille. Celui-ci était si gras qu’elle en eût les doigts huileux. Par mégarde, elle se frotta un œil. Cela n’affecta point sa vue. Bien au contraire. Car à partir de ce jour, elle bénéficia d’une vue plus perçante, même dans l’eau et les profondeurs du gouffre et du fleuve.

Elle put ainsi deviner les diverses formes du monstre, sans qu’il le sache. Plus intéressant encore, elle mémorisa les apparences humaines qu’il empruntait pour accomplir ses sordides chasses.

À force de narrer ses aventures aux siens, aux proches et aux amis, Aélis s’allège l’esprit et la mémoire.

Elle reprend peu à peu sa place dans un univers où peu de choses ont changé, à l’exception d’un petit gaillard de sept ans qui commence à l’appeler Maman.

Au regard étrange et apeuré des premiers jours, s’en substitue un autre, plus serein, plus rieur et plus malicieux.

Aélis ressent même certains jours que la vie s’est écoulée normalement et qu’il n’y a jamais eu de vide dans son existence terrestre.

Elle se sent maintenant la force d’affronter la ville et ses rues étroites aux ombres claires et fraîches.

De jour en jour, elle retrouve l’aplomb qui était le sien.

La voici qui est sur la place, au milieu d’une foule qu’elle ne redoute plus et qui ne la lasse pas de questions auxquelles elles ne veut plus répondre. Elle engage même des conversations, les unes anodines, les autres plus conséquentes.

Aélis revit.


Témoignage sur l'autoédition de Berteaux Hervé


Premier témoignage : ça démarre bien !
C'est toujours stressant d'éditer soi-même un livre pour la première fois (quand bien même n'est-ce point mon premier ouvrage publié).
Aussi est-ce précieux d'avoir une véritable personne au bout du fil, aimable et disponible, ce qui a le don de rassurer !
Un bon point, avec pour étape suivante la gestion de mon impatience quant à recevoir la commande, mais ça Autres-Talents n'y est pour rien.