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couverture du livre La nature pour l'avenir écrit par Morin Patrice

Morin Patrice

La nature pour l'avenir

21.12 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

338 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-094-5
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Présentation de Morin Patrice


Depuis mon enfance, j'ai toujours fait preuve d'une grande imagination, ainsi que d'une grande préoccupation en matière d'écologie, bien avant que cela ne devienne une mode.

Je me suis ainsi décidé, il y a quelque temps, à écrire ce roman qui réunit ces deux caractéristiques particulières.

Présentation de La nature pour l'avenir


Ce roman-fiction présente une situation qui aurait pu avoir lieu il y a plusieurs dizaines d'années, par exemple lors des premiers chocs pétroliers, ou bien plus récemment : l'approvisionnement en énergie (pétrole, gaz et uranium) dans nos pays s'est presque interrompu. La population doit alors modifier de manière importante son mode de vie.

Elle abandonne rapidement la société de consommation tout en cherchant à utiliser au mieux les ressources locales et écologiques. Les rapports humains eux aussi changent, les comportements individualistes laissant place à l'entraide et au système D. Ici, deux familles, parties de la ville pour pouvoir mieux subvenir à leurs besoins, en rejoignent une troisième, dans une petite ferme à la campagne. La communauté va essayer de vivre en harmonie et de faire marcher l'exploitation.

Cet ouvrage traite donc de l'écologie, de la nature (beaucoup de personnages animaux), des rapports sociaux humains, mais aussi de l'économie future, le tout étant régulièrement saupoudré de pincées d'humour.


Extrait du livre écrit par Morin Patrice


La vie avant

Cette journée de la mi-août a été assez chaude. Cela fait bien au moins trois semaines qu'il n'a pas plu. Il est donc appréciable de pouvoir se promener, à la tombée de la nuit, le long des espaces verts bordant les larges avenues de cette grande agglomération. L'air est de nouveau respirable et l'espace beaucoup moins fréquenté.

C'est le moment que choisissent certains animaux pour sortir de leur cachette. Ils peuvent aller s'abreuver en de rares endroits qui le permettent encore et chercher leur nourriture. Les espaces verts sont à ces moments-là pratiquement désertés par le monde humain, et le monde animal reprend alors presque complètement ses droits.

Chacun pourrait ainsi, depuis un poste d'observation discret, voir passer avec grande surprise petits rongeurs, lapins, renards, hérissons, belettes, couleuvres… En effet, n'étant pas chassés, sauf par les quelques véhicules à moteur qui circulent encore et les écrasent parfois, ils peuvent trouver en toute quiétude de la nourriture au milieu du monde urbain.

Les petits rongeurs récoltent facilement végétaux, graines, miettes de pain et autres restes laissés par les généreux humains. Les lapins, plus gros, broutent tout ce qu'ils peuvent dans les grandes étendues herbeuses, particulièrement du côté de l'aéroport, où ils sont encore plus tranquilles qu'avant. Les renards et les belettes, conformément à leur fonction de prédateur, se font un devoir alléché de réguler toute cette population. Mais les poubelles humaines constituent tout de même leur plus grand garde-manger. Quant aux hérissons, ils trouvent dans les jardins des zones pavillonnaires quantité de petites limaces, insectes et charognes.

Observons attentivement ce qui se passe ce soir dans ce terrain abandonné, envahi par les broussailles et les hautes herbes, et où de bien trop nombreux déchets ont été jetés inconsciemment.

Malgré sa surface importante, cet espace n'a pas intéressé les promoteurs. C'est vrai qu'il est un peu marécageux. En hiver, après de fortes pluies, de petites mares s'y constituent et l'on peut alors voir des morceaux de plastique flotter. Et quand le niveau de l'eau redescend, les poches en plastique restent accrochées en hauteur aux branches des buissons.

Cependant, limaces, escargots et souris abondent, ayant là de quoi se nourrir et se cacher. Les chats du quartier ont chacun inscrit ce lieu comme partie intégrante de leur territoire, ce qui cause de fréquentes bagarres lorsqu'ils se retrouvent museau à museau au hasard de leur patrouille.

En ce moment, un seul chat est là, plus jeune mais plus prudent. Il a choisi de décaler le moment de sa virée nocturne en attendant sagement que les autres, plus grands et plus expérimentés, soient partis un peu plus loin. Peu enclin à la bagarre, le matou trouve cette tactique plus efficace pour la quête de nourriture et pour sa protection corporelle. A quoi bon se faire étriper par de plus gros et plus méchants que lui, quand il suffit de patienter depuis le toit d'une maison voisine que le champ soit libre ? Surtout qu'avec son pelage entièrement blanc, il est un peu plus visible que les autres.

Or, sa tactique à lui est de ne pas se faire repérer. De plus, la nature n'en a pas fait un félin bien téméraire.

La voie est actuellement libre. Il faut bien sûr prendre garde à ne pas faire de bruit. Ne pas faire de bruit ? Mais justement, quel est ce bruissement de feuilles et d'herbes sèches, là-bas derrière le petit érable ? Le chat monte sur un tas de gravats, mais de cette hauteur ne voit rien de plus. Le bruissement continue. L'animal inconnu semble hésiter à chacun de ses pas. Au bout d'une quinzaine de minutes, n'y tenant plus, le félin descend de son promontoire et se rapproche doucement de l'origine du bruit. Il se retrouve soudain face à une petite boule d'épines, brune et montée sur de courtes pattes. L'étonnement est bien réciproque. Les deux animaux restent figés quelques minutes, puis le chat, conscient de la défense épineuse recouvrant presque tout le corps de l'autre, risque un coup de patte de reconnaissance du bas vers le haut pour essayer de retourner cette bestiole. Celle-ci, par une manœuvre instinctive, se contracte davantage, se met en boule et ne laisse plus rien sortir du redoutable système défensif, ni tête ni pattes. Le chat se lèche la patte endolorie, ayant touché quelques piquants lors de la prise de contact. Il feint de partir, ne s'éloignant que de quelques mètres et se cache derrière un buisson. Mais la boule d'épines ne bouge pas pendant au moins une demi-heure. Puis elle se déploie et recommence à marcher, estimant que le danger est écarté.

Enfin, le félin commençait à trouver le temps long ! D'accord, il a l'habitude de chasser à l'affût, attendant patiemment qu'une proie se présente en face de lui. Mais là, la curiosité est à son comble. Il suit le jeune hérisson, lequel est en fait désorienté par son manque de connaissance de ces terres nouvelles, si éloignées du nid maternel qu'il vient de quitter.

Le hérisson parcourt quelques mètres en terrain un peu plus dégagé, se dirigeant vers un tas de grosses ordures. Peut-être y a-t-il de nouvelles choses à découvrir là-dedans, surtout à manger, mais aussi un endroit pour pouvoir s'abriter. Il escalade un gros matelas posé en oblique contre une vieille cuisinière à gaz toute rouillée. De la mousse synthétique sort du matelas, bien défoncé et usé par les intempéries et l'ardeur du soleil.

C'est la première fois qu'il voit les choses de si haut. Même avec sa mauvaise vue, il arrive à distinguer l'ensemble du grand tas de déchets. Son odorat, qui est bien plus développé, lui permet de reconnaître l'odeur très familière des proies comestibles que sont limaces et escargots. Cela ferait effectivement un parfait territoire de chasse, où en plus de nombreux abris sont possibles.

L'animal continue à se déplacer en haut de la petite montagne, passe sur le couvercle d'une machine à laver, un meuble de télé, de larges bandes de moquette et rouleaux de papier peint, enjambe le cadre d'un vélo, et enfin arrive sur l'accoudoir d'un canapé convertible trois places. Le jeune hérisson manque de chavirer, n'ayant pas l'habitude d'une telle hauteur et d'un tel support sous ses pieds. Pour un peu, il tombait dans cette grande baignoire dont les bords assez lisses l'auraient empêché de remonter, pouvant ainsi le retenir prisonnier pour toujours.

Il se retourne et se trouve encore une fois museau à museau avec le chat qui l'avait suivi avec discrétion, comme se doit de le faire un tel félin chasseur et seigneur de la jungle urbaine. Le hérisson applique de nouveau la tactique qui a fait ses preuves chez ses semblables depuis fort longtemps en se remettant en boule. Cette tactique est certes valable sur un sol plat, mais le rebord arrondi du canapé le déstabilise. Il tombe alors dans le vide et se retrouve dans la baignoire.

Plusieurs heures plus tard, au lever du jour, notre boule d'aiguilles se déploie, fait rapidement le tour de l'intérieur de la baignoire, essaie d'en gravir les parois, et se rend compte avec effroi qu'elle est maintenant prisonnière de l'endroit auquel elle avait pensé échapper un peu plus tôt. Seuls des feuilles mortes et quelques petits morceaux de moquette lui tiennent compagnie dans ce piège.
Ce samedi matin, un jeune père et ses deux enfants ont rejoint le groupe de nettoyeurs volontaires du quartier. En effet, une fois par semaine, un travail de dépollution est au programme : nettoyage de la bordure d'une rivière ou bien d'un site encombré de déchets, retrait de plantes invasives, entretien d'espaces naturels…

Aujourd'hui, il s'agit de débarrasser un terrain vague de toutes les ordures entassées là depuis de nombreuses années. Munis de croissants, faux, scies ou serpes, les hommes commencent à débroussailler patiemment les ronces et aubépines et les mettent péniblement en fagots. Les quelques femmes et enfants entassent ces fagots en bordure du terrain. Ceux-ci seront soit brûlés dans les poêles à bois des pavillons environnants, soit transformés, après broyage, en compost pour les espaces verts de la ville.

Une grande benne à ordure a été amenée à l'entrée et plusieurs de ces volontaires viennent y déposer tous les innommables objets de consommation de masse non prévus pour un recyclage simple, rapide et non polluant. Les gros appareils électroménagers sont évacués en premier. Les matériaux directement recyclables sont triés par catégories et mis dans de gros sacs. Il s'agit de ne pas se couper ni s'infecter avec tous ces morceaux de verre et bords de boîtes de conserve. Les gants en cuir sont vraiment nécessaires.

C'est à ce travail que se sont attelé les deux jeunes enfants. Mais après avoir assisté à l'évacuation d'une cuisinière et d'un canapé, ils décident qu'eux aussi peuvent déblayer de gros objets, bien sûr moins encombrants et moins lourds. C'est pourquoi ils tentent de s'attaquer à une baignoire. Essayant de la soulever, ils s'aperçoivent que le bas est coincé dans la terre. Ils essaient alors de la faire bouger en agrippant fortement leurs petites mains sur les rebords. Un bruissement de feuilles se fait entendre à l'intérieur. Croyant qu'il y a là un reptile ou un rat, les gamins opèrent aussitôt un repli stratégique de quelques mètres en arrière. La première frayeur passée, le garçon, voulant ainsi prouver sa bravoure devant sa sœur, se rapproche de la baignoire, armé d'un bâton. Il écarte prudemment les feuilles, voit une petite boule d'épines, la retourne et distingue un museau et le bout de petites pattes munies de griffes.