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couverture du livre La Tapisserie aux Loups * Le Torque Noir écrit par Troissant Jean Pascal

Troissant Jean Pascal

La Tapisserie aux Loups * Le Torque Noir

21.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

404 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-078-5

Présentation de Troissant Jean Pascal


JP TROISSANT, ingénieur dans l’industrie spatiale, est marié et père de cinq enfants. L’envie d’écrire pour les siens l’a amené à se livrer à un exercice alliant imaginaire et histoire, dans lequel les intrigues côtoient les énigmes et les préceptes. Le tout sur un fond d’aventure…

Présentation de La Tapisserie aux Loups * Le Torque Noir


…1511, D’étranges phénomènes, influençant la mer et la faune de la région de Crozon, sont apparus depuis six ans. Tristan et un petit cercle d’amis doivent faire face à une menace ayant déjà sévi naguère, lors de la tragédie de la ville d’Ys. Malgré eux, ils se trouvent emportés dans une escalade de dangers et d’énigmes.

Les artefacts d’un lointain passé se mêlent aux opportunistes du moment qui tentent de modifier l’ordre naturel et établi. Devant cette menace à multiples visages, seuls les capacités humaines pourront s’y opposer…


Extrait du livre écrit par Troissant Jean Pascal


L’homme regardait son épouse en train de fignoler les moindres détails d’une grande tapisserie. Ils avaient décidé ensemble d’entreprendre cet ouvrage qui laisserait à leurs descendants une trace de leur vécu. Non pas que leur existence ait été plus extraordinaire que celle des autres, mais les événements auxquels ils avaient pris part, eux l’avaient été. Il se pourrait qu’ils se reproduisent un jour, et les générations futures seront alors averties. Perdu dans ses pensées, l’homme ne remarqua pas tout de suite l’entrée de sa petite-fille se précipitant vers sa mère.

- Maman, as-tu fini la tapisserie aux loups ?

La tapisserie aux loups. En effet, elle portait bien le nom que lui avait donné l’entourage de sa femme. De nombreux loups, fidèlement représentés dans leur sauvagerie, apparaissaient à plusieurs endroits.

- Pas encore ma chérie, je dois rajouter quelques éléments en rapport avec le monastère. Je pense avoir fini d’ici une semaine. Et puis, pourquoi l’appelles-tu ainsi ? Il n’y a pas que des loups sur cette tapisserie !

- Oui, mais il y en a beaucoup, et tout le monde l’appelle comme ça.

- Je dois admettre que tu as raison. Un jour, je t’expliquerai la signification de tous ces personnages. Mais, pour l’instant, cherche donc à comprendre ce que je vais te montrer.

La femme prit une boule en bois et la posa sur un plateau légèrement en pente, avec une rampe pour accueillir celle-ci. L’ayant lâchée, la boule remonta doucement la rampe sans l’aide de personne. La petite fille voulut essayer, mais la boule redescendit quand elle la posa à son tour sur le rail en pente douce. La femme répéta l’opération avec succès, et la petite fille ouvrit ses yeux avec étonnement en fixant l’inexplicable.

- A toi de chercher, car tu dois apprendre que l’invraisemblable n’existe que dans notre ignorance.

- Mais c’est une des maximes de Frère Elysiade.

- Oui, et il y en a vingt et une à apprendre si tu veux grandir en sagesse.

L’homme regardait avec tendresse la complicité s’installer entre sa fille et son épouse. Cette dernière était douée de ses mains qui étaient restées agiles, malgré une jeunesse employée à manier de lourds outils et des armes en quantité. Elle avait dessiné avec adresse les différentes allégories des principaux événements qu’ils avaient vécus tous les deux. Tout y était, les fameux loups, les oiseaux, les objets du passé, le Donjon, et puis la falaise. Celle-ci était enveloppée de brume. Cette brume par laquelle tout avait commencé un jour de l’an 1511, dans la baie de Douarnenez…

Il faisait beau en ce jour, et l’homme se souvenait de la plage remplie du bruit des vagues…

… C’est souvent un danger plus grand qui en chasse un autre…

Frère Elysiade


1. Un retour périlleux...

Novembre 1511, Premier Jour, St Nic.

Les sabots solidement campés dans le sable de la plage, le cheval attendait sans broncher le signal de son maître. Dans un bruit assourdissant une vague énorme venait d’éclater en mille gerbes d’écumes pour se réunir en un flot de près d’un mètre cinquante de hauteur. Le flot les rejoignit bientôt à vive allure, emportant avec lui des tonnes de sable parsemées de coquillages. Alors le cavalier libéra sa monture qui bondit de toutes ses forces afin d’échapper à l’onde qui déjà les talonnait de près. La folle poursuite dura quelques instants, puis le flot perdit de sa vitesse et de sa force, et finit par s’inverser pour retourner à la mer. Le cavalier fit alors demi-tour et dirigea son cheval vers la prochaine vague.

Depuis près d’une heure, lui et sa monture défiaient à la course ces immenses vagues en un jeu incessant. Ils frôlaient à chaque tentative le danger d’être rattrapé par le flot pour être emporté sans espoir de retour. Apercevant les premiers signes de fatigue de sa monture, l’homme décida d’arrêter la course et regagna les hauteurs des dunes à une distance de sécurité qu’il jugea suffisante.

En cette période de Toussaint, Tristan de Braspart revenait de Quimper. Devant se rendre à l’Abbaye de Landévennec pour une prochaine mission, il avait décidé de longer la côte de la presqu’île. Empruntant les chemins de randonnée, peu fréquentés à cette période, il se mit à l’affût d’un quelconque gibier. Chevreuils et lièvres ne manquaient pas dans la région. Après avoir échangé deux flèches contre un jeune lièvre transpercé d’une troisième, la journée s’était déroulée sans surprise. Il s’était arrêté près des falaises de St Nic. Après un frugal repas, il avait décidé de taquiner le danger des vagues, en descendant sur la grève.

Issu d’une famille d’origine modeste, il était orphelin depuis l’âge de dix ans. Il avait alors passé le restant de sa jeunesse à s’instruire au contact des moines de Landévennec, et également à suivre un entraînement militaire dans lequel l’arc et l’épée se disputaient la préférence. Remarqué par ses nombreuses qualités, il était rentré au service du Comte de Cornouailles qui l’avait chargé d’administrer le domaine de Braspart. Ses autres missions le faisaient chevaucher de Quimper jusqu’à la forêt d’Huelgoat.

Tristan était encore célibataire à vingt-trois ans, malgré les candidates qui ne manquaient point. Sa charge du domaine de Braspart lui permettait de côtoyer les bonnes familles de la région, mais il déclinait souvent les nombreuses invitations un peu trop pressantes, prétextant ses nombreuses missions. En fait son cœur allait à une certaine Héloïse Bellegarde dont l’originalité avait fait naître bien des remarques dans son entourage. Il l’avait rencontré plusieurs fois à L’Abbaye de Landevennec. Héloïse était en fait tout l’inverse de celles qui se présentaient dans le cercle restreint des familles de Bretagne. Mais il n’avait pas pu jusqu’à maintenant se décider et lui avouer ses sentiments. Peut-être par peur de la vie tout simplement.