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couverture du livre Le silence des étoiles écrit par Kérurien Yvon

Kérurien Yvon

Le silence des étoiles

19.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

218 pages
14 x 21 cm
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-9549181-0-5

Présentation de Kérurien Yvon


Né en 1956 à Plounévez-Moëdec (Côtes d’Armor), autodidacte, je suis un passionné d’histoire et de littérature. Ancien militaire de carrière, j’ai toujours eu un attrait particulier la lecture et l’écriture.

Dès 1986 je m’adonne à cette passion en publiant « Bécherel au fil de l’histoire », une monographie richement illustrée qui retrace la vie de la place forte médiévale d’alors située aux marches de la Bretagne devenue depuis la cité du livre.

Les Editions les Perséides assurent un nouveau tirage pour l’été 2015.

Trois monographies suivent sur la Bretagne : la première, le clocher de mon village, en 1991, raconte la genèse des « Plou » tardifs (XIIe) puis la seconde, Révolution, présente les systèmes économiques et démographiques liés à la féodalité dans cette même partie du Trégor.

Cette trilogie s’achève en 2001 avec la Terre des autres qui retrace les évolutions du foncier en Bretagne depuis la Révolution jusqu’à nos jours.

Les vieux : L’action se déroule au début du 20e s. dans le Trégor sur fond de paysannerie.
Ange Marie Leroy ; on aurait pu le surnommer Ange l’idéaliste tellement il y tenait à sa Bretagne, terre pétrie de traditions et de légendes. Il adorait par-dessus tout ce pays, celui de ses ancêtres. Il aurait tellement voulu que rien ne changeât.
Ce n’est pas ce que le destin lui prédit. Le grand Louis, son plus proche voisin, nouvellement arrivé au village, allait bouleverser les donnes. Grande gueule et surtout passionné de progrès, il n’entendait pas respecter les mêmes règles. Pour lui le passé était bien révolu, les deux guerres lui avaient apporté l’assurance que cette révolution était bien en marche.
Entre ces deux personnages hauts en couleur que tout sépare, l’un résolument attaché aux veillées traditionnelles, l’autre vers les nouvelles machines, s’était trouvé François, François l’intelligent qui se posait là en candide. Meunier de son état, il n’était ni pour l’un ni pour l’autre. Témoin discret de son époque, il démontrera aux protagonistes que rien ne pouvait arrêter le progrès.
Ce à quoi Ange, contraint et forcé, sourira. Le grand Louis, quant à lui, ne s’en remettra pas. Jamais, il n’eut pensé que ses deux fils le trahiraient jusque dans ses retranchements les plus secrets ; ce qu’Ange, avant de mourir, tentera d’expliquer à son petit-fils Pierre.

Et les blés mûriront :

Quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale, Pierre Moreau rentre de captivité et découvre que Marie, la femme qu’il aima jadis et qu’il devait épouser, s’est remariée avec un paysan du coin, Louis Houibou.

Va alors s’instaurer entre les deux hommes un climat tout particulier, pétri de petites satisfactions quotidiennes, où l’affection côtoie la compassion, une période d’observation que Pierre Moreau utilisera insidieusement pour parvenir à ses fins. Conscient de ses faiblesses, Louis Houibou s’apercevra qu’il lui est inutile de lutter contre les moulins à vent, que les pages de l’Histoire sur lesquelles il se retrouve malgré lui tournent trop vite. Pierre Moreau est revenu régler des comptes, de cela il en est sûr. La lutte est inégale et perdue quand sa Marie, sa femme, lui avoue qu’elle connaît le délateur à l’origine de la déportation de la famille Moreau et qui n’est autre que son beau-père.

Pierre n’aura de cesse, dans une indifférence totale et sans remords aucun, de reprendre ce qu’il estime lui appartenir depuis toujours : Marie, son amour.

Pierre Moreau découvrira aussi que Marie a mis au monde un fils, leurs fils, Alexis. Pierre qui a repris ses activités d’enseignant ne dira mot des atrocités vécues, taisant cette partie de sa vie à son entourage. L’histoire, dans un rebondissement inattendu, propulsera Alexis sur les pas de son père. Il va retracer son parcours, écouter les témoins de l’époque, ce qu’ils savent, ce qu’ils ignorent ou font semblant d’ignorer, ce que soit la déportation et ce que son père en a ramené, c’est-à-dire pas grand-chose car depuis son retour, il refuse d’en parler.

Pierre Moreau installera son fils dans les perspectives d’un monde nouveau, un monde neuf, lui donnant l’occasion de marcher sur ses traces, l’initier vers un futur où il y aura toujours une moisson de paix à faire, le Monde qu’il aurait dû connaître.

Il laissera aussi à son fils les matériaux nécessaires pour résoudre la terrible équation qui se pose à lui :

« Le temps guérit toutes les blessures en s’alliant à l’oubli ».

Présentation de Le silence des étoiles


Et voilà que paraît en 2015, le silence des étoiles.

Le silence des étoiles n’est pas l’apologie du divorce, loin de là. Mais toute séparation, appelez-la comme vous le voulez, fait terriblement mal dans les deux camps. On se cherche des excuses, des raisons qu’on effleure au risque de se toucher, des explications qu’on ne trouve pas systématiquement, des doutes qu’on imagine, des soupçons qu’on invente, des fautes que l’on attribue trop facilement à l’autre, bref… des regrets quelquefois. Le monde bascule cul par-dessus tête, tout devient compliqué. C’est le commencement de la fin, en tout cas cela y ressemble ; certains appellent ça la traversée du désert, et quel désert ? Parmi les proches et dans les familles, c’est la consternation, le temps des interrogations, les fractions prennent forme, les accusations aussi, et les enfants ? On trouve des amis, des conseils, des appuis. Mais il faut se relever, souvent seul, car dans ces cas-là on est seul, parfois difficilement mais on y parvient, à force de réflexions et d’aides, on y arrive à plus ou moins long terme. Et puis le temps recouvre les plaies ouvertes à vif d’un cataplasme qui fait du bien à l’usage.

C’est ce qui arrive à Léon, personnage principal doué de raison et de bon sens et qui va être emporté dans une tempête dont il n’a pas un seul instant envisagé la puissance dévastatrice. Il ignore même, en tout bon père de famille qu’il a été par le passé, qu’il est à l’origine de ce cyclone qui va tout balayer sur son passage. Pour lui, la vie est un long fleuve tranquille. Son quotidien s’est installé dans un cercle de commodités et de plaisirs variés qui lui conviennent, sans penser un seul instant à son épouse qu’il finit par ignorer.

Rachel, sans prévenir personne, sauf son beau-frère qu’elle met au dernier instant dans la confidence, décide de quitter le domicile conjugal. Elle abandonne à son sort Léon qui découvre les douleurs de la solitude jusqu’à échafauder les plans d’un suicide qui échouera tellement il est maladroit. Totalement désemparé au quotidien et dans sa vie professionnelle, il part sur les conseils de sa toute jeune maîtresse et de son frère dans une sorte de « road moovie » à la redécouverte de ses amours d’antan avec Rachel en revisitant leurs lieux de vacances, les endroits où ils furent si bien ensemble, au temps où le soleil brillait au-dessus de leurs têtes.

Ces « pèlerinages » qu’il s’est imaginé récréatifs et bienfaisants vont prendre l’allure d’une longue descente aux enfers. Sous l’œil vigilant de son frère qui le laisse sombrer jusqu’à se noyer, Léon va chercher au fond de lui-même toute l’énergie nécessaire pour refaire surface dans le monde des vivants.
Il va faire la rencontre de Jeff, joaillier américain et « amant » de Rachel, qui va lui dessiner lors d’un rallye dans le désert de Californie les nouveaux contours de sa vie. Léon va alors activer ces ressorts psychologiques que tout le monde possède au fond de lui et qui s’appelle la résilience, cette aptitude à se reconstruire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques.
Léon ira même plus loin dans sa démarche, jusqu’à atteindre l’épiphanie.


Extrait du livre écrit par Kérurien Yvon


Léon Duchamp, au volant de son automobile, suivait au plus juste le ruban de bitume qui le ramenait chez lui. Le jour amorçait sa lente agonie et les petits carrés réfléchissants des balises routières défilaient de chaque côté de la voiture. Ils réverbéraient tels des flashs d’appareil photo la lumière des phares tout tremblotants dans leurs coques métalliques… Il franchissait maintenant la petite clairière de la pinède qu’il connaissait bien, quand attirée par les phares, une chouette, descendue de nulle part dans cette déchirure de la forêt, vint s’écraser sur le pare-brise de la voiture. Surpris, il ne marqua cependant aucun intérêt pour le paquet de plumes gris cendré et blanc qui retomba sur le bas-côté. Il poursuivit sa route, les yeux rivés sur la ligne blanche centrale qui alignait par endroits des traits pointillés. Les ailes cassées, toute frémissante dans l’herbe du talus, la chevêche agonisait les yeux grands ouverts. Le duvet accroché aux montants des essuie-glaces décrivait dans l’air du soir des mouvements saccadés et imprécis. Le conducteur actionna fébrilement la commande des balais comme s’il cherchait à se débarrasser de ces soudaines et dérangeantes images spectrales…

…La dernière rangée d’arbres qui arrivait à sa hauteur marquait la fin de la pinède. Léon choisit de ralentir, il savait l’endroit dangereux. Il changea de vitesse avant d’entamer sa descente vers la ville et vers sa maison, au bord de la mer, qu’ils avaient achetée un mois seulement après sa nomination dans ses nouvelles fonctions, une opportunité qui avait transformé le cauchemar du logement de rêve en réalité. Cette affectation au collège local, il l’attendait depuis des années, et Rachel l’avait rejoint un peu plus tard vers Noël, dès que le poste dans un C.E.S. d’une petite ville voisine dans lequel elle était nommée, fut libre. A bientôt la soixantaine tous les deux, ils avaient choisi d’un commun accord de revenir au pays, en Bretagne, et ils s’y plaisaient depuis une décennie déjà…

…Il marchait presque au pas de Marthe. Dans la foule, sa valise le handicapait. Il fit un petit effort pour parvenir à sa hauteur. Ils traversèrent le grand hall de l’aéroport et débouchèrent sur le parking, main dans la main. Au début, seuls les petits doigts se frôlèrent, mais devinrent si instantanément intimes qu’ils se saisirent l’un l’autre, presque spontanément, naturellement, comme s’ils se connaissaient déjà depuis fort longtemps. Puis les autres doigts de ces deux mains, amis et complices de cette entente en firent de même. Léon s’en aperçut et ne retira plus la sienne de celle de Marthe. Au contraire, il appréciait cette chaleur et le lui fit savoir en exerçant une pression plus forte sur ses doigts menus et fins.
- Et vers un même destin, dit-elle d’un pas assuré en regardant droit devant elle.

Ils marchaient à la même allure vers la voiture. Il la regarda, presque fier. Son angoisse avait totalement disparu et il apparut rassuré. En fait, il était heureux, tout simplement…

…Réveillé par le murmure insolite d’un appareil électrique, il s’était levé et avait revêtu à la hâte une robe de chambre qui se trouvait posée à proximité sur une chaise. Il avait entrouvert sa porte de chambre et avait vu au centre de la salle de bains un énorme demi-tube vertical en verre qui tenait tout le centre de la pièce et dans lequel Marthe se séchait. C’était ce qu’il en avait déduit à voir ses cheveux voler dans tous les sens selon qu’elle penchait sa tête ou pas. Il l’avait contemplée pendant de longues minutes, ses seins galbés, sa fine toison pubienne épilée et vingt ans de moins que lui dans un corps de rêve. Ce qui l’intriguait encore, ce fut que la porte de la salle de bains soit grande ouverte. Sûrement un oubli de Marthe, pensa-t-il, habituée à vivre seule, mais il avait bien l’intention de lui poser la question. Marthe s’habilla entre la salle de bains, sa chambre et le couloir en fredonnant le refrain d’une chanson qu’ils connaissaient. Enfin, elle se parfuma à l’aide d’un petit flacon muni d’une poire dorée que l’on presse. Discrètement, il s’était éclipsé vers la cuisine où il faisait semblant de chercher les ingrédients du petit-déjeuner. Il finissait de placer les tasses quand Marthe arriva à sa hauteur. Elle l’avait enlacé en l’embrassant. Il avait légèrement rougi.

- Alors, ta première nuit helvétique, s’était-elle enquise en maintenant ses bras serrés autour de son cou. Et sans lui laisser le temps de répondre : « Finalement, ma robe de chambre te va à ravir ! »

Elle était divinement bien vêtue et parfumée, juste comme il aimait qu’une femme soit parfumée, ni trop, ni pas assez, juste à son goût, des cheveux noirs mi-longs, un visage bien dessiné, sans faux cils, avec un rouge à lèvres lumineux. Une petite jupe courte de cuir noir lui serrait les hanches sur de longues jambes, des salomés dernier cri aux pieds, que venait compléter un blouson en cuir avec une imitation fourrure autour du cou. Tout cela ressemblait à de la perfection.

… Il entra sans réfléchir dans un petit restaurant typique d’où sortait un air de musique et descendit une marche pour accéder à la terrasse de plein air qui donnait sur la rue. Quelques consommateurs installés en bout de bar le dévisagèrent. Il se dirigea tout droit vers une table libre, posa ses bagages à terre et ses quotidiens sur la petite table en guise de retenue. Dans un coin, des filles mangeaient, les lèvres grasses. Une foule nombreuse circulait sur le boulevard et sous les arcades des petites rues. Dans chacune des femmes qui passaient, il guettait le regard qui lui permît de se croire encore capable de jouer au jeu délicat et tendre de la vie. Mais les gens en bonne santé ont une manière d’être naturelle d’éviter les regards fiévreux. A se sentir si accessible et attentif à chaque signe que le monde lui faisait, à la façon dont les gens le regardaient, il sentit la fêlure profonde qui le retenait au passé. Il déboutonna son veston puis alluma une cigarette dont la fumée vint piquer ses paupières. Il se dirigea vers les toilettes, s’essuya encore les yeux et voulu se peigner. Le sommeil dans le train avait emmêlé ses cheveux et ce fut en vain qu’il tenta de les rajuster. Son peigne avait disparu, sans doute tombé de sa poche sur les quais quand il se débattait avec le porteur. Il était descendu du train tel quel, les cheveux sur le visage et l’arrière tout ébouriffé. Il se sentait encore plus diminué, plus vulnérable aussi. De sa place qu’il venait de regagner, il ne pouvait s’empêcher d’admirer les femmes de la rue, elles étaient toutes belles et élégantes, telles des roses dans un jardin susceptibles de piquer le visiteur imprudent ; elles l’acquittaient de son passé. Chaussées de sandales, les seins libres dans des robes éclatantes et légères, elles lui laissaient la langue sèche et le cœur battant de désir où il retrouvait une justification d’homme libre. Le soir, il croisait ces mêmes femmes dans les rues de la ville et les suivait avec dans les reins le désir d’une douceur farouche…

…- Léon, mon vieux, s’exclama Jeff en sortant deux verres d’un petit meuble sans intérêt, Jennifer m’a appris que tu n’aimais pas le Bourbon, aussi je t’ai dégoté une bonne bouteille de whisky des Highlands, du quinze ans d’âge en provenance directe de Glasgow. J’ai un vieil ami là-bas. Je suis sûr que tu vas l’apprécier. Elle est vraiment fantastique Jennie ! soupira Jeff en s’affalant dans un canapé. Et ne t’emmerdes pas pour la bouteille, elle est pour toi seul, il n’y a que toi à boire du whisky ici.
Léon ne lui répondit pas. Il ne pouvait pas, il avait la gorge nouée par tant de générosité. Il appréciait une fois de plus les obligeances de Jeff. Un simple merci convenait mieux. Mais il se sentait ridicule et pitoyable à côté de ce géant sympathique. Il venait tout juste de rentrer de deux jours d’une randonnée organisée par Jeff. Il avait chevauché avec Paul et Jennifer dans le désert pendant que Rachel les devançait en 4/4. Elle les attendait à midi et le soir dans des endroits convenus à l’avance. Aux côtés de Paul et de Jennifer, il avait chevauché et tiré à la carabine Winchester 30/30, librement, plusieurs coups à la suite sans que personne ne vienne le contrôler, ni pour avoir tiré, ni pour le port d’arme qui n’est pas nécessaire ici. Oh que oui ! Que Jennifer était fantastique, d’autant plus qu’elle tirait merveilleusement bien au fusil et au revolver, et quelle cavalière, quelle guide !

…C’était surtout le cadeau qu’il avait trouvé sous son assiette qui le suppliciait encore. Jeff lui avait offert un studio dans un bled juste à côté de Las Vegas. Il n’y avait que Rachel dans la salle – elle savait ce que l’enveloppe contenait – quand il l’ouvrit. Jeff n’était pas là et il n’avait pas eu l’occasion de le remercier d’une aussi grande munificence, surtout venant de la part de quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Ce soir, ils étaient réunis tous les deux dans cet immense salon où de jeunes serveuses exauçaient leurs moindres désirs gastronomiques. Léon qui avait gardé sa bouteille de whisky à portée de main devinait que le temps des confidences était arrivé. Viendrait ensuite le temps des remerciements. Les mots que Jeff avait prononcés, « mon vieux », résonnaient d’une telle justesse et sincérité, d’une égale intensité ; l’alcool aidant, de petites larmes vinrent lui rougir les yeux. Un lien affectif et passionnel s’était tissé entre les deux hommes depuis leur première rencontre ; Jeff et Léon, Léon et Jeff, unis par des tourments ressemblants, des larmes de semblable grosseur, au même goût de sel, perlaient sous des yeux de couleur identiques…

… Jeff sirota une gorgée de bourbon et poursuivit :
- Nous avons rencontré du beau monde, des gens très riches qui font du business ici, à Las Vegas, aux States, et ailleurs sur la planète. Elle aurait bien voulu mettre la main sur l’un d’entre eux, mais sans succès, elle est si maladroite. Ici c’est le monde du fric, tout autour de nous, ça paraît facile comme ça, il y a des paysages à couper le souffle, il fait toujours beau, mais c’est loin d’être le cas si on regarde bien. Un jour, je lui ai montré l’envers du décor. Car toute médaille, aussi belle soit-elle, a son revers. Nous sommes allés voir l’entrée des égouts de Las Vegas, là où il y a les clodos, la famine, la misère. Personne ne voit ceux-là. Surtout pas les cars de touristes qui viennent craquer leurs dollars dix étages au dessus. Elle ne s’attendait pas à cette visite qui l’a ramenée sur terre. Elle vit chez Paul et vient régulièrement me voir. On se paye quelques ballades dans le coin et à travers les USA. Je suis veuf depuis une dizaine d’années d’une femme adorable, belle et intelligente, d’origine indienne qui se prénommait Dolly. C’est ensemble qu’on a fait l’acquisition du ranch où l’on se trouve ce soir. L’aménagement intérieur, c’est elle aussi. Le « ranch du bonheur, » on l’a appelé comme ça, car c’est ici que nous avons savouré, ensemble, mille moments de plaisirs intenses, loin de partout, des bonheurs à nul autre pareil, un bien-être à deux, des satisfactions mutuelles à partir de petits riens, des ravissements alliés à cette nature intacte. Nous avons ensuite connu l’arrivée de Jennifer dans ce monde, les joies partagées avec la communauté indienne, une petite vie toute minuscule qui venait partager la nôtre, nos prières dans la montagne aux esprits, des moments intenses de recueillement devant tant de félicité. Et pas le temps de dire merci pour tout ce bonheur.

La gorge de Jeff se nouait au fur et à mesure de son récit. Il se leva de son fauteuil et se dirigea tout droit vers une baie vitrée d’où on apercevait les montagnes. Il masqua de sa main les plis de son visage qui se formèrent au souvenir de Dolly. Il se reprit et s’adressa à Léon…

…Léon avait obtenu une des places les plus convoitées d’un avion, près du hublot, histoire de voir Las Vegas et l’agglomération d’à côté d’en haut. Jeff lui avait changé ses billets et de la queue de l’appareil avec un verre d’eau, il s’était retrouvé à l’étage supérieur avec une bouteille de champagne et une demi-langouste sur sa tablette, de quoi adoucir la séparation, au moins l’assouplir. Jeff lui avait annoncé :

- On a prévenu Hamon. Il t’attend demain à 18 heures à Roissy. A bientôt. Tu me téléphones à ton arrivée ou tu laisses un message.

Toutes les phrases de Jeff finissaient par de la gentillesse, tout comme son infinie délicatesse et sa grande humanité finissaient par un sourire. Rachel avait prétexté une indisposition gastrique pour ne pas les accompagner à l’aéroport. Réflexion faite dans l’avion, il n’était pas surpris de cette absence et l’idée de s’en plaindre ne lui était pas venu. Il trouvait même logique qu’elle ne soit pas là. Jeff qui n’avait pas participé au bivouac s’était entretenu avec lui dans l’intimité de son ranch et de son cœur. Assis à la terrasse du bar de l’aéroport, il écoutait les propos de ce géant américain fort sympathique et d’une grande sincérité qui l’ébranlait encore…

…Rachel et Marthe occupaient encore ses pensées. Il se dirigea vers le haut des dunes, là où le sable devenait terre. Un petit chêne rabougri les abrita, lui et ses protégées. Elles semblaient blotties contre lui, telles deux ombres qu’il protégeait de ses bras. La colline qui surplombait la mer vibrait tout entière sous la lumière du jour. La chaleur les assiégeait. Il s’endormit avec la soif de ces sources tièdes, de ces sexes chauds comme des petits fours à pain, écoutant dans son ventre les coups sourds de la vie en travail. Il se réveilla couvert de sueur et courbaturé. Il devait être quatre heures de l’après-midi, la chaleur avait diminué et il n’avait pas mangé. Assis sous son arbre, il respirait difficilement. Il sentit alors combien le bonheur se trouvait tout entier dans cette silencieuse exaltation où se tissent l’espoir et le désespoir intimement mêlés d’une vie. Sur le chemin du retour, lentement dans le soir tombant, seul et courbé, accordant leurs gestes et leurs pas d’une même allure silencieuse, ils offraient leurs visages au silence des étoiles, sans rien échanger d’autre que la présence de leurs esprits...


Témoignage sur l'autoédition de Kérurien Yvon


Merci. Quand on le regarde d’assez loin, il s’agit d’un mot banal, un oiseau qui s’est posé un matin sur votre balustrade. Mais il y a plus que ça : il vient vous saluer et honorer avec une délicatesse inédite l’arrivée du jour, et à qui veut bien l’écouter.

Autres-Talent, c’est un peu ça. Ils débarquent un jour dans votre vie et simplifient vos journées jusqu’à rendre jaloux vos voisins.

Qui d’entre nous n’a pas passé des heures sur le blog internet d’Autres-talents, des jours voire des nuits, tellement il a de rubriques, de précisions, de conseils… Et puis il a quelque chose qui naît, l’envie d’aller les voir de plus près, de leur dire bonjour. Et on se risque au premier appel téléphonique. Ça commence toujours comme ça. Bonjour…

Le reste ? Et bien le reste est une évidence. Des problèmes ? Quels problèmes ? Le premier contact s’appelle Karim, les autres aussi s’appellent Karim, Tous les contacts s’appellent Karim, et derrière lui, une équipe, l’équipe d’Autres-talents.

Je n’en suis pas à mon premier roman et la première fois où mes désirs sont devenus une priorité, et chacune de mes questions s’est transformée en réponse, toutes aussi calmes et tranquilles les unes que les autres. Et quand je ne savais pas, l’équipe d’Autres-talents a pris le relais et des propositions m’ont été apportées.

Dès la commande de la couverture, j’ai été rassuré quand la réponse a été « on va vous faire une couverture un peu plus sexy ». C’est vrai que l’idée originelle n’était pas des plus attrayantes. Le final est parfait. Une de mes amies m’a glissé au creux de l’oreille : « Enfin un livre qu’on veut acheter ! Avec un corpus professionnel. Un vrai livre. »

Merci Karim, merci à tous.

Il reste à Autres-talents à s’investir dans la diffusion de nos ouvrages (émission de radio, TV, presse) quitte à demander aux auteurs une participation pour cette diffusion.

Mon livre est un vrai livre. Il est reconnu comme tel et peut revendiquer d’être en bonne place dans les rayons.