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couverture du livre Les loups dans la Bergerie écrit par D. Didier

D. Didier

Les loups dans la Bergerie

15.90 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

206 pages
Poche : 11 x 18 cm sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-9544281-0-9

Présentation de D. Didier


Après avoir passé un peu plus de 15 ans sous les drapeaux de la marine nationale, je tire un bilan partial sur cette petite carrière sous forme de journal de bord. je souhaite apporter un témoignage sur le statut des gays dans l'armée dans les années 80.

j'espère qu'il a un peu évolué depuis. les nombreux témoignages que je récolte me rendent moyennement optimiste sur une possibilité d'ouverture d'esprit en 2013. mais bon, globalement, on progresse. je suis en train d'écrire la suite ( poussé par les lecteurs de mes premiers brouillons )

Bonne lecture merci D. didier.

Présentation de Les loups dans la Bergerie


L'histoire qui m’est arrivée à 20 ans n'est pas anodine. j'étais à la recherche de mon identité comme tous les jeunes adultes qui découvrent la vie. les hasards vont me diriger vers un destin qui semble complètement opposé à mes rêves, et pourtant, cette histoire atypique de marin militaire va me permettre d'éclore à la vie : mais pas celle que je croyais. à ma véritable identité sexuelle, celle qui m'avait torturé pendant toute cette douloureuse adolescence. un milieu quasi exclusivement dédié au culte de la misogynie, et de l'ego survirilisé va heurter ma sensibilité.

je vais vous dévoiler par le petit trou de la lorgnette ce que vivent les marins sur les océans. cette vision vue par l'œil inexpérimenté mais curieux d'un jeune garçon échappé de son village provençal lâché entre deux identités sexuelles, est destinée à un public averti. une belle aventure romanesque en bleu marine, en bleu de travail, en bleu blanc rouge, mais progressivement aux couleurs de l'arc-en-ciel. une belle aventure qui croustille un peu. public averti.


Extrait du livre écrit par D. Didier


ONZE MOIS EN COTENTIN

Le Cotentin est cette péninsule normande qui doit compter autant de jours de soleil que de jours de pluie dans les Bouches du Rhône. Le premier contact de ce matin d’automne 1986 où je débarquais après un jour et une nuit de voyage sur ce quai détrempé me donna un avant-goût de ce qui allait m’attendre durant un an.

Le centre d’instruction naval C.I.N. de Querqueville, construit au bord d’une très belle plage, près de Cherbourg, reçoit tous les deux mois, la visite de centaines de gars (et quelques filles) pour les derniers tests de sélections. La vie des futurs matelots n’est pas rendue facile afin de décourager les moins motivés. Je ne me souviens pourtant que vaguement des diverses brimades qui jalonnèrent ces quelques semaines de « classes » : défilés au pas cadencé, parcours d’orientation dans une campagne aussi verdoyante que boueuse, et les jeux de la guéguerre avec des armes en bois et des pétards pour faire plus vrai.

Les dortoirs étaient petits, cloisonnés par deux groupes de six lits chacun, et séparés au centre par une pièce uniquement meublée de caissons penderies verticaux métalliques cabossés de couleur gris foncé. Mes camarades de chambrée, aussi paumés que moi et doutant pour la plupart du bien-fondé de leur présence en ces tristes lieux, me réservèrent un accueil assez amical.

Autant de garçons de mon âge concentrés au mètre carré commençaient sérieusement à me titiller, et le doute qui sommeillait en moi se manifestait sans trouver de nom. L’émotion était bien réelle. Néanmoins, elle était combattue par un fichu sentiment de culpabilité.

Pourquoi me semblaient-ils tous si différents de moi, et pourquoi tenais-je tant à leur ressembler ?

Il y eut ce flirt anecdotique avec la fille d’un commandant, qui me rendit bien service et me dispensa souvent de justifications lorsqu’il s’agissait de faire un tournoi de foot ou d’aller boire des bières jusqu’à plus soif.

Discret était l’adjectif qui me qualifiait le mieux. Effacé, toujours en retrait. Pourtant étourdi ou largué aurait été plus juste, tant l’adaptation à mon environnement fut longue. Avec le recul, je mets cela sur le compte du déracinement et de la perte totale de repères. Heureusement l’éducation irréprochable reçue de mes jeunes parents assez stricts, trouva ici une application directe quand il s’agissait d’obéissance et de respect.

L’apprentissage de la vie est passé, pour bon nombre d’entre nous, par le passage obligé sous les drapeaux, volontairement ou non.

Cela pourrait résumer un bilan éducatif validant l’entrée dans la vie active. Une sorte d’évaluation de la sociabilité de chacun, mais ne laissant qu’une mince chance à ceux qui n’ont pas reçu les bons repères qui font de nous de bons citoyens.

Respecter ses supérieurs comme ses camarades, ne faisait pour moi l’objet d’aucun effort particulier.