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couverture du livre Les manuscrits écrit par Troissant Jean-Pascal

Troissant Jean-Pascal

Les manuscrits

21.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

402 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-262-8

Présentation de Les manuscrits


Cinq ans de paix depuis la disparition de Rolande emportant avec elle le Torque Noir dans les flots de la mer d'Iroise. Mais le sort semble s’attacher à Tristan de Braspart en lui rapportant la hache d’argent.

L’arrivée de cet artefact n’est que la première pièce d’un échiquier sur lequel joueurs et conspirateurs vont s’affronter sous le regard malveillant de l’ombre qui hante toujours les rivages de Crozon. Pourtant, cette deuxième histoire de la Tapisserie aux loups ne semble tenir qu’à quelques vieux manuscrits de l’époque de la ville d’Ys…


Extrait du livre écrit par Troissant Jean-Pascal


Octobre 1515, Crozon.

Un bref éclat de lune éclaira soudain les ruines de l’ancien donjon de la ville de Crozon. L’homme, qui scrutait les environs avec la patience des gens de son métier, en profita pour examiner chaque recoin de pierres. Il avait préparé depuis des mois cette expédition nocturne et se méfiait des imprévus. Le clair de lune dura le temps nécessaire à une inspection complète des environs, puis les nuages l’obscurcirent de nouveau. Vérifiant l’état du ciel obscurci, il se rassura sur la durée des ténèbres qui venaient de s’installer. L’homme sortit alors lentement des buissons qui le dissimulaient.

Il allait bientôt savoir si ses renseignements s’avéreraient à la hauteur des efforts fournis depuis des mois. Un an auparavant, il avait surpris à l’auberge les vantardises d’un vétéran. Celui-ci prétendait que le donjon d’autrefois abritait encore le trésor d’Uther de Rohan, ainsi que les secrets de son épouse Rolande. Ce couple avait régi la seigneurie de Crozon durant plusieurs années, et Rolande s’était révélée l’instigatrice de complots sur la personne du vicomte de Léon, et de bien d’autres choses. Elle avait péri suite à une bataille entre ses hommes et ceux du Prévôt d’Argol, qui était alors au service du comte de Cornouaille. Cependant, après avoir chuté d’une falaise, Rolande avait disparu, et nul n’avait pu retrouver son corps. Depuis, bien des mystères s’étaient développés autour de l’ancienne châtelaine.

L’homme progressait sans bruit en direction des ruines et atteignit rapidement le fossé à demi comblé. Arrivé en bas des anciennes douves, il commença à déplacer plusieurs pierres qui avaient été entassées par ses soins quelques jours plus tôt.

Voleur de son état, il s’était mis en tête de faire des recherches selon les informations venant du soldat vétéran. Il avait pu récupérer les plans de l’ancienne fortification qui avait été détruite quatre ans plus tôt par une terrible explosion. Après de longues soirées à questionner les habitants de Crozon, il avait acquis la conviction qu’il existait bien quelques richesses à exhumer des décombres.

Ayant dégagé un étroit passage, il s’y engouffra et arriva rapidement à une grille. D’après la forme de la serrure, il choisit une clef parmi celles de son trousseau. Mais, il constata que la grille n’était pas verrouillée, et il la poussa lentement afin d’éviter de trop bruyants grincements. L’homme hésita. Cette grille ouverte le laissait perplexe. Etait-il vraiment le premier à emprunter ce passage depuis quatre ans ?

A l’époque, juste après l’explosion du donjon, un incendie s’était rapidement déclaré et propagé dans toutes les directions. Il avait provoqué l’effondrement de la quasi-totalité des structures de la forteresse, et les habitants de Crozon avaient achevé sa destruction afin de sécuriser les ruines. Depuis ces années, il était courant de voir la villageoise venir se servir parmi les décombres, selon ses besoins en matériau. Il y avait bien eu quelques tentatives de pénétrer dans les ruines, mais toutes s’étaient soldées par un échec devant l’instabilité des anciennes salles voûtées.

Cependant, l’homme ne s’en souciait guère. D’après les plans en sa possession, il existait un autre passage depuis longtemps oublié, et qui permettait d’accéder aux sous-sols. L’endroit même où devait se terrer l’objet de ses recherches. Et ce passage, il l’avait trouvé. Après plusieurs fouilles nocturnes, il avait pu dégager la terre qui cachait l’entrée du tunnel. Après cette découverte, il avait décidé d’attendre, rebouchant sommairement l’entrée afin d’y revenir quand tout serait prêt. La nuit tant attendue était enfin arrivée, et il était revenu avec tout le nécessaire pour une expédition dans les ténèbres. Parfaitement équipé, l’homme pénétra pour la première fois dans le passage souterrain.

A l’intérieur du tunnel, l’air était imprégné d’odeurs de moisissure. Se jugeant assez avancé, le voleur sortit de son sac une petite lanterne, dont les parois de verre protégeaient une chandelle en son centre. D’un geste sûr avec son briquet, il enflamma un morceau d’amadou qui lui permit d’allumer la bougie en cire d’abeille. La lumière lui fit découvrir une voûte de pierre, de laquelle des gouttes d’eau se détachaient à intervalle régulier. Le couloir semblait s’enfoncer loin sous la terre, et seul le léger bruit des gouttes tombant au sol accompagnait ses pas.