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couverture du livre Les racines du souvenir écrit par Barontini Liliane

Barontini Liliane

Les racines du souvenir

20.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

228 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-9542070-0-1

Présentation de Les racines du souvenir


Installée depuis plusieurs années en Isère, Marina, archiviste, décide de passer ses vacances estivales dans la maison où elle a grandi. Celle-ci, située à Niolon, jolie calanque proche de Marseille, vient d'être rénovée. La jeune femme découvre avec joie les transformations réalisées. Du jardin, la vue sur la mer et sur les îles du Frioul, est sublime. Peu à peu, devant ce panorama de carte postale qu'elle avait un peu oublié, les souvenirs prennent vie…

Mais, dans la journée, alors qu'elle range sa bibliothèque, un étrange malaise s'empare d'elle… Très vite, elle attribue ce qui lui arrive à une alerte « extra-sensorielle », un phénomène qu'elle avait déjà éprouvé dans le passé. Mais pourquoi ? Pour quelle raison obscure, cela lui arrive-t-il dans ce lieu qu'elle chérit ? Que signifie-t-il ? Elle déplore que Léo, son compagnon, ne soit pas près d'elle pour la réconforter…

Le lendemain, remise de cet incident, elle entreprend de renouer avec ses bonnes habitudes et s'en va rejoindre, non loin du petit port, sa crique préférée… Somnolente, après un bain dans une délicieuse eau émeraude, elle ne s'aperçoit pas que ses palmes sont sur le point d'être emportées par les flots… C'est un inconnu qui suivait le sentier des douaniers qui lui en fait la remarque… Une rencontre anodine aux conséquences bien surprenantes et qui va complètement bouleverser ses vacances…

Une histoire où se mêlent le surnaturel et le mystère dans un cadre magnifique aux couleurs provençales.


Extrait du livre écrit par Barontini Liliane


L'homme sortit ses puissantes jumelles et se dissimula à l'ombre d'un énorme rocher. Le terrain en pente l'obligeait à des prouesses d'équilibre. Sa position n'était vraiment pas très confortable. Ce n'était plus de son âge, ce genre de mission. Mais son métier, c'était sa passion. Impossible de décrocher des « affaires », malgré la perspective d'une retraite paisible dans son Lubéron natal. De l'autre côté du vallon, la maison basse qu'il visait paraissait déserte. Les persiennes bleu-lavande à la peinture écaillée étaient fermées. Cependant le portail grand-ouvert suggérait que le propriétaire des lieux n'allait pas tarder à se manifester. Soudain, le ronflement d'un moteur confirma cette hypothèse. Presque aussitôt, une voiture 4x4 aux vitres fumées presque noires franchit le porche, avança à faible allure dans l'allée bordée de lauriers roses et s'arrêta devant la porte d'entrée. Une jeune femme aux cheveux blonds très courts et à la silhouette gracile sortit prestement de la voiture. Un

homme aussi blond qu'elle, à peine plus grand vint à sa rencontre. En cette fin d'après-midi, la chaleur accablait le détective. Jamais un mois de juillet n'avait été aussi chaud. Il tombait du feu. Record de température depuis la canicule de 2005. La sueur ruisselait entre ses omoplates traçant un sillon disgracieux sur sa chemise bleu-clair. Au bout d'une heure, le couple ressortit de la maison et repartit.

Dernier jour de sa mission. Il en savait assez. Il adresserait comme prévu son rapport à la poste restante de Calas.

L'individu qui lui avait commandé cette enquête, portait le costume avec désinvolture et dissimulait ses yeux sous des lunettes noires. Il avait débarqué un jour dans son bureau de l'avenue de la Corse, presque à la fermeture. Le détective, habitué à « évaluer » sa clientèle, lui trouva l'air hautain de celui qui se considère supérieur aux autres. Avare de paroles, il lui avait montré la photographie d'un couple et avait lâché laconiquement :

- Ma femme et son amant… je veux connaître son nom et l'endroit où ils se retrouvent…

- J'ai besoin de votre adresse…

L'homme, qui n'avait pas ôté ses lunettes, griffonna son adresse au dos du cliché.

Les muscles de ses mâchoires saillirent. Visiblement, il contrôlait le moindre geste, le moindre mot.

- Je vous donnerai d'autres instructions par téléphone.

Voix glaciale, tranchante…

Le détective eut froid dans le dos. Pourtant au cours de sa carrière, il avait côtoyé pas mal d'individus
dont certains plutôt bizarres, mais rarement, il avait eu affaire à ce type de client. En principe, les maris trompés se montraient désemparés, souvent anéantis par la douleur… « Je ne voudrais pas être à la place de l'amant lorsqu'il connaîtra son identité ».

Mais ce n'était pas son problème, seulement son boulot.

Après plusieurs heures de route, c'est en fin d'après-midi que Marina atteignit le dernier carrefour avant sa destination finale. Elle tourna à gauche en direction de Niolon. Radieuse d'être enfin sur le point de poser sa valise, elle laissa échapper un soupir de satisfaction et emplit ses narines du parfum des collines. L'air chaud de juillet l'enveloppait comme une caresse. Elle entrait en été comme on entre en religion. Fini le temps maussade des Alpes qui avait réussi à déteindre sur son humeur. Dans quelques minutes, elle serait chez elle, dans ce coin de Provence où elle avait grandi. Les premières barres rocheuses, dominatrices, surgirent en bordure de la route.

Un des derniers coins protégés de la côte bleue. Sauvage à souhait. Dans les années 80, un projet de construction sur le plateau juste à la sortie du village avait tellement révolté la population qu'il fut abandonné et enterré. Après une courte ligne droite, elle amorça le premier virage et la « fameuse » descente à 12 % en ralentissant comme le panneau de signalisation le conseillait. Elle pénétra alors dans un univers minéral et chaotique d'une pure beauté, patiné par des millénaires. Partout autour d'elle, le calcaire d'une blancheur éblouissante commençait à bleuir par les ombres du jour finissant. Des empilements de rochers en équilibre aux formes curieuses éveillaient l'imaginaire et sculptaient le paysage. La route large et sinueuse se faufilait vers la mer. La jeune femme en connaissait le tracé par cœur : Pins, oliviers, éboulis, roses trémières se partageaient les bas-côtés. Depuis le temps qu'elle empruntait cette route, elle avait mémorisé chaque virage.

Et pour aller plus vite au terme de son voyage, elle savait éviter les pièges pour ne pas perdre le contrôle de sa voiture. Mais nul désir de vitesse aujourd'hui, bien au contraire. Elle roula lentement pour s'imprégner du décor familier tout en gardant un œil sur la route. Bientôt, surgiraient au loin le bleu vif de la Méditerranée et l'agglomération marseillaise. Impossible de résister à une telle vue. Plus d'une fois, elle avait failli s'arrêter à côté des falaises lisses qui servaient de mur d'escalade pour photographier ce paysage unique ; mais stationner à cet endroit s'avérait impossible sans se mettre en danger. Les adeptes de la conduite sportive s'en donnaient à cœur joie dans ces lacets et les crissements des pneus troublaient souvent le chant des cigales. Les jours précédant son départ, Marina avait éprouvé une grande lassitude à cause de sa routine quotidienne, si toutefois on pouvait appeler « routine » la vie bien remplie qu'elle menait entre son travail aux archives, ses activités minéralogiques et Léo…