Groupe CCEE L'autoédition au service de votre talent 0 Contact 04 42 36 94 06
serviceclient@autres-talents.fr
Lundi au vendredi : 9 H / 12 H - 14 H / 19 H
Vous êtes ici : > > > Personne ne doit savoir
couverture du livre Personne ne doit savoir écrit par Rolande Bucci

Rolande Bucci

Personne ne doit savoir

25.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

390 pages
A5 : 14.5 x 20.5 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-047-1

Présentation de Rolande Bucci


Je suis née 1949 à Grigny dans le Rhône. Mariée trois enfants et grand-mère de trois petits enfants. Je me suis prise de passion pour l'écriture en 2001 et grâce à l'informatique, j'ai écris plusieurs livres, je suis passé par un éditeur.

Je regrette de ne pas avoir connu Autres talents car les maisons d'éditions sont bien pour ceux qui sont très connus. Ce qui ne veut pas dire qu’Autres talents n’aura pas un jour un best-seller dans sa vitrine.

Présentation de Personne ne doit savoir


Rosa vit avec sa mère dans une vieille roulotte au milieu des siens. Depuis sa plus tendre enfance elle n'a subi que méchanceté et calomnie de la part des gens de sa communauté. Traité de fille de blanche elle s'en est toujours moquée, pour elle la seule chose qui compte c'est Régina qui n'a que quelques mois de plus qu'elle, et qui est sa meilleure amie.

Quelques jours avant le quinzième anniversaire de Rosa Régina à son tour devient comme les autres, méchante et agressive envers elle. La traitant à son tour de bâtarde et de fille d'ennemi elle refuse de rester son amie. Rosa ne comprend pas ce qui lui arrive, triste et très en colère elle va voir Lia une vieille diseuse de carte. Celle-ci va lui révéler que cela vient sûrement du fait qu'Angelo le fils du roi des gitans va devoir choisir entre elle et Régina sa future épouse.

Rosa est rassurée elle veut aller dire à sa copine qu'elle ne veut pas se marier. Néanmoins Lia lui annonce qu'elle ne pourra pas refuser ce mariage et qu'elle est certaine que c'est elle qu'il va choisir. Rosa est de plus en plus en colère, elle va trouver sa mère et en profite pour lui demander pourquoi elle ne leur ressemble pas et qui est son véritable père...


Extrait du livre écrit par Rolande Bucci


Si je n'étais pas née dans un camp de nomades ma vie aurait été différente. Je suis certaine que ma mère et moi aurions été bien plus heureuses.

Les deux seules choses qui arrivaient à me rendre heureuse, étaient les grands repas qu’organisaient    les gens de la communauté. Hélas, il n’y en avait que deux seulement dans l’année, et c’était à l’occasion des anniversaires de Pablo, le roi de cette tribu, et de son fils unique Angelo. A chacun de leur anniversaire une grande fête était organisée. Tous les gens du clan se mettaient en quatre pour leur arranger la plus belle des fêtes en leur honneur. Rien n’étant trop beau pour eux, il fallait que la fête suivante soit encore plus exceptionnelle que les autres . Pour cela, tous les gens de la tribu étaient conviés au repas et à chaque fois, ils devaient participer et apporter leur obole. Ce qui pour certaines femmes étaient de faire le pain, pour d’autres de préparer les légumes ou bien la viande. Les hommes s'occupaient de préparer le feu, les tables, de décorer les roulottes ainsi que de tirer le vin. Les tâches étaient dispersées suivant le talent de chacun. Ma mère, quant à elle, toutes les fois était la préposée aux gâteaux car elle seule, était capable de confectionner le meilleur et le plus beau des gâteaux. Néanmoins à chaque fois, cette fête la rendait malade, elle faisait tout pour ne pas y participer. Après le repas, et dès qu’elle avait terminé le travail qui lui était attribué, elle me prenait par la main et me ramenait dans notre roulotte.

Depuis deux ans seulement, ma mère a accepté de me laisser participer à la bamboula qui se déroule après le repas. Mais à chaque fois, je ressens cette impression que cela ne lui plaît pas du tout, je la sens angoissée et très inquiète, néanmoins je n'arrive pas à comprendre pourquoi. Cependant il faut bien dire que ma mère et moi, nous ne sommes pas trop appréciées dans cette communauté. Je ne sais pas pourquoi, peut-être est-ce le fait que je ne leur ressemble pas, et je ne me sens pas vraiment à ma place parmi eux qui me considèrent comme une étrangère. Les jeunes, comme les vieux, me traitent tous de la même façon. Lorsqu’ils parlent de moi, ils disent toujours « La fille de la blanche » depuis toutes ces années j'ai fini par m'y habituer. Malgré tout, je vois bien que je suis très différente d’eux, peut-être est-ce pour cela.

Ils sont tous très basanés, leurs cheveux ont la couleur de l’ébène et leurs yeux sont très foncés. Quant à moi, je ressemblerais plutôt à une Suédoise : avec ma peau très pâle, mes yeux bleus, et mes cheveux blonds comme les blés.

Lorsque j’étais petite, ma mère me coupait les cheveux très courts, et afin de les rendre plus foncés elle passait dessus une mixture faite avec diverses plantes. Malgré cela, le seul résultat était de les rendre roux. J'étais encore plus la risée de tous. Pourtant, j’avais toujours vécu avec eux, et n’avais pas la souvenance d’avoir vécu ailleurs, que dans cette vieille roulotte tirée par Bobo, le vieux cheval de Josué.

IL est vrai que ma mère ne semblait pas non plus être très appréciée par les femmes de cette
communauté. Lorsqu’elle allait laver son linge au lavoir, elle se mettait toujours en retrait et ne parlait guère avec elles. Quant à ces femmes, elles ne faisaient rien non plus pour accoster ma mère. Je pensais même qu‘elles l‘ignoraient complètement.

En ce qui concernait les hommes du camp, c’était différent, souvent ils venaient frapper à la
porte de notre roulotte et criaient « c’est pour une causette » et, à chaque fois, ma mère m’envoyait chez ma tante Lia une vieille diseuse d’aventures. Tante Lia est une brave femme, et bien la seule à avoir pour moi un peu de compassion, elle ne me parlait pas beaucoup, mais je ressentais un peu de chaleur auprès d’elle. Je ne savais pas si elle m’appréciait ou si elle avait pour moi de l'apitoiement. Je restais tranquillement assise sur un petit tabouret et la regardais manipuler ses cartes. Elle ne m’adressait pas souvent la parole, mais, de temps en temps levait la tête, et jetait sur moi un regard. Sous sa chevelure ébouriffée, j’apercevais ses petits yeux noirs de fouine qui me surveillaient, elle me faisait parfois, de sa bouche édentée, un semblant de sourire qui ressemblait plutôt à une grimace. Je restais là sans rien dire jusqu’à ce que ma mère revienne me chercher.

Il m’a fallu pas mal d’années avant que je ne comprenne que tous ces hommes qui venaient
voir ma mère, ne venaient pas pour faire la causette, mais pour prendre du plaisir.