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couverture du livre Projet Cora écrit par Blum Christian

Blum Christian

Projet Cora

20.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

410 pages
A5 : 14.5 x 20.5 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-058-7

Présentation de Blum Christian


Né en 1965, électricien de profession, rien ne me prédestinait vraiment à l'art de l'écriture. Jusqu'à il y a une dizaine d'années, lorsqu'un de mes amis me posa une simple question : si l'homme, espèce dominante de la Terre, est au seuil de son extinction, qui pourra alors le sauver ?

Cette énigme fit germer lentement dans mon esprit cette idée de livre, qui ne me quitta plus jusqu'à ce qu'un jour, je me décide à prendre mon stylo pour l'écrire. Le premier roman d'une longue série, peut-être ?

Présentation de Projet Cora


Qui n’a jamais rêvé de créer un monde idéal, où les mots guerre, violence, famine, tyrannie, disparaîtraient à jamais ? Qui n’a jamais songé au monde parfait ? Utopie de contes de fées ou vaine illusion, c’est pourtant de cette idée naïve, germée dans l’esprit d’un homme détruit par la guerre, que naîtra la plus puissante organisation de l’histoire, que le monde connaîtra sous le nom de « IMF ».

De sa création à son achèvement, de la quête obsessionnelle de Tom Starck, son créateur, de sa descendance et des générations qui se succèdent, nous suivons leur influence sur ce monde, leurs interventions dans les événements importants de la planète, la lutte qu’ils mèneront face à des ennemis insoupçonnés, jusqu’au but ultime : régner sur la Terre.

Car le jour du jugement dernier est proche. Mais lorsque viendra le moment de choisir le chemin que prendra l’humanité, une question se posera : qui sauvera réellement le monde ?


Extrait du livre écrit par Blum Christian


Il me semble que mon existence n’a réellement commencé qu’en cette rude matinée d’hiver 1938, sur le port du Havre. J’étais si jeune alors, si fougueux, si insolent face à l’avenir. Je n’ai rien oublié de cette époque. Je me revois sur le pont de cet immense paquebot, je ressens encore le froid intense sur ma joue, le vacarme assourdissant de la foule. Des centaines, non, des milliers de personnes s’agglutinaient dans le chaos le plus total. Marchands, notables, ouvriers, riches et pauvres, tous se mêlaient pour faire leurs adieux à leurs proches restés à quai, les yeux trahissant l’excitation, l’espoir d’une autre vie ou la peur de ce qu’ils allaient trouver à destination. Je cherchais à deviner, à travers ces regards, l’histoire de tous ces gens. Le nombre impressionnant de bagages témoignait que ce voyage était sans doute un aller simple pour beaucoup d’entre eux. Comme pour moi.

Je sursautai au son de la sirène du bateau, qui annonçait notre départ imminent. Je parvins tant bien que mal à atteindre le haut du pont et scrutai la foule dans l’espoir de trouver mes parents. La brume du matin ne s’était pas encore tout à fait dissipée et il était très difficile de distinguer un visage parmi ces milliers de gens agités. Je réussis enfin à apercevoir ma mère qui me faisait de grands signes pour attirer mon attention. Elle tenait par la main ma petite sœur Zsuzsanna, qui s’était coiffée pour l’occasion avec l’un des chapeaux de ma mère qui lui couvrait presque tout le visage. Elle sautillait pour me dire au revoir. Je levai la main à mon tour en affichant une mine sereine et un large sourire, tandis que mon estomac me rappelait mon angoisse croissante. Maman ne pleurait pas, mais jamais je n’oublierai ses yeux d’un noir si intense, si tristes et trop grands.

Des sensations aussi étranges que contradictoires m’envahirent, un mélange d’excitation et de malaise grandissant, le désir d’être là et l’irrésistible tentation de m’enfuir pour rejoindre ma famille. Et cette petite voix tenace qui s’insinuait dans ma tête :

Et si je ne partais pas ? Et si je descendais de ce bateau, là, maintenant ? Il est encore temps !
Même si mon cœur me poussait à courir loin de cet endroit, mon corps refusait de bouger. Les paroles de mon père résonnaient encore dans ma tête.

« Nous t’avons donné une éducation, des principes, une religion. A toi aujourd’hui de construire ton avenir. La vie est devant toi, mon fils. Ne regarde jamais en arrière. Rien ni personne ne doit t’empêcher d’accomplir tes rêves. Jamais. »

Le sens de ses paroles m’avait échappé à ce moment-là. Ce qu’on peut être idiot à vingt ans !
7 h 30 : la sirène retentit une seconde fois, comme un appel de dernière chance de pouvoir encore changer d’avis. Mon cœur s’accéléra dans ma poitrine lorsque la passerelle se releva lentement. Puis le bateau s’ébranla sous le vrombissement grave des moteurs qui s’enclenchaient, en laissant sur le quai les derniers retardataires désabusés.

Le bateau s’éloigna lentement du port. Les visages sur le quai se firent de plus en plus petits, de plus en plus flous. Je demeurai un long moment sur le pont à regarder mes parents disparaître au loin. Le silence s’installa peu à peu, les passagers désertant les lieux pour rejoindre leur cabine. Le sort en était jeté. Je partais, je partais vraiment.

Heureusement, dans ce voyage au nombre infini d’inconnues, je n’étais pas seul. Jacques, mon ami d’enfance, m’accompagnait dans cette drôle d’aventure. Lui aussi était resté silencieux, le regard tourné vers cette terre natale que nous quittions. Le livre de notre enfance se fermait à jamais. La vie était devant nous, mais pas seulement la vie. Nous voulions la réussite. Oui, réussir pour ceux que je laissais derrière moi et qui confiaient leurs espoirs entre nos mains.

Je m’appelle Tomasz Straschky, français né de parents hongrois. Je n’ai rien de plus ni de moins que n’importe quel jeune homme de ma génération, à une exception près : je suis Juif. Et en 1938, il n’est pas bon être Juif.

Fuyant la révolution de Budapest en 1918, mes parents vinrent s'installer dans le sud de la France, dans un petit village à quelques kilomètres de Marseille, un petit paradis qui ne comptait guère plus d’une centaine d’habitants. Malgré leurs origines, ils surent se faire une place parmi des villageois plutôt conservateurs et peu enclins à accepter des étrangers. Leurs petites économies en poche, mon père ouvrit une modeste épicerie sur la place de l’église. Son commerce tangua quelques mois entre méfiance et suspicion, mais Papa détenait un esprit commerçant inné. Mégères et mauvaises langues cessèrent rapidement de cracher leur venin en échange de quelques crédits avantageux !

Ma mère vivait à contre-courant des jeunes filles hongroises de sa génération, que le destin limitait au rôle d’épouse et de mère. Ambitieuse, elle poursuivit des études secondaires, défiant les codes de conduite de son époque, encaissant les humiliations familiales et les coups bas de ses camarades masculins à l’université. Elle décrocha haut la main son brevet d’infirmière. Elle envisageait même de poursuivre en médecine, avant que les événements politiques ne vinssent bousculer ses projets.
Bien à l’abri dans ce cocon familial, mon enfance s’écoula paisiblement, loin des turbulences de l’époque. Pourtant, à l’adolescence, les choses changèrent. Je délaissai peu à peu mes jeux d’enfant, passant mes journées à rêvasser sur un banc, aspirant à découvrir le monde, à voir au-delà de ce continent, à sortir enfin des frontières de la Provence. Au fil des années, cette idée ne me quitta plus. J’étouffais dans ce village trop étroit. Jacques, mon confident de toujours, partageait aussi cette soif d’aventure. Nous nous imaginions chercheurs d’or aux quatre coins de la planète, chasseurs de primes dans le Far West ou éleveurs de chevaux dans le Texas.

Puis s’ensuivirent des discussions passionnées avec mes parents sur mon avenir. Mon père prit alors conscience de cette fièvre intérieure qui s’imposait en moi au fur et à mesure que je grandissais. Loin de me dissuader et persuadé au fond de lui qu’un grand avenir m’attendait, il m’encouragea à étudier, me poussa hors de mes limites, parfois même au-delà du supportable. Dès la fin de nos études, nous décidâmes, Jacques et moi, de tenter notre chance sur le continent américain. Avec nos diplômes en poche, moi en dessin industriel et lui en mécanique générale, nous quittâmes la France au petit matin de février 1938, pour un état du sud-est des EtatsUnis, que l’on appelait Floride.

L’Amérique… Ce vaste pays que je ne connaissais que par les articles de presse et les livres dévorés à la bibliothèque, ne m’avait jamais semblé aussi proche qu’aujourd’hui. Juste cet océan à traverser et il était là, de l’autre côté. Je m’étais imprégné de ses coutumes, de son histoire, apprenant par cœur le nom des Etats et des principales villes, tout cela avant même d’avoir la certitude que ce voyage fût possible. Mais au fond de moi, j’en avais la conviction. Mon destin, ma vie, n’étaient pas en France. Je voyais grand et seule l’Amérique était à la hauteur de mes ambitions. Mes parents soutenaient ce projet avec un enthousiasme que je prenais pour de la fierté. Le jour du départ, ils n’hésitèrent pas à traverser la France entière en train, juste pour m’accompagner jusqu’à l’embarcadère du Havre. Je ne me doutais pas un seul instant des véritables raisons de leur empressement à me voir partir. Ils savaient déjà…