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couverture du livre Tu n'es pas obligée de rester à l'ombre écrit par Taieb Jean-Claude

Taieb Jean-Claude

Tu n'es pas obligée de rester à l'ombre

25.10 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

308 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-126-3

Présentation de Taieb Jean-Claude


Ancien directeur d’hôpital, fraîchement retraité, Jean-Claude TAIEB est consultant dans les secteurs sanitaires, social et médico-social.

Les divers scandales sanitaires se suivent, et pour leurs victimes, se ressemblent. Mais comment imaginer les conséquences, les vies brisées ?

Présentation de Tu n'es pas obligée de rester à l'ombre


Ce roman, met en lumière les carences du système de santé, avec une mise en exergues de l'affaire des surriradiés, trame de fond de ce roman. C’est égalementi l’histoire de la poursuite d’un amour brisé par le cancer et la surirradiation, mais immortel.


Extrait du livre écrit par Taieb Jean-Claude


SURIRRADIATIONS

L’hospitalier que je suis se sent coupable, sali. Je pense aux souffrances qu’elle a endurées. Je m’en veux de ne pas les avoir partagées, de l’avoir oubliée, ou seulement de l’avoir cru. Les souvenirs de notre histoire ne me quitteront plus. Ils défileront dans mes pensées comme une bande sans fin qui tournerait au ralenti. Ils s’enrichiront entre deux clichés d’événements profondément enfouis que j’avais oubliés. Ils font mal. Jamais morte n’aura été si vivante. Mais jamais vivante n’aura été si absente, obsédante,frustrante. Je veux la toucher, la palper, la caresser. Tous mes sens font appel à ma mémoire. Je la sens, je l’entends, je la vois… Mais ma main ne caresse que du vide.

« Le vide, on le trouve entre des atomes. Ma main est dans ce vide, donc entre deux particules. Quand je la bouge, je fais accélérer des particules, je suis donc moi aussi un accélérateur de particules. Nous sommes tous des déclencheurs de réactions nucléaires. Nous sommes tous coupables ! »

Des médecins seront les premiers à être mis en examen et renvoyés en correctionnelle suite à la plainte de sa fille, Judith, vingt-cinq ans. L’enquête sera longue, car on soupçonne une catastrophe sanitaire majeure dont Lili aura été la révélatrice. Après elle, d’autres cas seront divulgués, dans son hôpital puis dans des hôpitaux de province. La presse mettra en cause le plan cancer, trop hâtivement et imprudemment mis en oeuvre, et fixera les responsabilités au plus haut sommet de l’État. On évoquera une nouvelle affaire du « sang contaminé ». Il faudra à tout prix protéger son initiateur à quelques mois d’élections majeures. Le journaliste écrira que des têtes tomberont, mais « seront-ce les bonnes », s'interrogera-t-il, sarcastique ? Il aura raison. Ils s’acharneront d’abord sur la directrice. On trouvera toujours des hommes de main pour faire le sale boulot.

« La mort de ma mère n'était pas irrémédiable. Ses médecins la considéraient comme guérie avec de faibles risques de rechute. Elle songeait à reprendre son emploi et se préparait à mener une vie normale. Son premier combat avait duré onze ans. L'âge qui était le mien à l'époque. Elle avait un moral d'acier. Elle se faisait belle, allait chez le coiffeur, chez l'esthéticienne. Elle s'habillait avec élégance. Elle me disait qu'elle allait me présenter quelqu'un, une personne très importante pour elle, qu'elle allait refaire sa vie. Cette période euphorique a duré près de trois ans.

Les effets péjoratifs de la radiothérapie, qui lui a été prescrite en complément, et par précaution, de la chimiothérapie, se sont révélés bien après la fin de la cure. Ils ont commencé par des douleurs abdominales et des brûlures dans le bas du ventre, des crises hémorroïdaires, une inflammation de la vessie. C'était, lui avait-on dit, normal, des effets secondaires, les conséquences du traitement et, que bientôt, la nature reprendrait ses droits.

On lui prescrivit une pommade apaisante. Elle ne pouvait aller à la selle sans saigner et le fait d'uriner la brûlait atrocement. Plus tard, des complications se manifesteront, les saignements se transformeront en hémorragies.

Affaiblie, son système immunitaire défaillant, les métastases ont refait leur apparition. Elle a été réopérée. Puis à nouveau irradiée, avec le même appareil. Elle reprendra son combat, sans le moral et la détermination du précédent. Il durera quand même quatorze ans, dans un autre hôpital et avec une autre équipe soignante. »