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couverture du livre Au-delà de ma vallée écrit par Wiebe Abram

Wiebe Abram

Au-delà de ma vallée

20.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

250 pages
A5 : 14.5 x 20.5 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Savoir
Numéro ISBN : 978-2-35682-036-5

Présentation de Wiebe Abram


Né en 1936, Abram Wiebe est le fils d'émigrés russes venus s'établir en Colombie Britannique (Canada). Sa vie est marquée par son appartenance aux Frères mennonites, une communauté de croyants attachée à l'enseignement de la Bible. A 20 ans, il vécut une expérience spirituelle et il décida de consacrer sa vie à Dieu.

Il entreprit des études qui l'amenèrent à quitter sa vallée natale. Appelé à partir en Mission en Afrique du Nord, il débarqua à Casablanca en 1962 pour étudier l'arabe et le français, et pour commencer son ministère.

Puis ce fut Oran en Algérie, avec des responsabilités accrues au sein de la MENA (Ministère Evangélique parmi les Nations Arabophones). Il arriva à Aix-en-Provence comme directeur général de la Mission pour 4 mandats successifs. Après un congé à Toronto pour poursuivre des études en Islamologie, il revint en France avec Joyce pour terminer leur ministère parmi la population arabe de la région parisienne. En 1999, retour définitif au Canada pour entamer une retraite active après un ministère riche et bien rempli.

Présentation de Au-delà de ma vallée


Ce livre est une autobiographie de l'auteur, missionnaire parmi les nations arabophones. Il commence par se présenter, jeune homme dur à la tâche dans sa ferme natale, ce qui a façonné sa personnalité. Puis il nous fait vivre à sa suite les événements marquants de sa vie, souvent avec humour.

Nous voyons avec ses yeux des personnes qu'il a côtoyées au cours de ses ministères successifs en Afrique du Nord, en France et dans les pays où le conduisaient ses nombreux voyages. Mais il nous fait aussi part de ses réflexions pertinentes au sujet du défi que représente l'Islam dans notre société et dans le monde. Ce livre reflète la passion de l'auteur pour son service parmi ses semblables.

C'est le témoignage d'un homme qui a accompli sa vocation et qui y a trouvé son épanouissement. Il nous communique l'espérance qui l'anime, même dans les difficultés et les déceptions de la vie.


Extrait du livre écrit par Wiebe Abram


Depuis toujours, les gens ont eu l’habitude de s’installer dans les vallées. Tout simplement parce que les sols étaient plus fertiles dans les basses terres, et ceci d’autant plus si un cours d’eau se frayait un chemin au fond de la vallée. Certes, une vallée n’était pas l’endroit le plus abrité des vents, mais elle jouissait d’autres avantages. Si la rivière était de quelque importance, elle attirait du monde, puisqu’elle pouvait servir au transport fluvial et qu’elle offrait de la nourriture grâce à ses poissons. En d’autres temps et lieux, les réserves d’eau en amont des barrages ont présenté un grand intérêt économique pour l’irrigation. Plus tard, l’eau a alimenté des moulins pour les besoins de diverses entreprises. Par ailleurs, la contemplation d’une vaste vallée pouvait vous couper le souffle par sa beauté en toute saison de l’année, avec son horizon qui n’en finissait pas, par-delà ses pentes douces et ses forêts.

Happy Valley (la Vallée heureuse), où j’ai grandi en Colombie Britannique du Sud, faisait partie de ce qu’on appelle communément la Fraser Valley, ou Lower Mainland, dans la province de l’extrême Ouest Canadien. Quel que soit le jour, je pouvais escalader la grande colline (que nous considérions comme une montagne) qui s’élevait à l’est de notre ferme, et parcourir des yeux le paysage qui se déroulait autour d’elle. En même temps, je pouvais embrasser du regard les plaines de Matsqui et de Sumas qui s’étendaient du nord au sud. C’était cela, notre vallée. Et comme si ce n’était pas suffisant, les pics enneigés du Mont Baker vers le sud et la Chaîne Garibaldi vers le nord nous considéraient du haut de leurs cimes majestueuses comme si elles prononçaient leur bénédiction sur la création de Dieu à leur pied.

C’est donc là que nous avons travaillé, étudié et rêvé du monde qui s’étendait de l’autre côté. Jamais je n’avais réellement imaginé combien le monde, là-bas, était vaste, bien que la radio, les journaux ou les livres nous en aient donné une petite idée. Nous avions cependant nos petits bonheurs à nous, comme de vagabonder dans les bois, d’entrevoir un cerf ou une chouette (événement rare), de nous régaler de noisettes sauvages (celles qui, au goût sucré, poussent à flanc de colline), de secouer les pommiers de délicieuses Gravenstein à la fin de l’été, ou encore d’écouter une pièce à suspense à la radio, sur mon lit au sous-sol.
A 19 ans, je n’avais toujours pas parcouru plus que les 50 petits miles qui séparaient ma maison de Vancouver, la grande ville sur la côte du Pacifique. Même ces quelques rares déplacements étaient de courte durée et n’avaient lieu qu’à la faveur d’une sortie de l’Ecole du dimanche ou par le biais d’une visite à ma sœur aînée dont le mari travaillait en ville.

Racines Mennonites

Notre vie de famille, dans ses moindres aspects, était marquée par une réalité fondamentale : nous étions des Mennonites. Des Anabaptistes. En tant que groupe ethnique, les Mennonites tirent leur origine de Menno Simmons, le réformateur hollandais, fer de lance d’un mouvement qui s’était séparé de l’Eglise Catholique. Il a inculqué à ses disciples une obéissance stricte aux enseignements de Jésus. Dans l’ensemble, les Mennonites s’attachent à une vie de disciples consacrée, au baptême des croyants, à l’exercice sans réserve de la paix pour laquelle ils montent au créneau à tous les niveaux. Souvent, ils participent aux efforts d’assistance aux plus démunis et aux victimes de catastrophes. Les Mennonites refusent de porter les armes. En plus de ces particularités, ils ont une autre caractéristique, à savoir la séparation d’avec le monde. Ils fréquentent les services religieux qui ont lieu de façon régulière et soutenue. La Bible est l’autorité suprême qui dirige leur vie sous tous ses angles.

Le propos de ce livre n’est pas de parler de la longue histoire des Mennonites. Disons simplement que notre famille faisait partie intégrante d’un mouvement de renouveau, apparu en Russie en 1859, et appelé Les Frères Mennonites. Venus d’Ukraine, mes parents avaient émigré au Canada en 1927, à la recherche d’une nouvelle vie. La Révolution Bolchevique avait transformé leur existence, en Ukraine du sud, en un cauchemar vivant. Sans cesse revenaient les mêmes histoires à propos de ce qu’ils avaient vu ou vécu à la chute de la Russie tsariste. L’avènement du régime de Staline ne semblait pas devoir améliorer la situation pour une communauté religieuse comme celle des Mennonites. Le communisme suivait l’enseignement de Marx qui voyait en la religion l’opium du peuple.

L’opinion de ma mère reflétait la pensée générale. Dans sa façon de voir, les Anglais venaient en premier, ensuite les Mennonites ; mais que chacun reste à sa place ! Comme nous appartenions à une communauté d’immigrants, l’Eglise faisait aussi office de centre social pour la pratique de différentes activités. Moi aussi, je fréquentais l’église ; par elle et par l’Ecole du dimanche, je me suis fait quelques connaissances. Mais rien de bien profond, parce que nous habitions à six miles de notre église et que nous ne nous voyions qu’à la fin de chaque semaine.

Garçon de ferme.

Je suis né à Agassiz, en Colombie Britannique, en 1936. Je suis le septième d’une famille de dix enfants. Je me sentais parfois perdu dans le tas, loin derrière les aînés.

Il est un souvenir d’enfance, resté profondément ancré dans ma mémoire. Nous devions avoir déménagé depuis peu dans notre ferme à Abbotsford. Disséminés tout autour de la propriété, poussaient un certain nombre d’arbres fruitiers : pommiers, cerisiers, poiriers, pruniers. Il y avait un prunier particulier qui donnait des prunes juteuses tôt en été. Celles-ci jonchaient le sol et n’attendaient que d’être ramassées. J’avais quatre ou cinq ans, ce jour-là, lorsqu’en parcourant le verger, je posai mon pied en plein milieu d’un nid de frelons que je n’avais pas remarqué. Les insectes en colère m’enveloppèrent d’un tourbillon bourdonnant. Je n’avais aucune idée de leur nombre, mais je me précipitai tête la première le long de la petite pente et fonçai vers la maison. Aussitôt, ma mère me jeta dans une bassine d’eau, noyant le plus gros de la troupe. J’ai dû dormir plusieurs heures d’affilée suite à ce choc. Depuis ce jour, ma relation avec le monde des abeilles se résume à : vivre et laisser vivre !