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couverture du livre LE PRINCE DE CE MONDE suivi par Le Péché originel écrit par Auguste Siouville

Auguste Siouville LE PRINCE DE CE MONDE suivi par Le Péché originel

19.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

220 pages
14 x 21.5 cm
Style litteraire : Autres
Numéro ISBN : 979-10-96954-00-1

Présentation de LE PRINCE DE CE MONDE suivi par Le Péché originel


Lire Le Prince de ce monde et le Péché originel d’Auguste SIOUVILLE, c’est redécouvrir certaines facettes enfouies de l’Adversaire. Ces textes nous font renouer avec certaines doctrines des pères de l’Église, en s’immergeant au cœur des écrits fondateurs et des thèmes fondamentaux (comme le baptême et le péché originel) du christianisme, que l’auteur nous partage à foison. Chercher à mieux appréhender la figure du Diable — ce vers quoi vous mènera un tant soit peu la lecture de ces pages — c’est porter une lumière sur la part d’ombre de chaque chose et de tout un chacun.

Comprendre Lucifer, étymologiquement porteur de lumière, c’est faire un premier pas sur la volonté d’éclaircir ses propres failles et ses propres rugosités. C’est apprendre à s’accepter et à accepter le monde tel qu’il est, pour s’en détacher : l’œuvre au noir de nos confrères alchimistes en somme. La présente édition est composée de 4 écrits : Le Prince de ce monde, Le Péché originel, La Diablerie de Léo Taxil et Le Diable au café.

L’avant-propos et l’introduction sont signés de la main d’Oswald WIRTH. L’ouvrage est augmenté de notes, d’une biographie ainsi que d’une bibliographie reconstituée des ouvrages cités et écrits par Auguste Siouville.


Extrait du livre écrit par Auguste Siouville


LUCIFER

Le moment est peut-être venu de nous demander ce que signifient les divers noms dont on affuble l’esprit du mal. Nous les trouvons presque tous rassemblés dans le passage suivant de l’Apocalypse :

Et fut précipité le grand Dragon, l’antique serpent, qui est appelé Diable et Satan, qui égare le monde entier ; il fut précipité sur la terre, et ses anges avec lui furent précipités. Et j’entendis une grande voix dans le ciel, qui disait : « Maintenant sont arrivés la victoire, la puissance, le règne de notre Dieu et le pouvoir de son Christ, parce qu’a été précipité l’accusateur de nos frères, qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. »(XII, 9-10).

Le grand dragon, l’antique serpent, c’est le serpent de la Genèse, considéré maintenant non plus comme un serpent plus ou moins naturel, mais comme une sorte d’incarnation du Diable.

Cet antique serpent est appelé Diable et Satan — Satan est le seul titre qu’il porte dans l’Ancien Testament ; ce mot, en hébreu, signifie Adversaire, Accusateur.

Dans le passage que nous venons de citer de l’Apocalypse, le Diable est dit « L’accusateur de nos frères, qui les accusait devant Dieu jour et nuit. »

C’est déjà le rôle que lui prête Zacharie : « Iahvé me fit voir Josué, le grand prêtre, debout devant le maleäk d’Iahvé, et à sa gauche le Satan, pour l’accuser » (III, 1).

N’est-ce pas à peu près la fonction du Satan dans le livre de Job ? Aux éloges bien mérités que Dieu fait de son serviteur, il ne répond que par des insinuations malveillantes et engage avec le Très-Haut, sur le degré de constance et de fidélité de Job, une sorte de pari, cause de tous les malheurs qui fondent sur le saint homme.

Diable est l’équivalent grec très exact de l’hébreu Satan ; diabolos signifie celui qui dénigre, un accusateur, surtout un calomniateur. Satan et Diable sont donc parfaitement synonymes.

Inutile de revenir ici sur la distinction des mots Diable et démon, qui a été suffisamment expliquée au début de cette étude. Mais le nom qui a eu la fortune la plus singulière est celui de Lucifer. Il s’applique, non pas à n’importe quel démon, mais seulement au chef suprême des mauvais anges, à celui qui les a entraînés dans sa révolte.

Lucifer est le pendant de Michel : dans le grand combat qui s’est livré dans le ciel à l’origine des choses, il commandait l’armée des anges rebelles, comme Michel celle des anges fidèles.

Lucifer signifie « celui qui apporte la lumière. » On sait que la planète Vénus brille au firmament tantôt le soir, tout de suite après le coucher du soleil, et tantôt le matin, juste avant le lever du jour.

Dans le premier cas, elle était appelée Hesperos en grec, Vesper en latin, c’est-à-dire « l’astre du soir » ; dans le second cas, on l’appelait Phosphoros en grec, Lucifer en latin, ce qui veut dire « l’étoile du matin. »

Or un prophète inconnu, dont l’œuvre a été insérée dans celle d’Isaïe, parlant de la chute de Babylone sous les coups des Mèdes, compare le roi de Babylone détrôné à l’étoile du matin qui aurait été précipitée du ciel en terre, et le raille amèrement de sa déchéance.

Voici le texte :

Ainsi te voilà faible comme nous et devenu notre semblable. Ta hauteur est descendue aux enfers, avec le bruit de tes flûtes. Te voilà étendu sur une couche de vers, et la vermine est ta couverture.

Comment donc es-tu tombé des cieux, ô astre fils de l’aurore ? Comment es-tu jeté par terre, toi qui te¬nais couchées les nations ?

Tu disais en ton cœur : j’escaladerai les cieux ; par-delà les étoiles de Dieu j’élèverai mon trône. Je m’assiérai sur la montagne d’assignation, au fond du nord. Je monterai parmi les hauteurs des nues, je m’égalerai au Très Haut. Et toutefois c’est dans les enfers qu’on t’a descendu, au fond de la fosse… Tu es jeté loin de ton sépulcre comme une branche pourrie, dans la foule des égorgés, transpercés par l’épée. (Isaïe, XIV 10.19)

Comme on le voit, il n’est pas question un seul instant d’un mauvais esprit quelconque. Cet astre, fils de l’aurore (dans le latin de la Vulgate : Lucifer, qui mane oriebaris), n’est autre que le roi de Babylone à l’époque de son éclat et de sa puissance.

C’est ce monarque, maintenant déchu, qui s’écriait alors dans son fol orgueil : « J’escaladerai les cieux et m’égalerai au Très Haut ». Mais, à un moment donné, on trouva ingénieux et commode d’appliquer ce texte au chef des anges rebelles.

C’est même à l’aide de ce passage, détourné de son sens primitif, qu’on a fabriqué de toutes pièces l’explication, qui a cours aujourd’hui, de la chute des anges, non plus par la luxure, mais par l’orgueil.

Lucifer, nous dit-on, était le plus glorieux des esprits célestes : de là son nom de porte-lumière ; mais il conçut le projet insensé de s’égaler à Dieu et Michel le foudroya par ces simples mots : « Qui est semblable à Dieu ? »

 Voilà par quel tour de force d’exégèse la gracieuse étoile du matin, la messagère du jour, a donné son nom de porte-lumière, Lucifer, au prince des ténèbres.

Cette substitution hardie date des temps mêmes du judaïsme : car Jésus, dans l’une des paroles qu’on lui prête, semble déjà y faire allusion : « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair » dit-il en Luc, X, 18.

Nous retrouvons la même allusion dans l’Apocalypse (IX, 1) où le Diable est nette¬ment assimilé à une étoile précipitée du ciel en terre : « Je vis une étoile qui du ciel tombait sur la terre, et lui fut donnée la clef du puits de l’abîme et elle ouvrit le puits de l’abîme. »

Malgré l’évidence de ces allusions, il est remarquable que le nom de Lucifer, appliqué directement au Diable, ne se rencontre pas une seule fois dans l’Ancien Testament, ni même dans le Nouveau.

C’est seulement aux temps chrétiens, et même assez tardivement, que cette appellation devint commune et prit une véritable importance.