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couverture du livre Les sages de la grotte d'Eole écrit par Beaujard Guy

Beaujard Guy

Les sages de la grotte d'Eole

22.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

382 pages
15.8 x 24 cm
sur papier 65 g bouffant ivoire
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-332-8

Présentation de Les sages de la grotte d'Eole


De Guernica, Pablo Picasso dit : « Cette peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensif et défensif contre l’ennemi ».   

Bien humblement, je dis que ce livre n’a pas été écrit pour abreuver les conversations d’un salon de thé.

Entre passion, pouvoir, insurrection, tourments, la peur et la révolte des Contrées d’Eole et des Territoires des Immondices, sont aussi celles de la société où la lutte pour la survie dresse les uns contre les autres, ravage les familles, brise les règles intimes et sociales. Dans ce monde impitoyable, le pouvoir asservissant les Hommes règne sans partage.
Qui doit vivre ?
Qui doit mourir ?

En chaque homme veille un gène de barbarie.   

Ce roman sous forme de conte est somme toute la colère impuissante d’un citoyen normal contre la barbarie des chefs, petits et grands, et autres gouvernants de tout poil et de toutes couleurs, et également envers la nature humaine sulfureuse, souvent terrifiante.

Un jour ou l’autre, tour à tour, spectateur ou acteur, du monde, nous en sommes toujours dans le cadre de nos activités professionnelles et personnelles, la victime meurtrie.

Ce roman est l’actualité dans toute sa sauvagerie de l’humanité. Il est simplement le cours normal des choses.

Dans notre Univers planétaire de grande Vérité, acceptez chère lectrice, cher lecteur, le meilleur de moi-même ou ce qu’il m’en reste.

En toute Laïcité pour le reste des temps.  


Extrait du livre écrit par Beaujard Guy


Le carillon de la collégiale, respiration en apnée, agonisait en crachant sur la ville ses vingt-quatre ronflements de ferraille pour annoncer qu’il était minuit.
A cette heure là, au loin, montait des vallées le grondement d’un convoi qui acheminait, en souffrance, sa lourde cargaison. Personne ne pouvait dire ce qu’il transportait. Il était régulier, passait à heure fixe. L’homme ne s'aventurait jamais de jour dans les rues de la ville. Les rares fois où il s'y était risqué, la pesanteur des regards l'avait écrasé au sol. N'étant doté d'aucun entregent, il s’était senti humilié, meurtri. Il n'avait pas apprécié leurs yeux hostiles braqués sur lui comme les fusils d’un peloton d’exécution.. Un jour, ces gens là, il les mettrait, un à un, la tête sur le billot. Il passerait tout ce bétail hétéroclite dans son abattoir.

………..
Donc, en ville d'Eole, une Jument était entrée au grand galop sur la scène politique. Va encore sur la place Nationale de Jarnac, va aussi sur l’esplanade des deux églises à  Colombey, va encore ….Mais en ville d’Eole, une cité de souffrance, une Jument qui entrait en politique avec fracas ? Un étalon eut été, tout bien pensé, acceptable. Mais une Jument et de surcroît, verte de couleur.

………..
En somme Koba demandait aux chômeurs de rester chez eux et de ne plus divaguer sur la voie publique à toute heure du jour et de la nuit pour les soustraire à la haine des jeunes et des vrais travailleurs. Il demandait aux homosexuels de respecter la parité dans leurs couples. Il demandait aux sans papiers de venir justifier de leurs droits avec leur carte d’identité. Il demandait aux SDF de regagner au plus vite leurs domiciles et de ne plus faire la quête sur le trottoir; la quête est une prérogative exclusive accordée pour raison d’Etat aux églises, aux banques et aux élus de la nation. En somme il demandait aux sourds de se boucher les oreilles, aux aveugles de réguler la circulation à la sortie des écoles, aux sans-dents de ne plus se nourrir.

…….
Koba rejoignait la crypte, transformée en mitard. A l’intérieur croupissait la Bête, la Bête la plus docile, la plus généreuse, la plus séductrice, la plus tolérante de toute l’histoire de la création, la plus idolâtrée et la plus méprisée, la plus attachante et la plus traquée. Mutilée en tous endroits elle avait pris en Beauté. Torturée, priée, implorée. En public, toujours vénérée, protégée, offerte en exemple. Dans les coulisses du pouvoir, dans les conclaves, dans les offices religieux, manipulée, asservie, vilipendée. Espérance des peuples. Ennemi public numéro un des pouvoirs locaux et planétaires. Bête immonde et lubrique à jeter aux  bûchers, à pendre à la plus haute branche d'un chêne sur la route des chiens pendus de la forêt de la Chaudière se disait Koba Stasi.

…………
On aurait dit que, toute la création, depuis le big-bang, s’était donnée rendez-vous en territoire d’Eole, Newton à la manœuvre, le même jour, à la même heure, semblable à la migration des lemmings.  Pas un ne manquait à l’appel. Hubert Reeves souriait. Les Nobel de la Paix pleuraient de joie, surpris d'avoir prédit sans y croire, qu'un seul jour sans guerre sur cette terre serait miracle et ce jour de gloire était arrivé. Ils le vivaient. Les voix de l’univers sont impénétrables. Ainsi va le monde et la vie des hommes

…….
- Charles, a voté.
Le bruit métallique de la fermeture poussait le bulletin individuel rejoindre ceux déjà internés depuis  l’aube dans l’urne. Dans leurs chutes, ils se frottaient un court instant recto verso, se jaugeaient au passage, s’écartaient vivement en allant s’écraser sur une paroi ou s’accrochaient entre-eux du rabat. Camouflés dans leurs enveloppes, agglutinés les uns aux autres, sans se voir, ils se respiraient. Par odeur, ils se rassemblaient, formaient des bataillons. Au cours de la journée, des armées cherchaient à se coaliser, à s’allier, prêtes à s’affronter……… Chaque bulletin était un morceau de liberté perdue, une tranche de soumission consentie, une perte de résistance contrainte et forcée.

………..
- Tout doux, tout doux mon  amoureux, dit Xavière, il faut te reposer. Quand tu t'énerves, tu le sais, tu fais n'importe quoi. Pour réussir il faut apprendre à prendre le temps. Tu as toujours  refusé que je t'apprenne les choses heureuses de la vie. C'est un grand tort que de vouloir toujours avoir raison. Gagner est médiocre, réussir est divin. Un jour, tu seras le maître du monde. Tu pourrais être le soleil de la planète. Par ton rayonnement, tu parviendrais à illuminer le Mont-Blanc même disparu dans les nuages. Apprends le temps. Même avec mes rides je plais et séduis toujours. Chou-chou, tu es l'aurore rosée du monde. Adopte le rose et tu seras le vainqueur. Il est, couleur, fleur et douceur, qui ouvre toutes les portes, sous toutes les latitudes et longitudes. Chouchou apprends le temps de la rose. Il t'est compté.

………
Tout ce bombardement planifié avait perturbé la vie des braves gens, des retraités, ce qu'il en restait, des rentiers, des nouveaux nés, qui voyaient d’un mauvais œil leurs quartiers, qui ne ressemblaient plus à rien. C’était le prix de la sécurité et tout le monde la fermait. La joie et la peine s'exprimaient à l'unisson. Petit pécule en poche pour essuyer les larmes, la plupart des communautés avaient été déplacées dans des camps de repeuplement hors frontières. Les immeubles avaient été rasés, les vieilles cités démolies, les cimetières labourés, et leurs histoires enfouies en terre, dans les décharges publiques, dans les mouroirs, dans les incinérateurs.

….
Les travailleuses et les travailleurs ont enfilé leurs costumes bleu-marine bien propres et ajusté leurs chaussures de sécurité noires et brillantes. Un double cordon d'éboueurs et d'agents des sections de la paix habillés de combinaisons vertes et jaunes canalise l'affluence des arrivants et interdit l'accès à l'immense esplanade bordée des drapeaux des pays européens. Sur les flancs, les tribunes de plusieurs étages, sont bondées à craquer. Sous-chefs reluisants, sous-sous-chefs luisants, tous sexes confondus, disposés en ordre protocolaire, automates du régime, papotent, batifolent, gloussent en saccades et bruissements mécaniques.

…………
Monsieur Pierre,
Vous le Schirh,
En cet instant, c'est la nuit. C'est décidé, cette lettre sera postée.
Le temps nous presse. Notre jeunesse est consommée. Et pourtant pour la première fois je m'interroge. Vous, le Schirh, dans ma tête vous êtes éternel et je dois pourtant me demander: êtes-vous toujours de ce monde?La vie a une échéance!
Quant à moi, avant que les profondeurs de la terre ne m'absorbent, mon souhait d'homme, déjà à la retraite, est, de savoir ce que vous êtes devenu, de prier Dieu qu'il nous organise une rencontre.
Alors je vous parlerai de Tifrit, ce coin perdu de Kabylie qui a su intégralement dévorer mes jeunes années et dévorera sûrement ce qui me reste de vie. J'éprouve un fort besoin de vous en parler, je vous y invite dès ce jour, pour un séjour dans ce charmant village et avec la bénédiction de son saint Patron Sidi M'Hamed ou Malek.
Vous verrez Tifrit est plus belle qu'autrefois, lorsque régnaient la misère et l'ignorance. Sachant votre attachement à ce village, votre plaisir n'en sera que plus grand pour y avoir donner aux enfants le savoir pendant trois années. C'était la guerre.

……..
- Notre arrivée ne montre rien d'enchanteur. Et si un printemps algérien explosait pendant notre séjour? Envie de faire demi-tour.
- Oui, mais pour aller où?
En urbaniste et architecte aguerri, clignant des yeux, Albert ne veut pas entendre Pierre. Il s'interroge à haute voix:      
- Alger hier. Alger aujourd'hui. Alger demain. D'ici, le panorama ressemble à une nature morte. On dirait que le désert est entré dans la ville. On aurait du emporter dans nos bagages des tonnes de peinture et de pinceaux.      
- On n'est pas ici pour faire du Monet ou remplir une mission d'aménagement du territoire. Nous sommes venus à la rencontre de mes anciens élèves. Idir, nous attend devant la Grande Mosquée, au début de l'Avenue du 1er novembre. Si Dieu nous prête vie, on reviendra, à leur demande,  pour repeindre Alger en blanc.                  
 
……….
Le phénomène était irréel pour ne pas dire angélique et paradisiaque. Dieux de tous bords, que tout cela était surprenant, hors du temps. Indescriptible. Magique. Des milliers de colombes et d’aigles en grâce infinie, virevoltaient, s’enlaçaient, glissant dans les airs en mille révérences de concorde, au dessus de la ville d’Eole.

………
Don Quichotte d'une voix forte dit:
- Oui, oui, j'entends mais qui êtes-vous? Par exemple, Toi, comment t'appelles-tu? Que contient cet énorme sac que tu peines à porter sur ton dos?                      
- Je m'appelle Caca 40 de Wall-Strett. Mon sac contient des écus en or et je possède des trésors enfouis en terre.
Don Quichotte, silencieux, sectionne l'air et la gorge du banquier qui s'écroule lourdement.