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couverture du livre un bonheur à construire... entre errances et évidences écrit par Campana Louis

Campana Louis un bonheur à construire... entre errances et évidences

30.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

396 pages
15.8 x 24 cm
sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Autres
Numéro ISBN : 978-2-9559999-2-9

Présentation de Campana Louis
éditeur de un bonheur à construire... entre errances et évidences


Campana Louis a été durant 8 années compagnon de l'Arche de Lanza del Vasto, gandhien qui a initié l'expérimentation communautaire holistique. Il est producteur et réalisateur de ducumentaires vidéo sur l'état du monde et sur les actions non-violentes sur les quatre continents.

Il a créé en 2006 l'association Gandhi International, en lien, depuis, avec de nombreux mouvements internationaux, notamment le syndicat Ekta Parishad qui défend les intérêts des Sans-terre en Inde et le Serpaj d'Adolfo Peres Esquivel, prix Nobel de la Paix 1980, lequel travaille à la défense des peuples premiers (Guaranis, Mapuches, etc).

Dans un style « direct » et familier, il interroge ses contemporains, les politiques, les économistes, les leaders des grands trusts et les chefs religieux : est-ce bien les femmes ou les hommes que vous voulez servir ou êtes-vous une élite qui tente de tout accaparer ? Il est lauréat du Prix Bajaj 2008 pour la promotion des valeurs gandhiennes, prix remis par le vice-président de l'Inde Hamid Ansari. Il est marié à Isabelle, père de huit enfants et grand-père de dix.

Présentation de un bonheur à construire... entre errances et évidences


« Gandhi reprochait aux Chrétiens de Londres d'extorquer le monde entier sans scrupule les jours de la semaine, et le dimanche communier à la mort et à la résurrection de leur Sauveur. Les docteurs Jekyll et Hide seraient-ils donc, dans notre civilisation, une nécessité ou un fait empirique ? Il est proposé aux gens de notre société de revêtir des habits différents tout au long de la journée et bien souvent aux éthiques bien opposées. Une recherche de vie holistique ne semble pas une priorité dans notre éducation occidentale, c'est sûr ! Ce serait d'une grande naïveté, mais en faire le choix est libérateur, vivifiant et met celui qui s'y adonne, certes, en grande fragilité, en l'introduisant dans une voie spirituelle de pauvreté matérielle. Voilà, ce qui m'a traversé la tête à ces moments-là, et en y adhérant, je ne savais pas qu'en fait j'allais me promener toute ma vie, entre errances et évidences, sur un chemin sans fin et extraordinairement riche en rencontres, situations et combats pour la Vie. » …

« La fatalité, c’est ce qui nous tombe dessus, sans qu’on s’y attende, mais en sachant que c’est un lot à assumer. C’est l’œuvre de la Fée (Latin : Fata, la Fée et Fatum, le Destin) ou de la Sorcière (le coquin de Sort). Les contes sont bâtis là-dessus.

- Passive, c’est lorsque, en connaissance de cause, la fatalité sur laquelle nous n’avons aucun pouvoir, peut à tout moment intervenir dans la vie, être porteuse de bonheur ou de malheur, et que nous prendrons pour argent comptant.

- Active, serait cette même fatalité, qui nous donnerait l’illusion d’être contrôlée, gérée, mais qui de toute façon nous entraîne, que nous y soyons volontaires ou non, dans une direction inconnue et complètement insaisissable. »


Extrait du livre écrit par Campana Louis


Promenade au désert

En contrebas d’une nouvelle colonie, au fond de la vallée, les Bédouins, en famille, privés de leurs tentes, ne pouvant se déplacer, sans eau, sans terre, sans papier, sans droits, vivant de troupeaux atrophiés et de l’aide internationale distillée au compte-gouttes. La mort lente. J’ai interrogé un « Chef bédouin », en compagnie de Nafez Assailly, professeur d’université à Ramallah.

« Vous êtes « maire » de ce village bédouin, vous avez quinze enfants, il y en a soixante-dix en tout, ils sont peu scolarisés, ne voient jamais un médecin, vous n’avez ni eau, ni électricité, pas ou peu de revenu, aucun droit, une cinquantaine de chèvres… Quel est votre avenir ? »

Il est couché à même le sol, un enfant de trois ans serré contre lui, il est détendu, notre maire, et avoue ne pas se poser ces questions. Ce sont des questions à la con.

Il sourit.

Ce matin, il s’est levé, après une nuit dans son désert entouré de colonies juives, ses femmes l’ont servi, les enfants se sont aussi levés, ont couru derrière les chèvres, pour les traire, il est allé de baraques en baraques sans mot dire, tout va bien, il y a le soleil, le ciel bleu, la vie et la mort, le désert éternel, peut-être des naissances de chevrettes, l’amour toujours et les enfants qui jouent à la guerre,… et sûrement, ce soir, la nuit et les étoiles…

Nafez me confie cependant que les aînés leur apportent leur salaire, le salaire de soldats mercenaires engagés dans les rangs israéliens aux frontières, bien payés car au casse-pipe…

L’inconscience, l’insouciance et l’innocence seraient-elles maîtresses de bonheur ? Car, pas une seule fois je n’ai pris ce bonhomme en proie à des doutes, à des chimères métaphysiques. L’enseignement des choses de la vie, cet homme l’a appris ailleurs que dans des livres, ailleurs que dans une complexité de questions sur le sens d’une vie. Il fait partie des pierres qui l’entourent, des arêtes des collines, des herbes rares qui, années après années, ont nourri les troupeaux, il est là, nonobstant les invasions, les malheurs… car tout passe… Il est l’œil du puits, toujours regardant le ciel, espérant rosée et fraîcheur… Il est comme l’âne, son frère d’errance, acceptant sa charge avec fatalité, l’échine courbée et le regard lointain, comme si le monde qu’il habite n’est qu’absence…

Serait-il Abel, le berger, Abel, le dépouillé, Abel, le sacrifié, mais Abel, le Délivré, l’Heureux, l’Hors-du-temps ?