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couverture du livre L'excellence opérationnelle en production écrit par Brigaud Régis

Brigaud Régis L'excellence opérationnelle en production

24.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

92 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 90 g offset
Style litteraire : Savoir
Numéro ISBN :

Présentation de Brigaud Régis
éditeur de L'excellence opérationnelle en production


Régis BRIGAUD
Ingénieur polytechnicien et Sup'aéro a réalisé une première carrière au sein du Ministère de la Défense à divers postes de direction de projet (directeur de programme), d'encadrement (directeur de site) et de production (sous-directeur technique).
Il a déployé divers chantiers Lean au sein de l'Atelier Industriel de l'Aéronautique de Clermont-Ferrand (maintenance aéronautique) dont il a été l'adjoint au directeur avant de fonder le cabinet de conseil et de formation BLUE LEAN CONSULTING (www.bluelean.fr).
Il détient une certification Black Belt Lean.

Présentation de L'excellence opérationnelle en production


Cet ouvrage de vulgarisation a pour objectif de présenter, en moins de 100 pages, les clefs pour comprendre les trois méthodes d’excellence opérationnelle les plus efficaces employées aujourd’hui par les entreprises de tous secteurs pour améliorer leurs performances. Il vise un large public d’étudiants, d’employés ou de chefs d’entreprise qui souhaitent maîtriser les concepts essentiels et comprendre comment s’articulent les trois méthodes, sans pour autant devenir experts en excellence opérationnelle.

Après une mise en perspective historique des trois disciplines, un chapitre est consacré à chacune d’elles afin de présenter et expliciter les principes qui les caractérisent et les principaux outils qu’elles mettent en œuvre. Une partie du livre est alors consacrée à expliquer la complémentarité du Lean, du 6-sigma et de la théorie des contraintes ; une autre détaille les résultats que ces méthodes permettent d’atteindre. Afin de prouver leur robustesse, un dernier chapitre aborde les réponses que l’on peut apporter aux principales critiques faites à ces méthodes d’amélioration continue. Enfin, la conclusion s’attache à montrer que l’excellence opérationnelle permet de résoudre les diverses difficultés, répertoriées en introduction, que rencontrent les systèmes de production classiques.


Extrait du livre écrit par Brigaud Régis


Les symptômes d’une production sans excellence opérationnelle

La majorité des entreprises qui n’ont pas connu de transformation Lean est organisée autour d’un système de gestion de la production centralisé (généralement un MRP -material requirements planning) qui compare les prévisions de commandes à long terme (PIC1 et PDP2) avec les commandes effectives pour établir un programme de production. Le MRP transmet alors quotidiennement aux divers services de production, généralement organisés par fonction ou métier, des ordres de fabrication en cohérence avec ces prévisions.

Chaque service fonctionne alors en îlot de production, ayant ses propres objectifs et répondant au besoin théorique établi par le MRP. Dans un monde parfait, cela devrait parfaitement fonctionner.
La réalité du terrain est que les processus connaissent des défaillances ponctuelles (rebuts, retouches, micro-arrêts, maintenance curative, instabilité des processus, évolution de la demande…). La production ne se déroule pas comme l’avait planifié le MRP qui n’est pas architecturé pour réagir à des aléas pouvant survenir plusieurs fois par jour. Des stocks se forment en amont des processus qui prennent du retard et les processus en aval ne sont plus alimentés suffisamment.

Des manquants apparaissent un peu partout, ce qui est étonnant compte tenu de l'accroissement des stocks. Taïchi Ohno, le fondateur de l’approche Juste-à-temps, avait ainsi constaté que « plus les stocks sont importants, moins on a de chance d'avoir la pièce dont on a vraiment besoin ! ». On crée, d'ailleurs dans de nombreuses entreprises, une nouvelle fonction, transverse aux divers services, le « chasseur de pièces », dont le rôle est de courir après les manquants à l'intérieur de l'entreprise afin d'endiguer les livraisons en retard. Son action, bien que nécessaire en pareille urgence, vient fausser, chaque jour un peu plus, les données du MRP relatives aux niveaux de stocks de pièces dans l'entreprise.

D’autre part, la demande client étant variable, en volume et en mix produits, les produits finis ne correspondent pas complètement aux besoins de consommation. On accumule des stocks de produits dont on n’a pas immédiatement besoin et on manque de produits demandés par le client. Dans la mesure où la taille des lots de production, calculée grâce à la formule de Wilson (voir encadré), ne correspond pas au pas d’évolution de la demande, l’entreprise n’a pas la flexibilité pour s’adapter à celle-ci. On constate que les stocks engendrés par les variations de la demande sont d'autant plus importants que l'on remonte la chaîne de production.

S’enclenche alors un cercle infernal : les délais n’étant pas tenus, on ajoute une marge de sécurité en augmentant le délai prévisionnel paramétré dans le MRP. Le calcul des besoins demande, en conséquence, de lancer plus tôt de nouveaux ordres de fabrication. Ces nouveaux ordres de fabrication sont alors mis en production, ce qui augmente l’en-cours, et le délai de traversée, conformément à la loi de Little (voir encadré). Les dates ne sont à nouveau plus tenues, malgré la marge de sécurité !


La production est alors mise sous tension : pour rattraper les commandes en retard, les heures supplémentaires s’enchaînent et les expéditions en urgence s’accroissent. La maîtrise passe son temps à revoir la planification de la production et l’atelier ne fait plus confiance aux plannings. N'arrivant pas à satisfaire la demande client, on songe même à investir dans de nouvelles capacités de production (équipements, machines…) ! Le déséquilibre n'étant pas uniforme, certains services prennent de l'avance sur les commandes client futures et s'attachent à constituer consciencieusement des stocks intermédiaires, au cas où l’avenir leur réserverait de mauvaises surprises.

La production a du mal à répondre aux réclamations client dont le taux ne s'améliore pas : les défauts qualité sont repérés tardivement dans la mesure où les pièces défectueuses sont noyées dans des lots dont la taille ne les rend visibles que bien longtemps après la genèse du défaut.
Face à ces difficultés, quelques initiatives sont lancées ici et là pour améliorer la productivité de tel ou tel service. Malheureusement, ces optimums locaux ne font qu’aggraver la situation. En effet, le flux n’étant pas équilibré, les améliorations locales de productivité viennent abonder des stocks intermédiaires que les processus amont ne peuvent exploiter.

Compte tenu des stocks accumulés, les temps de traversée grimpent à tel point que les demandes client ont le temps d’évoluer entre le moment où elles entrent en fabrication et le moment où elles sortent de l’usine !

Les coûts de gestion des stocks (manutentions, inventaires, surfaces), la baisse de productivité globale (augmentation des heures supplémentaires et des heures de main-d’œuvre indirecte pour les activités de planification), les coûts engendrés par les retouches, le traitement des réclamations client et les expéditions urgentes viennent augmenter les coûts d'exploitation et réduire un bénéfice, déjà impacté par la contraction des ventes (dans la mesure où la production n'arrive pas à répondre à la
demande). Les niveaux de stocks conduisent à augmenter le besoin en fonds de roulement et à mettre sous tension la trésorerie.

La direction commerciale décide alors de lancer une campagne de promotion sur les produits afin de redonner des couleurs au chiffre d'affaires. Les commandes repartent bien à la hausse induisant une forte variabilité de la demande que la production est bien incapable de suivre. Il s'ensuit de nouvelles livraisons en retard et des clients toujours plus mécontents.
La situation devient hors de contrôle… il est temps de lancer une démarche d’excellence opérationnelle !