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couverture du livre Bajanide - La terre sans étoiles écrit par Baliste Guiseppe

Baliste Guiseppe Bajanide - La terre sans étoiles

792 pages
14.8 x 21 cm
Style litteraire : Science-fiction
Numéro ISBN : 978-2-35682-270-3
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23.90 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

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Présentation de Bajanide - La terre sans étoiles


Avez-vous déjà rêvé d'un autre monde ?
Avez-vous gardé une âme d'enfant ?
Avez-vous gardé une âme ?
Avez-vous déjà pensé que l'on aurait pu vivre autrement ?
Avez-vous déjà pensé que notre vie était absurde ?
Avez-vous déjà imaginé un monde sans haine ?

Certains parleront d'un monde de naïfs, d'autres d'un monde utopique, vous êtes-vous posé la question… Pourquoi pas ?

J'ai rêvé cette histoire. j'ai décidé de l'écrire pour mes enfants, en espérant qu'un jour les enfants de l'humanité connaîtront un tel monde. j'aurai voulu le connaître.


Extrait du livre écrit par Baliste Guiseppe


Elle avançait dans l‘eau noire en étirant ses bras, loin devant, sans savoir vraiment si cela avait une réelle utilité, tout ce qu‘elle savait, c‘est qu‘il fallait qu‘elle nage.

Elle nageait, elle n‘avait d‘autre choix que celui de nager.

Depuis des heures peut être, elle n‘en savait rien. Elle pensait avoir perdu connaissance, mais combien de temps ?

Quand elle était trop fatiguée, elle se laissait porter par son gilet de sauvetage, et plus le temps passait, plus ses bras étaient lourds.

Elle repassait dans sa tête les meilleurs moments de son existence, ceux qui lui permettaient de se raccrocher à la vie.

Ceux qui lui permettaient de lutter encore, et encore.

Ces moments qui faisaient en sorte de lui donner le courage de se battre contre les éléments, contre le vent. Ce vent, qui, il y a quelque temps, avait détruit toute sa vie, ses espoirs. Elle luttait contre les vagues qui lui cachaient la vue de l‘horizon.

Des vagues, des vagues… un peu moins grosses, mais toujours nombreuses.

Il n‘y avait plus de vent, c‘était déjà bien Elle avait froid, l‘eau était chaude pourtant.

Elle vérifia le mousqueton de son gilet et s‘assura que le cordage était toujours en place.

Elle vit derrière elle les corps de ses compagnons.

Saisie par l‘angoisse, elle nagea vers le premier d‘entre eux et en le secouant, n‘obtint qu‘un léger râle.

Peu importe, pensa t‘elle, il est en vie.

Elle gonfla un peu les gilets de sauvetage, afin que leur portance soit plus importante, et après avoir vérifié que tout le monde avait bien la tête hors de l‘eau, se remit à nager.

Alors qu‘elle continuait à se battre contre les vagues, malgré la hauteur de celles-ci et l‘obscurité, elle crut distinguer au loin, une sorte d‘éperon rocheux. Cette vision, même si, indistincte et très brève, agit sur elle comme un coup de fouet.

Elle fut galvanisée et eut un regain d‘énergie, comme, lorsqu‘encore adolescente, elle se trouvait à 500 mètres dans la dernière ligne droite d‘une course de fond. Elle voyait la ligne d‘arrivée, puis un peu plus loin, une seule personne encore devant elle. Et là, Il fallait la dépasser, il fallait se dépasser, même si ses jambes ne la portaient plus, même si son souffle manquait, sa volonté prenait alors le relais. Il fallait arriver première. Elle avait un truc, pour se donner du courage dans ces moments-là, elle fredonnait une chanson qui scandait le rythme de ses foulées. Elle voyait maintenant plus distinctement la minuscule tache sombre. Un petit bout de rocher que les premières lueurs du jour faisaient ressortir. Elle se remit à nager aussi vite qu‘elle le pouvait. A combien était il, 200, 300 mètres. Difficile à dire. Plus, peut-être. Il faisait encore trop sombre pour en être certain. Il faut nager. C‘est lourd, tout est lourd, ses bras, ses jambes, même sa tête. Elle n‘a pas le choix, il faut nager, se diriger vers ce frêle espoir, vers ce petit bout de terre ferme. Souffle, souffle, deux expirations brèves, une longue inspiration. Je vais y arriver se dit-elle. Je ne peux pas arrêter maintenant. Il faut que je continue quoi qu‘il arrive, je suis si proche maintenant, rien ne peut m‘en empêcher, rien ! Vite, vite pensa-t-elle. Au bord de la panique, saisie par la peur dans toute cette eau noire. Elle se surprit à penser à n‘importe quoi, tout pour exacerber une peur totalement irrationnelle. Et les requins, s'il y a des requins, maintenant que j‘arrive je fais quoi ! Non, ce serait trop bête, avoir fait tout cela pour rien. Puis elle se ravisa, et sa volonté reprit le dessus. Nage. Trop de vagues pour les requins, pensa-t-elle. Sa lèvre inférieure tremblait, Elle fredonnait une chanson des Who, en laissant filtrer l‘air entre ses lèvres, pour se donner du courage. C‘est ce qu‘elle faisait lorsqu‘elle courait, cela lui donnait du rythme. Une chanson rythmée au fur et à mesure de ses mouvements.

No… one… Knows… What… it‘s like…

Voilà, là ! ça y est, on le voit mieux, j‘y suis presque to… be… The bad man…

Allez nage ! Tu y es ma grande !

To… be… The sad man…

Quelle heure peut-il être ? 4, 5 heures du matin. Aucune idée, la lumière du jour qui pointe ne donne pas suffisamment d‘éléments pour être sûre de l‘heure.
 
- Jjj‘ai ffroid… Crevée, ...en peux plus Tu te lamenteras après. Nage ! Se dit-elle. Behind… Blue eyes…

Encore quelques brasses appuyées, quelques toussotements provoqués par des rejets d‘eau salées et, enfin, dans un dernier effort, elle posa la main sur le roc.

Une dernière vague un peu plus forte que les autres, la bouscula-elle et ses compagnons sur le rocher. Elle prit pied plus solidement, et trouva la force de tirer ses compagnons sur la partie émergente. Pas beaucoup, 5 à 10 centimètres au-dessus de l‘eau tout au plus, mais cela était suffisant pour prendre pied. D‘ici peu le soleil se lèvera, il nous réchauffera, j‘ai trop froid, dit-elle en se tenant les bras sur les cotes et en grelottant.

Elle se coucha sur le dos, les bras en croix. Elle respira trois ou quatre fois très fort, comme pour se lancer dans une épreuve d‘apnée. Puis, elle se mit à sangloter. Elle pensait mourir, mais ses amis étaient avec elle. Elle était vivante. Ils étaient tous là avec elle.

Quelques secondes après, brusquement, elle reprit ses sens, et se retourna d‘un coup vers ses compagnons. Elle dérapa un peu sur la roche glissante, avant d‘arriver à plat ventre vers le premier d‘entre eux, elle le secoua, pas de réponse, pourtant il respirait.

Vivant se dit-elle.

Elle se pencha sur son corps, tout en pleurant ! Puis elle martela
sa poitrine de rage ou de désespoir.