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couverture du livre Nolanne D'Orendit - Le Royaume de Lody - Tome I écrit par Pigeon Adeline

Pigeon Adeline

Nolanne D'Orendit - Le Royaume de Lody - Tome I

20.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

516 pages
15.8 x 24 cm
sur papier 80 g bouffant ivoire
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-9551169-0-6

Présentation de Nolanne D'Orendit - Le Royaume de Lody - Tome I


Si pour ne pas s’oublier, Nolanne ne voit que la fuite pour seule solution. Elle est loin d’imaginer les périples et les menaces maléfiques que la vie mettra en travers de son chemin...

Nolanne D’Orendit est le premier livre de la trilogie : le Royaume de Lody. La saga s’ouvre sur les aventures de Nolanne. Jeune femme attachante, courageuse, impétueuse et un brin têtue, qui nous happe vite dans son monde et le tourbillon de ses émotions.


Extrait du livre écrit par Pigeon Adeline


Nolanne fut réveillée par un oiseau posé sur la porte du box. Le volatile lui fit une démonstration de son talent de chanteur. Nolanne gémit, ne souhaitant aucunement se lever. Elle se retourna, se croyant pendant un court instant en sécurité dans son lit. C’est en se retrouvant face aux naseaux du cheval qu’elle se souvint des événements de la veille.
Elle se redressa vivement et regarda autour d’elle. Quelle heure pouvait-il bien être ? Elle avait dormi plus qu’elle ne l’avait voulu, son corps essayant de rattraper tout le retard qu’elle avait été forcée de prendre ses dernières semaines.

Elle se rendit à la fenêtre face à elle et s’aida de la mangeoire pour monter. Le soleil paraissait déjà haut dans le ciel. Elle tendit l’oreille, mais n’entendit aucun bruit de vie à l’extérieur : pas de servants criant à droite ou à gauche les ordres de leurs maîtres, ni de bruits du marché ni ceux du maréchal-ferrant tapant sur son enclume… Tout le monde semblait encore endormi. Il lui restait un peu de temps pour partir.

Nolanne descendit de son escabeau précaire, s’épousseta, retira les brins de paille qui se trouvaient sur ses vêtements, remit son chapeau en place et se retourna pour sortir.
Elle resta figée quelques instants lorsqu’elle s’aperçut qu’on l’observait. Deux hommes se trouvaient près de l’escalier. Descendant pour s’occuper des chevaux, ils s’étaient arrêtés lorsqu’ils avaient vu cette silhouette se lever dans le box. Un regard méfiant se dessinait sur leurs visages. L’un des palefreniers était âgé. Ses cheveux étaient poivres et sels et une barbe de plusieurs semaines entièrement blanche recouvrait son visage. De nombreuses cicatrices traversaient sa figure et ses bras, à ce que pouvait en voir Nolanne. Il paraissait le plus sévère des deux et ne la lâchait pas du regard. L’autre était plus jeune, il aurait pu être son fils, mais aucun lien de parenté n’unissait les deux hommes. La jeune fille le sut tout de suite : autant l’un avait les yeux verts, paraissant sûr de lui et avait, malgré son âge, une carrure impressionnante, autant l’autre semblait frêle et fade avec ses yeux marron et son visage encadré par des cheveux ternes et sales. Le plus jeune jeta un regard en biais à l’autre comme pour s’assurer de la posture à tenir. Il tenta maladroitement de prendre la même position que lui. Nolanne se racla la gorge, son regard passant de l’un à l’autre. Le plus âgé eut un léger sursaut au son de cette voix aiguë, mais reprit vite contenance.

- Je suis désolée, messieurs, débuta Nolanne avec une voix qu’elle aurait voulu moins tremblante, je n’avais pas de mauvaises intentions, il faisait froid dehors et je me suis dit que…

Elle laissa la phrase en suspend et désigna le box où elle se trouvait à l’aide de son bras pour se faire comprendre.

- Ce qui m’intéresse, dit le plus vieux des palefreniers, c’est comment tu es entré dans ce box, jeune homme ?

Nolanne ouvrit de grands yeux. Il la prenait pour un homme ! Certes, elle n’était ni coiffée ni habillée et, pour seul maquillage, elle avait de la boue et de la crasse accumulées depuis plus d’une semaine… Mais tout de même ! Elle avait bien tenté de se faire une toilette pour être plus présentable, mais la fraîcheur de l’eau lui avait vite fait renoncer. Après tout, elle ne devait séduire personne ! Son ego se sentit blessé. Que sa féminité soit si peu flagrante la déstabilisait. Mais à la défense du vieil homme, il était vrai qu’elle était habillée d’une bien étrange façon… Sa chemise blanche trois fois trop grande pour elle camouflait sa poitrine. Elle l’avait piqué dans les anciennes affaires de son père, ainsi que le pantalon en toile noire qu’elle avait sur elle. Elle avait préféré prendre un pantalon pour fuir plutôt qu’une robe risquant d’entraver ses mouvements et qui l’aurait fait remarquer sur les routes. Et il n’était jamais bon pour une femme de se balader seule, même par ces temps de paix… Elle avait aussi dérobé, avant de partir, un chapeau qui cachait ses longs cheveux chocolat et ses boucles. Cet accoutrement, ajouté à son visage maculé de boue, expliquait qu’elle pouvait facilement imaginer la confusion.

Elle décida de ne pas faire remarquer ce malentendu et d’essayer d’en tirer profit… Voyant les deux hommes attendre une réponse, elle enchaîna :

J’ai poussé la porte et ne voyant personne je me suis reposée dans ce box…

Ça, je l’ai bien compris ! coupa sèchement le plus âgé des palefreniers. Mais comment as-tu fait pour que ce cheval t’accepte ? Il a déjà tué de nombreux hommes.

Nolanne se retourna vers la monture, la vit d’un tout autre œil et recula prudemment de quelques pas. Le vieil homme l’observait toujours aussi froidement. Elle baissa son regard émeraude et mordilla ses lèvres comme une enfant qui venait d’être prise en flagrant délit de bêtise…

En répondant, elle prit la voix la plus grave et la plus naturelle possible dont elle était capable.
— Il m’a laissé entrer de lui-même… Et, ah oui ! Je lui ai donné un morceau de pain.
Comme pour prouver ses dires Nolanne désigna les tonneaux remplis de pain et de pommes à l’entrée de l’écurie. Elle attendit, guettant une réaction des deux hommes devant elle.

Comment diable, ce jeune homme avait-il pu bien rentrer dans le box de Bucéphale ? Il avait beau retourner la question dans tous les sens, Lornac ne parvenait pas à trouver de réponse. Bucéphale était réputé pour être l’un des chevaux les plus exécrables qui lui avait été donné de rencontrer ! Il ne supportait personne, pas même ses congénères. Il n’avait jamais compris pourquoi le Roi l’avait choisi pour être sa monture. Certes, Bucéphale ne laissait approcher les alliés, mais il était vrai que les ennemis du Roi en avaient aussi pour leur argent… Il se surprit à repenser à l’aventure qui s’était déroulée quelques semaines plus tôt.

Le Roi avait décidé de partir en balade. Malheureusement, après une heure de route, il avait rencontré quelques brigands de grand chemin assez saouls pour ne pas se rendre compte de l’identité de leur victime… Le Roi tenta de les raisonner, ne souhaitant pas se battre contre son peuple, mais Bucéphale ne l’avait pas entendu de cette oreille : ni une ni deux, il s’était jeté sur l’un des brigands et avait commencé à le mordre. Il l’avait, paraît-il, mordu jusqu’au sang. Voyant cela, les autres individus n’avaient pas demandé leurs restes. Si le cheval était un tel démon, que devaient-ils penser de son cavalier !

Lornac sortit de ses pensées, ce garçon pouvait être une aubaine… Même lui avait du mal à approcher ce dragon ! Il ne le tolérait que parce qu’il lui apportait à manger et encore il ne devait pas s’approcher trop près ! Mais pouvait-il faire confiance au jeune homme ? Lorsqu’il l’avait vu se lever du box, il avait trouvé cette apparition étrange… pleine de grâce, bizarrement. Mais lorsque celui-ci s’était retourné, il avait été surpris. Il supposait qu’il n’était qu’un jeune adulte. Il préférait ne pas savoir ce qui avait poussé un homme aussi jeune à s’enfuir de chez lui, à pénétrer sur les terres du Roi et à entrer dans le box de ce démon de Bucéphale. Même lui aurait préféré le fouet plutôt que d’être obligé de
passer la nuit avec ce canasson ! Mais le fait que le cheval l’ait accepté de lui-même perturbait Lornac. Ce n’était certainement pas le morceau de pain que lui avait donné ce garçon qui avait joué en sa faveur. Lui qui nourrissait la bête tous les jours n’avait jamais eu une aussi grande marque d’affection ! Peut-être la bête avait-elle senti en lui quelque chose de particulier… ? Néanmoins, quelle que soit la raison de ce miracle, ce jeune homme pouvait lui être d’un grand secours. Il l’avait jugé assez vite, son grand âge et ses nombreuses années d’expérience lui ayant permis d’acquérir une bonne connaissance dans le genre humain. Bien qu’étrange, cet homme paraissait honnête et il le croyait quand il lui avait dit qu’il ne cherchait qu’à se reposer. S’il avait voulu leur dérober quoi que ce soit, il aurait pu le faire sans se faire remarquer. Il le contempla de nouveau, les traits fins qu’il apercevait malgré la boue, le déstabilisèrent légèrement ; il n’avait jamais vu un tel homme…
Lornac se souvient de la voix de l’intrus, lorsqu’il avait commencé à s’expliquer, il avait tressailli devant cette voix aiguë. C’était certainement dû à la peur de se faire prendre et de ce qu’il risquait… Il se souvint aussi de la façon dont il avait forcé un peu sa voix par la suite pour paraître plus âgé. Lornac aussi avait fait ça quand il était plus jeune. Même si cela remontait à de nombreux hivers, il se souvenait comment il essayait de se faire vieillir auprès des adultes pour paraître à leur niveau.

L’idée fit son chemin au fur et à mesure que le temps avançait. Le jeune homme le regardait toujours cherchant quoi dire. Il pouvait sûrement s’occuper de Bucéphale pendant quelque temps. Ainsi lui serait libéré d’une charge bien lourde et aurait plus de temps pour finaliser les festivités qui s’annonçaient. Bien qu’ils soient deux, Brad et lui auraient du mal à tout préparer. Surtout s’il fallait s’occuper de Bucéphale ! Ce cheval leur prenait plus de deux tiers de leur temps, tellement il était difficile. De plus, ce ne serait l’affaire que de quelques semaines et si le garçon ne lui convenait pas, il pourrait le faire partir aussi vite qu’il était arrivé. Il faudrait juste qu’il garde un œil dessus…