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couverture du livre Orange Amère écrit par Fontana Boix André

Fontana Boix André

Orange Amère

17.50 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

244 pages
13 x 20 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-35682-112-6

Présentation de Orange Amère


En voyant souvent à la télévision des jeunes français de parents étrangers ce plaignant parfois de leurs intégrations difficiles et mal vécus.

J’ai voulu par ce livre témoigner de la mienne dans les années 50, intégration difficile certes, mais sans aucune délinquance cars mes parents ne l’auraient pas accepté et à cette époque, la stigmatisation existait déjà.

Nous vivions dans des vieux logements avec moins d’aides, mais il est vrai, avec plus de travail et d’avenir, car sinon nous serions repartis chez nous.


Extrait du livre écrit par Fontana Boix André


Mon enfance, en Espagne 1956.

Je n’avais que cinq ans et pourtant, je me souviens très bien de mon village de l’Alcúdia.

Située à une quarantaine de kilomètres dans la plaine au Sud de Valencia, cette bourgade entourée de champs d'orangers et de quelques cultures maraîchères, était baignée de soleil tout au long de l'année.

De nombreuses exploitations agricoles avaient vu le jour dans cette région puisque le climat et la terre fertile étaient très propices à la culture d’oranges douces. On pouvait admirer des champs à perte de vue de ces arbustes sempervirents qui donnaient du travail à la majorité de la population très agricole et de délicieux jus d’oranges plein de vitamines. La seule contrainte de ces plantations était l’affluence de charrettes et camions en période de récolte.

La route nationale qui reliait Valencia au grand sud, passait par l’Alcúdia et était très fréquentée par de nombreux poids lourds plus que par des voitures, rares à l’époque. Ces véhicules arrivaient dans la bourgade, en passant sur un vieux pont de pierres qui enjambait le lit d’une petite rivière, ou se trouvait une gravière.

Ce cours d’eau appelé, Rio Magro, restait sec presque toute l’année, mais en saison de pluie, il lui arrivait par caprices, certaines années, de déborder de son lit et d'atteindre les rues basses de la bourgade, dont faisait partie la nôtre, semant la panique le temps de sa rapide décrue. Mon grand-père qui avait un petit jardin potager sur une de ces rives dû renoncer à le travailler.

Quelques centaines de mètres après le pont, la route arrivait sur un croisement ou deux routes départementales très fréquentées la croisaient pour ensuite former un virage très serré contournant le sud de l’agglomération. L’intersection était très dangereuse et malgré les stops qui la sécurisaient, il y avait parfois des accidents. Quand il faisait beau, les clients assis à la terrasse d’une taverne qui se situait non loin de là assistaient à de violentes collisions, bien souvent dramatiques.

Je me souviens d'un dimanche après-midi, où nous allions rendre visite à une cousine de ma mère qui habitait près de ce croisement, un grand bruit nous fit nous retourner et nous fûmes, malgré nous, témoin d’un accident très grave entre un side-car et un camion. Pour moi, qui étais si jeune à l’époque, la vue du sang sur la chaussée et les blessures horrifiantes des personnes accidentées me choquèrent profondément et je fis de nombreux cauchemars.

Plus loin, après avoir traversé des champs, qui allaient peu à peu laisser place à des constructions, la route quittait l'agglomération en passant à nouveau sur un pont plus récent, où passait la Séquia réal, le canal royal, tout en béton qui servait à l’irrigation des cultures du village et de toutes les communes environnantes. Plus dans les terres aux abords de la bourgade, près de la gare, il y avait aussi une petite rivière appelée la Sequia vella, vieux canal, qui longeait les champs d’orangers et de maïs où les enfants petits et grands venaient se baigner les chaudes journées d’été. A l’époque j’y allais déjà avec mon frère. Je me rappelle encore de deux frères, fils d’un transporteur, qui venaient avec une grosse chambre à air plusieurs fois rapiécée qui leur servait de bouée et d'embarcation, dont nous étions tous très envieux.

Mes parents, comme tant d’autres jeunes mariés à l’époque, n’avaient pas beaucoup d’argent et nous habitions chez mes grands-parents maternels. Mon grand-père Andres Boix Valls marié à ma grand-mère Térésa Bru Albert, avait eu trois filles, ma mère Térésa l’aînée et la benjamine Amparito, qui était fiancée, vivaient encore avec eux. La cadette Maria s’était installée après son mariage, près d’Alicante, sur les collines non loin de Benidorm, dans village montagneux appelé Callosa d’en Sarria, un petit village entouré de champs d’oliviers et de citronniers, d’où était natif son mari, mon oncle Mathias Ripoll.

Ayant que très peu de moyens financiers, la maison où nous vivions n’était pas encore terminée totalement, mais habitable. Mon grand-père, qui était maçon de métier, la finissait, le soir, après ses dures journées de travail. Mais à part le ciment et la chaux qu’il devait acheter quand ses moyens le lui permettaient, mon grand-père utilisait le plus souvent, des matériaux de récupération que nous allions glaner dans quelques champs aux alentours. Ces parcelles servaient de décharge à matériaux pour les personnes qui entreprenaient des travaux de rénovation dans leurs maisons. Ce tout-venant, autorisé, servait à rehausser les terrains encore agricoles qui se trouvaient en contrebas de la route nationale, en prévision de futures constructions et d’ateliers qui allaient la border dans un futur proche ; je me rappelle entre autres choses du premier garage qui se construisit et devint une concession Renault par la suite.

Tous les dimanches ou presque, j'accompagnais mon grand-père à ce dépotoir qui se trouvait à côté de l’atelier du maréchal-ferrant. Arrivé sur ce lieu jonché de monticules de gravats déversés par les charrettes, mon grand-père se plaçait toujours sur le plus haut et observait comme une vigie ce qui pouvait lui être utile, moi à côté de lui sans dire mot, tel Sancho Penza avec don Quichotte, je le suivais un sac à la main à la recherche de ces matériaux qui étaient des trésors pour nous. Il recherchait surtout des briques, des tuiles et des morceaux de bois pour la charpente. Ces matériaux étaient rares et très recherchés, mais en examinant bien et en y venant souvent, on en trouvait parfois. Quand il y avait des briques, ce qui n’était pas rare, il décollait l'enduit qui les recouvrait avec un marteau appelé chez nous picolette, cette hachette à deux tranchants qui bien maniée laissait les briques propres comme neuves pour les ramener à la maison ; quant à moi, je les rangeais au fur et à mesure dans un cabas en caoutchouc. Ces seaux plats, manufacturés à l’aide de vieux pneus, étaient très solides et bien pratiques, ils étaient vendus dans toutes les quincailleries, tout comme les sandalettes que portaient la majorité des hommes, des sandalettes spartiates, aux semelles de pneus dont on pouvait lire parfois encore, le reste des logos des plus illustres firmes de pneumatiques, tenant aux pieds par des rubans de coton large et nouée à la cheville à l'aide d'un ruban plus fin ; A l’époque on ne parlait pas encore de recyclage comme aujourd’hui, mais les vieux pneus étaient déjà bien utilisés. Aussi, le comble pour moi c’est de voir aujourd’hui l’engouement de notre jeunesse pour les baskets de marque sachant qu’à l’époque les gens en portaient déjà sans même le savoir ni les demander !

Quand nous rentrions à la maison, mon grand-père empilait les briques avec les autres, bien proprement contre le mur de l’entrée, en attendant d’avoir le nombre suffisant et nécessaire pour bâtir une cloison, ce qui pouvait durer plusieurs mois, mais quand on n'est pas riche on n’est pas pressé, seul l’espoir compte.

Au rez-de-chaussée de la maison se trouvaient les pièces principales et l’étage n’était encore qu’une remise bien utile pour le rangement. Une grande pièce en terre battue faisait office d’entrée où mon grand-père entreposait les briques que nous allions récupérer dans les décharges sauvages. Dans le fond, un rideau épais tenu par des anneaux sur une barre de fer donnait accès « au corral » comme on dit chez nous, un petit patio, une petite courette.


Témoignage sur l'autoédition de Fontana Boix André


Je remercie Autres-Talents, mais surtout Karim toujours présent et à l'écoute de mes remarques, un garçon très sympathique autant que son collègue, et patient, avec qui j'ai aimé travailler.

La gentillesse et une qualité importante, mais chez Autres-Talents il y a aussi le savoir-faire, la qualité, en un mot, je suis très satisfait de leur prestation encore à taille humaine, si rare de nos jours où les grands éditeurs ne voient que le profit.

Merci pour votre Talent.

André Fontana