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couverture du livre Quitterie dans la course écrit par De Souza Joelle

De Souza Joelle

Quitterie dans la course

20.00 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

330 pages
A5 : 14.8 x 21 cm sur papier 80 g offset
Style litteraire : Roman
Numéro ISBN : 978-2-9538233-2-5

Présentation de De Souza Joelle


Passionnée de motos depuis mes onze ans, voila maintenant plus de vingt ans que j’ai mon permis gros cubes. J’ai eu principalement des bicylindres (Honda 400 CX, Ducati 750 Mostro et Ducati Hypermotard 796) et un mono cylindre (Honda 650 Dominator). J’ai voyagé à travers l’Europe à leurs guidons, et je me suis aussi initiée au pilotage sur piste. Après deux années de compétitions, je me contente maintenant de roulages sur circuit.

J’ai eu la chance de poser mes roues sur les circuits du Val de Vienne, du Mas du Clos, de Pau-Arnos, de Nogaro, de Haute-Saintonge, du Mans et de Carole. A travers les aventures de Quitterie, j’espère vous faire partager ma passion. Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne lecture. Joëlle De Souza

Présentation de Quitterie dans la course


Quitterie, jeune femme passionnée de motos, voit sa vie basculer suite à la lecture d'un article dans une revue de motos. Une course de vitesse pour débutants est organisée. Elle s'inscrit, et lorsqu'elle pose pour la première fois ses roues sur un circuit, elle a une révélation : c'est ce qu'elle a toujours voulu faire.

A l'issue de sa première course, elle accepte la proposition de Gaz et Zach. Ensemble, ils vont courir des endurances à l'américaine, avec deux motos. Et la saison démarre, avec son lot de joies, de peines et de rencontres…


Extrait du livre écrit par De Souza Joelle


Installée à son bureau, Quitterie commença par regarder les petites annonces de son magazine, dans le but de revendre sa Honda Dominator. Déçue mais pas trop surprise, elle ne vit pas une seule annonce de vente d'une moto comme la sienne, ces machines n'ayant plus vraiment la côte depuis quelque temps. Par contre, elle ne vit pas plus d'annonces pour l'achat d'une Ducati Mostro. Refermant sa revue, elle la mit de côté et pianota sur son ordinateur pour visiter les sites de petites annonces, regardant la côte officielle de sa machine, puis les prix pratiqués par les vendeurs. Le panel des ventes de ce modèle n'étant pas très grand, elle réussit quand même à se faire une idée du prix qu'elle pourrait en demander, sa moto étant en très bon état. Elle faisait elle-même l'entretien courant car elle aimait ça, et cela ne lui prenait pas beaucoup de temps. Elle savait presque tout faire, grâce à son grand-père qui était un passionné de mécanique. Il lui avait appris à vidanger son moteur (la base), régler ses soupapes, vidanger les freins, changer les plaquettes, tendre et changer sa chaîne… Il fallait juste qu'elle la lave, car depuis qu'elle dormait dans la grange avec le sol en terre battue, elle n'était pas un exemple de moto rutilante. Elle se doutait bien que sa moto devrait, normalement, partir assez rapidement et à un prix tout à fait correct. Mais il fallait tout de même trouver un acheteur, ce qui était certainement la chose la plus compliquée du moment.

Autre problème à résoudre, il fallait qu'elle sache quelle Ducati Mostro acheter et surtout, de quel budget elle avait besoin. Elle se leva et alla au pied de son lit où se trouvaient plusieurs revues de motos. S’asseyant en tailleur sur son tapis, elle commença à les feuilleter dans l'espoir d'y trouver un article sur sa future monture, persuadée d'avoir lu quelque chose sur les Ducati il n'y avait pas si longtemps que ça. Au bout de la quinzième revue, elle trouva enfin un article sur la marque de Bologne. Manque de chance, il ne parlait pas du Mostro, mais uniquement de l'usine de fabrication des motos, car les journalistes l'avaient visitée. Quelques minutes plus tard elle trouva un autre article qui, cette fois, parlait de la rencontre mondiale de tous les Ducatistes en Italie, les World Ducati Week, qui se déroulaient sur quatre jours. Sur place, on pouvait rencontrer des ducatistes du monde entier, les pilotes émérites de la marque, faire des essais de motos et rouler sur le circuit de Misano. Quitterie se voyait déjà, au milieu de cette marée rouge, avec son Mostro, rouge aussi, couleur emblématique de cette marque. Ressaisis-toi, Quitterie ! Pour l'instant, ce rêve est encore moins accessible que la course de l’EvaCup. Continuant à feuilleter les autres magazines, elle ne trouva rien d'autre sur la moto de ses rêves. Elle se leva alors, et faillit tomber car elle avait des fourmis dans une jambe et ne pouvait pas s'appuyer dessus. S'écroulant sur son lit, elle entendit le craquement particulier que fait une revue quand on l'écrase. Elle se décala et l'attrapa. C'était celle qu'elle cherchait, celle qui parlait de la saga des Mostro ! Elle alla directement à la page indiquée dans la table des matières et découvrit toute l'histoire des Mostro. Cette moto équipée d'un bon châssis, un moteur coupleux et  d'une suberbe esthétique  était plébiscitée par les concessionnaires. Dès le premier modèle sorti, elle ne laissa personne indifférent. Elle fut déclinée en trois cylindrées : une 900 centimètres cubes, suivie d’une 600 centimètres cubes et enfin, une 750 centimètres cubes. Ces trois motos étaient exceptionnelles, tant par leur aspect physique que par leur équipement. La 600 était une excellente machine pour débuter, ou pour se faire plaisir sans trop rechercher la puissance. La 900 était une brute extraordinaire qu'il fallait être capable de maîtriser. Quand à la 750, elle avait su gommer l'aspect brutal de la 900 et le manque de puissance de la 600. Comme sa cylindrée le laissait sous-entendre, elle était parfaite aux yeux de Quitterie. La jeune femme s'installa de nouveau à son bureau, son choix étant fait : ce serait une Ducati 750 Mostro. Car, après réflexion, elle avait un peu peur de s'ennuyer au guidon de la 600 et elle craignait de ne pas arriver à maîtriser la fougueuse 900. Restait à savoir s'il y en avait et qui plus est, dans ses prix. Furetant sur le net, elle s'aperçut bien vite que la 750 centimètres cubes avait eu son petit succès, ce qui la rassura un peu car, comme cela, il y en aurait plus à vendre. Suite à cette constatation, elle alla voir les sites officiels pour connaître la côte de cette moto. Le prix moyen qu'elle lût lui fit plaisir, se situant dans la fourchette qu'elle s'était donnée. Restait à savoir si la côte était réaliste ou si le marché en avait décidé autrement. Quitterie consulta les petites annonces et là, surprise, pas de 750 Mostro à vendre. Il n'y avait pas non plus de 900, juste une ou deux 600 tout au plus. À croire que toutes les personnes qui avaient ces modèles voulaient les garder. Changeant de tactique et voulant en savoir plus sur les Ducati, Quitterie partit à la recherche de forums en parlant, car cette marque n'était tout de même pas réputée pour sa fiabilité, bien au contraire. Trouvant un forum où les avis semblaient sensés, elle commença par en visiter toutes les rubriques pour voir de
quoi il en retournait. Très vite, elle s'aperçut que les forumeurs étaient de drôles de personnages. Certains étaient extrêmement calés en mécanique pure, d'autres sur les balades à faire aux quatre coins de ce pays, d'autres encore qui préféraient le pilotage sur circuit et certains qui préféraient dire des blagues et rigoler. Et tout cela dans un bon esprit. Personne n'était avare de conseils, plus ou moins de mauvaise foi, bien entendu… Enfin, des gens qui ressemblaient à tout le monde en fait. Dans la section motos, elle lut l'avis des motards sur leur monture. Certains les avaient amenées au-delà des cent mille kilomètres sans aucun problème. Mais il y avait tout de même une constante dans tout ce qui se disait : l'entretien devait être fait très régulièrement, sinon cela pouvait vite tourner à la catastrophe. Mais ce conseil restait valable pour n'importe quel type de véhicules. Quitterie alla voir ensuite la section des passionnés de circuit, ne comprenant pas grand-chose aux propos échangés : ils parlaient d'araignées, de protection carbone et kevlar, de prépas, de réglages divers et variés, de polys… Elle se sentit abattue devant son manque de connaissance en la matière. Alice ayant parlé d'une réunion le trois Mars, elle verrait bien sur place. Mais en attendant, il allait bien falloir qu'elle s'y connaisse un peu quand même. Elle se remit à pianoter sur son ordinateur pour trouver de quoi tous ces gens pouvaient bien parler et, à force de fouiller, elle finit par comprendre une partie des termes techniques employés. Commençant à être gelée, à force d'être assise devant son ordinateur, elle repoussa sa chaise, prit sa grosse veste en laine qui était posée sur le dossier et descendit se faire une tasse de thé, cette petite pause lui permettant de réfléchir à son projet : comment vendre sa moto et en trouver une autre assez rapidement ? Comment comprendre le langage spécial piste ? Mettant la bouilloire en route, elle eut soudain une idée : pourquoi n'avait-elle pas pensé à consulter les pages jaunes de façon à trouver tous les vendeurs de motos de la région ? Tout en se maudissant de ne pas avoir eu cette idée plus tôt, elle finit de préparer sa boisson puis remonta à toute vitesse à son bureau. Effectivement, elle trouva de nombreux professionnels, dont certains avaient la bonne idée d'avoir un site internet sur lequel étaient présentées leurs occasions. Consultant immédiatement leur site, elle trouva trois concessions qui avaient des Ducati 750 Mostro à vendre. Prenant son téléphone, elle joignit le premier d'entre eux mais, manque de chance, il venait juste de s’en défaire, le client devant passer la prendre dans la soirée. Heureusement, les deux autres magasins les avaient toujours.

En début d’après-midi, elle enfila son blouson en cuir et son casque, sans oublier son éternel bandana. Si par malheur elle oubliait ce fameux petit carré de tissu, elle était persuadée que quelque chose allait mal se passer. Il lui était indispensable. Prenant ses gants et ses clés, elle partit dans la grange retrouver sa moto, la débâcha, la sortit et la mit en route. Première action sur le démarreur : rien. Mince, la batterie… C'est vrai qu'elle lui paraissait faible ces derniers temps et le froid n'arrangeait rien, bien au contraire. Au deuxième coup, le moteur sembla prendre des tours, mais pas suffisamment pour démarrer. Au bout du quatrième essai, Quitterie se résigna à sortir le kick. Heureusement qu'elle avait réussi à trouver ce millésime de motos avec le double système de démarrage : le kick et le démarreur électrique, car il n'avait duré qu'un an. C'était bien pratique quand la batterie commençait à lâcher. Debout sur la moto béquillée, Quitterie sortit le kick de son logement, à droite du moteur. Elle l'enfonça légèrement jusqu'à sentir la compression, le laissa remonter puis appuya de toutes ses forces dessus. Le moteur toussa, comme s'il était noyé. Elle coupa donc l'essence, recommença et le moteur démarra aussitôt. Descendant de sa machine, elle ralluma le robinet d'essence et mit son casque et ses gants pendant que le moteur ronronnait tranquillement. Enfourchant sa moto, elle la débéquilla, enclencha la première vitesse, ouvrit doucement la poignée des gaz et partit en direction de la première adresse qu'elle avait notée. Elle était si heureuse de faire de la moto qu'elle rallongeât son trajet, juste pour le plaisir de rouler et de se sentir vivante. Elle s'enivrait de toutes les odeurs et de toutes les sensations qu'elle retrouvait à chaque fois. Un peu comme si elle les avait oubliées sur la route un petit moment, trop dépassée par le quotidien.

Arrivée à la concession, elle se gara, enleva son casque et commença à déambuler au milieu des motos. Elle découvrit enfin la machine de ses rêves au fond de la lignée. Mais quelle déception quand elle s’approcha : elle était dans un piteux état avec sa selle trouée, ses leviers piqués de rouille, ses échappements percés et sa couleur rose bonbon ! Il y avait un carton glissé sous la machine, avec une tache d'huile dessus… Quitterie fit tout de même le tour de la moto. Un vendeur s'approcha d’elle et lui assura :

− Vous savez, c'est une pièce très rare et qui, en plus, a très peu de kilomètres. C'est vraiment
une affaire à ne pas manquer.

− Et le carton dessous ? demanda Quitterie, en toute innocence.

− Heu… C'était pour une moto qui était à côté et que nous venons de vendre. Et ne vous inquiétez pas, nous vous le dirions s’il y avait un problème.

− Et la petite goutte d'huile que je viens de voir tomber du moteur, elle vient aussi de la moto que vous venez de vendre, bien entendu ? répondit Quitterie, un tantinet énervée.

− Vous savez, on vous fait un très bon prix sur cette moto et en plus, on vous la révise gratuitement si vous voulez.

− Non merci. Je n'en veux pas de votre poubelle. Trouvez un autre pigeon pour l'acheter. Sur ces paroles, elle repartit, furieuse d'avoir été prise pour une gourde. Elle mit son casque, fit démarrer sa moto et partit sur les chapeaux de roues, en rage. Non seulement la moto était pourrie, absolument pas entretenue, mais en plus on la prenait pour une idiote. Elle allait leur faire une sacré pub, à ceux-là. Ses recherches débutaient vraiment très mal… Elle arriva au deuxième magasin toujours en colère, mais un peu calmée tout de même, par le simple fait d'avoir piloté sa belle. Et quelle ne fut pas sa surprise devant la devanture : c'était un bâtiment sur quatre étages, qui ne vendait que des occasions et des accessoires. Le paradis du motard en quelque sorte. Au rez-de-chaussée, Quitterie reconnut des Harley-Davidson côtoyant des Vespa et des Royal Enfield. Montant l'escalier en fer qui lui rappelait les stations de ski, elle se retrouva au premier étage. Là, le mélange était un peu moins hétéroclite, les motos étant toutes plus ou moins typées pour le tout-terrain. Elle reconnut une Honda XR, une Yamaha TT… Au deuxième étage, il s'agissait plutôt de motos sportives, comme des Suzuki GSXR, des Kawasaki Ninja… Enfin, au troisième étage, la majorité des motos étaient des roadsters, c'est-à-dire des motos ayant un moteur puissant, mais dépourvues de carénage. Elle s'arrêta au bout de deux pas pour essayer de voir si elle apercevait une Ducati. Distinguant un réservoir rouge avec une forme bien particulière, elle se dirigea immédiatement vers celui-ci, sans même faire attention aux autres machines. Dessinée par Michel Angel Galuzzi, un designer Argentin, cette moto était unique. A peine arrivée devant, Quitterie en tomba amoureuse : elle était magnifique dans sa robe rouge et son cadre treillis gris. C'était exactement la moto qu'elle cherchait. Elle en fit le tour tout en posant une main possessive sur le réservoir, et ne vit rien d’anormal : pas de fuites d'huile au niveau du moteur, pas de traces de rouille… Elle paraissait, extérieurement, en excellent état. Elle remarqua quand même que la chaîne n'avait pas été graissée depuis très longtemps et qu'elle semblait détendue. Mais bon, ça pouvait quand même aller. En se penchant, elle décela une fuite d'huile au niveau du joint spi de la fourche. A voir avec le vendeur. Ce dernier, la voyant tourner autour de la moto s'approcha d'elle :

− Bonjour, est-ce que je peux vous renseigner ?

− Oui, j'aimerais en connaître un peu plus sur cette moto.

− C'est une occasion que nous venons de rentrer, il y a une quinzaine de jours. C'est un modèle à injection datant de 2002. Son propriétaire précédent ne s'en servait que les jours de grand beau temps car il ne concevait pas la moto autrement.

− Et avant lui ? − Il y a eu un autre propriétaire, mais je n'en sais pas plus.
− Et au niveau de l'entretien ?

− Les révisions ont toujours été faites en temps et en heure. J'ai le carnet d'entretien qui l'atteste si vous voulez le voir, lui proposa-t-il.

 − C'est bizarre, car il me semble qu'il y a une fuite d'huile au niveau de la fourche.