Groupe CCEE L'autoédition au service de votre talent 0 Contact 04 42 36 94 06
serviceclient@autres-talents.fr
Lundi au vendredi : 9 H / 12 H - 14 H / 19 H
Vous êtes ici : > > > Cambremer raconte son histoire : l'école
couverture du livre Cambremer raconte son histoire : l'école écrit par Semet Jean Pierre

Semet Jean Pierre

Cambremer raconte son histoire : l'école

15.69 € TTC

Frais de port inclus France
Métropolitaine uniquement

70 pages
A5 : 14.5 x 20.5 cm sur papier 90 g offset
Style litteraire : Littéraire
Numéro ISBN : 978-2-9540000-15

Présentation de Semet Jean Pierre


Travail collectif Association consacré à l'histoire du village raconté par ses habitants.

Présentation de Cambremer raconte son histoire : l'école


Deuxième tome de l'hitoire de Cambremer : souvenirs d'anciens de l'école de leur village.


Extrait du livre écrit par Semet Jean Pierre


LA RENTREE DES CLASSES

L’automne apportait avec lui les premiers jours d’école. A l’époque de la seconde guerre mondiale, les vacances d’été commençaient à la mi-juillet jusqu’au tout dernier jour de septembre.

Ce premier jour d’octobre ravissait des enfants, fiers de pouvoir apprendre. D’autres étaient heureux à l’idée des récréations avec leurs camarades de jeu. Les nouveaux faisaient connaissance avec les habitués des lieux et les petits angoissés laissaient libre cours à leur chagrin, leurs cris étaient entendus mais les mômes demeuraient inconsolables les premiers jours.

Il est vrai que très peu de mères de famille travaillaient à l’extérieur, elles s’occupaient de la maison ou de la ferme si tel était le cas et élevaient leurs nombreux enfants. Ceux-ci durant leur toute petite enfance n’avaient d’autres contacts que leur famille, ils n’allaient pas chez une assistante maternelle. Certains étaient donc un peu sauvages lors de cette première séparation. Les mamans qui travaillaient comme gardiennes de ferme quittaient leur maison très tôt le matin, leurs enfants se débrouillaient donc seuls, s’entraidant les uns et les autres.

UNE JOURNEE EN CLASSE

Arrivés devant l’école, garçons et filles se séparaient car la mixité n’était pas autorisée ; il y avait les classes des filles et celles des garçons. A l’école de Cambremer, un mur séparait les deux cours de récréations. Il en était autrement à Saint Aubin sur Algot, les enfants partageaient la même cour, mais entraient séparément, les garçons par une porte, les filles par une autre.

Le matin, peu avant neuf heures le maître frappait dans ses mains, c’était la façon de faire savoir aux élèves l’heure de rentrée. La sonnette ou cloche fut installée bien plus tard. Le bruit de ses paumes l’une contre l’autre résonnait aux oreilles des enfants, leur ordonnant de se mettre en rang, bien rangés, la tête haute, la main sur l’épaule du camarade précédent, et sans bavardage. En ce temps-là la discipline était de rigueur.

Ecole de filles à Cambremer -1926

Les filles ne portaient pas de pantalons, seulement des robes. Dans la classe chaque élève vêtu d’une blouse de couleur foncée se tenait debout près de leur pupitre. Ils devaient attendre d’être invités par leur instituteur à s’asseoir.

* A l’école des garçons, ils s’installaient à de longues tables de six à huit places avec l’emplacement d’un encrier pour chacun d’entre eux.

Ecole de Cambremer-1937

Un élève était désigné pour remplir les encriers. En hiver, les enfants allumaient le vieux poêle à bois avec des fagots fournis par les agriculteurs. Le feu était alimenté par des bûches de bois apportées par les gosses eux-mêmes. Ce poêle servait de chauffage ; à son pied les élèves y faisaient sécher leurs épaisses chaussettes de laine trempées par l’humidité due au parcours pédestre du matin. Au-dessus, les gamelles du repas se tenaient au chaud dans l’attente du midi.

Au temps des porte-plume, au presque milieu du vingtième siècle, sur le grand tableau noir, juste au-dessous du jour et de la date écrits à la craie et soulignés d’un trait, l’instituteur écrivait une leçon de morale commentée ensuite aux élèves qui la recopiaient sur leurs cahiers après l’avoir comprise. C’était le rituel de chaque matin, une morale différente apprenait aux enfants les bonnes manières.

– Exemples de morale
*Désobéir rend mécontent, obéir rend joyeux
*Guérir les maladies, c’est bien ; les prévenir c’est mieux.
*L’eau froide et l’air pur sont les deux meilleurs médecins.
*Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.
*Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place

La journée se déroulait en quatre temps. Après la morale, un cours d’écriture mettait les enfants en condition ; chacun s’appliquant à former les lettres minuscules ou majuscules. Le cahier s’habillait de mots par la magie de la plume trempée dans l’encrier fabriqué en porcelaine, en haut à droite du pupitre. En ce temps-là, les élèves tentés de se servir de leur main gauche pour l’apprentissage de l’écriture étaient obligés d’utiliser leur main droite uniquement. C’était une exigence.

Certains jours, il fallait rédiger une rédaction quelquefois emplie de poésie, comme certains savaient si bien composer. Les plus assidus à cette matière étaient fiers de lire à voix haute les fruits de leurs pensées. La dictée, souvent mise au programme du jour, ne faisait pas forcément le bonheur de tous mais elle n’était pas accompagnée de soupirs (ce n’était pas autorisé). Les phrases s’alignaient à l’encre violette séchée au buvard, rectangle rose de papier absorbant.

Après la récréation du milieu de matinée toujours trop courte, le programme se poursuivait avec une autre matière. En arithmétique, devoir résoudre des problèmes où les chiffres ne trouvaient pas leur place (un 7 pouvait se glisser à la place d’un 8 comme un tricheur) ou bien une virgule s’imposait entre deux chiffres alors qu’elle n’avait rien à y faire !

Ce calcul et ses résultats, éternels casse-tête de toutes les générations ! Un boulier pouvait être un utile complice ou bien des dominos. Leurs points noirs facilitaient quelquefois la tâche. Il y avait aussi les mesures de capacité et de poids en laiton.

Midi sonnait au clocher annonçant l’heure du repas souvent frugal.

Avant la construction de la cantine, chaque écolier avait un endroit pour se nourrir le midi. Certains d’entre eux apportaient leur petit panier ou leur gamelle dont les contenus préparés à la maison emplissaient les classes d’odeurs alléchantes, faisant saliver les estomacs impatients en fin de matinée.

Ceux des campagnes mangeaient chez une tante, une cousine ou des grands-parents. Les familles soudées et omniprésentes s’entraidaient et accueillaient tout naturellement un enfant à leur table. Des enfants prenaient leurs repas dans la classe ceux-ci n’ayant pas d’autres possibilités.

*Madame B. nous accueillait chez elle afin de réchauffer le contenu de nos gamelles, timbale en aluminium avec couvercle et anse qui nous facilitait le portage.